| |

Comparaison
expérimentale du système à lit de sable
et du système à plénum
par
Robert J. Toonen
Hawaii Institute of Marine Biology,
School of Ocean & Earth Science & Technology,
University of Hawaii at Manoa, P.O. Box 1346, Kaneohe, HI 96744,
USA
Historique
et introduction :
Le système basé sur le
principe du plénum a acquis sa notoriété après que le Prof. Jean
Jaubert l'a appliqué à l'aquarium de Monaco en y transportant une
partie complète vivante d'un récif de coraux de la Mer Rouge pour
l'exposer à Monaco. Le Dr. Jaubert a beaucoup travaillé avec des
substrats coralliens collectés dans la nature pour augmenter la
filtration biologique dans les aquariums clos et a obtenu un brevet
français pour la conception du plénum à la fin des années 80, suivi
d'un brevet américain en 1991. Basé en grande partie sur le succès
du "Microcean" de l'aquarium de Monaco, cet aquarium conçu sur le
système du plénum est devenu l'une des premières méthodes conçue
utilisée par des aquariums publics dans le monde entier et il y
a une bonne décennie elle a presque eu une popularité identique
parmi les aquariophiles amateurs.
Cependant, au cours des dernières années le concept des " lits de
sable épais " a largement remplacé parmi les amateurs américains
les systèmes basés sur le plénum. La confiance sur un lit épais
de dépôts de carbonates est essentiellement la même que celle du
système basé sur le plénum, mais l'utilité de l'espace vide en dessous
de ces dépôts a été sérieusement contestée. Les avocats des lits
de sable épais soutiennent que c'est le substrat lui-même et non
la présence d'un espace vide sous ces dépôts qui est capable de
la transformation des nutriments (e.g., Toonen 2000a, 2000b). De
nombreux articles et livres ont été écrits dans le hobby aquariophile
à propos des avantages et des inconvénients de conception pour chacun
de ces deux systèmes de recirculation (e.g., Adey & Loveland 1991,
Tullock 1997, Auger 1999, Goemans 1999, Shimek 2001, Hovanec 2003,
Delbeek & Sprung, sous presse). Il subsiste d'importants débats
concernant la conception du lit de substrats le plus efficace pour
la transformation des nutriments dans un système de recirculation.
Mais à ce jour ces arguments ont été presque entièrement basés sur
une opinion personnelle et un témoignage anecdotique.
Malgré la diversité des opinions concernant ce sujet, pratiquement
tous les aquariums publics continuent à suivre la conception du
bac basé sur le plénum. Parmi les amateurs les systèmes berlinois
et le système Jaubert semblent être les concepts les plus couramment
utilisés en Europe et le système du lit de sable a tendance à être
plus populaire aux USA. De même la granulométrie idéale du substrat,
l'épaisseur du lit de substrat et la présence d'un vide en dessous
du lit de substrat sont chaudement discutés dans la littérature
populaire (vérifié par Toonen 2000a, b). Cependant, il n'y a jamais
eu d'expérimentation comparative de faite pour déterminer si la
présence ou l'absence d'un vide en dessous des substrats conférait
un avantage par rapport à la présence des substrats eux-mêmes. En
dépit de l'utilité largement répandue de ces méthodes par les instituts
académiques, les muséums et les amateurs à ce jour il n'y a pas
eu de test systématique par rapport à la capacité de traitement
des nutriments dans les aquarium basés sur les systèmes à lit de
sable face au plénum. Nous allons examiner la contribution d'un
espace vide (lit de sable avec ou sans plénum), l'épaisseur du sédiment
(2.5 versus 9.0 cm), et la taille moyenne des grains du substrat
(2.0 versus 0.2 mm diamètre moyen des grains) dans les aquariums
par rapport à leur capacité de transformation des nutriments et
leur performance comme seule méthode de filtration pour les aquariums
à recirculation.
Méthodes et matériaux d'expérimentation :
a.) Aquarium d'expérimentation
Nous avons installé une expérimentation de conception factorielle
avec trois bacs dupliqués (longueur 27 cm x largeur 17 cm x hauteur
30 cm) pour chaque facteur : avec ou sans plénum, épais ou mince
et substrats fins ou grossiers pour un total de 24 aquariums expérimentaux
(Fig. 1). L'expérimentation complète a été menée dans une pièce
à température contrôlée à 25° C maintenue dans le noir sauf un unique
tube fluorescent seulement allumé lors des opérations de tests de
l'eau. Les protocoles étaient assignés aux aquariums par l'utilisation
d'un générateur de nombre aléatoire; si un aquarium était déjà assigné
pour un protocole précédent, un autre nombre aléatoire était tiré
jusqu'à ce que toutes les protocoles aient été assignés à un aquarium
individuel.

Figure 1a: Schéma de la conception d'un aquarium destiné à comparer
directement les résultats de la présence
ou de l'absence d'un plénum, de l'épaisseur du lit de sable et de
la taille moyenne des grains du substrat dans
un aquarium à recirculation.
Figure 1b: Photographie des aquariums utilisés lors de cette
expérimentation.
Aucun protocole avec plénum n'avait de substrats déposés sur le
fond de l'aquarium. Les protocoles avec plénum avaient des substrats
suspendus sur une plaque faite d'un fin voile de nylon fixé à l'aide
de colle thermique à une grille de diffusion de lumière à claire-voie
d'un cm d'épaisseur. Cette plaque est suspendue à 1,5 cm du fond
du bac par cinq anneaux (en PVC d'un diamètre de ½" ID) fixés par
de la colle thermique quatre répartis à chaque coin et un au centre.
Les substrats humides ont été délicatement déposés sur la plaque
avant l'addition de l'eau aux aquariums afin de minimiser toute
percolation de substrats à travers le filet de nylon vers l'espace
vide du plénum.
Les protocoles avec substrats épais contenaient 9 litres de substrat
humide pour fournir une épaisseur constante d'environ 9 cm. Les
protocoles avec substrats peu épais contenaient 2,5 litres de substrat
humide afin de fournir une épaisseur constante d'environ 2,5 cm.
Du corail concassé Geo-Marine Florida (surtout allongé, en moyenne
2 x 4 mm, avec un diamètre moyen de grains de ~ 2.0 mm) a été utilisé
pour le substrat grossier et du sable " Southdown Tropical Play
Sand " (diamètre moyen des grains ~ 0.2 mm) a été utilisé pour le
substrat fin. 25 kilos de chaque ont été achetés chez un commerçant
et passés en autoclave avant utilisation. Du substrat autoclavé
de chaque type a été placé dans des containers séparés maintenus
dans un grand aquarium de stockage. Le bac de stockage a été rempli
avec ~ 400 litres d'eau de mer naturelle filtrée à 2.0 µm et 30ml
de calamar surgelé homogénéisé (Loligo sp.) ont été ajoutés
comme source de nutriments pour la croissance des bactéries sur
les substrats stériles. Les substrats ont été bien mélangés à la
main tous les deux jours durant huit semaines jusqu'à ce que la
quantité d'ammoniaque soit devenue indétectable dans l'aquarium
de stockage.
Après que les protocoles avec substrats aient été placés dans chaque
bac, 8 litres d'eau de mer naturelle filtrée à 2.0 µm ont été versés
en goutte à goutte dans chaque aquarium afin d'éviter toute altération
du lit de substrat. L'eau circule dans les aquariums par l'utilisation
d'une pompe Catalina Aquariums CAP-180 réglée à 50 % de son débit
(environ 190 l/h) placée au bout de chaque aquarium de façon à ce
que le sommet de la pompe soit à la même hauteur que la surface
de l'eau de l'aquarium. 3M chlorure d'ammonium (NH4Cl)
(3 molar (3M) signifie 3 fois le poids moléculaire du composé par
litre d'eau. Dans ce cas, le poids moléculaire du chlorure d'ammonium
est de 53.49, donc 3M équivalent à 3 x 53.49 (ou 160.47) g / l a
été ajouté à chaque bac les jours suivants pour atteindre une concentration
finale de 8 mg NH4+
/ l 21 jours après la dose initiale de 8 mg NH4+
/ l, dosage continué avec 3M NH4Cl
au taux de 0.5 mg / l / jour.
Comme je réalise que ces nombres ne signifient pas grand chose pour
la plupart des amateurs, je vais le placer dans le contexte de la
charge biologique. Les poissons libèrent une moyenne de ~ 0.5 ±
0.1 µM ammoniaque / g / h, et un Zebrasoma flavescens de
7,5 cm pèse environ 10.5 ± 2.2 g. Ainsi notre addition de 0.5 mg
/ l/ jour dans un bac de 9 litres équivaut à deux chirurgiens jaunes
adultes dans moins de 12 litres ! La plupart des aquariums récifaux
bien peuplés produisent moins de 0.5 mg NH4+
/ l / jour et un système d'aquaculture chargé génère 0.6 - 2.0 mg
NH4+
/ l par jour (Tseng & Wu 2004).
Après la période de rodage initiale, l'expérimentation a été poursuivie
durant 111 jours supplémentaires sans aucun changement d'eau. Pour
compenser l'évaporation des bacs expérimentaux, de l'eau déionisée
distillée a été ajoutée afin de réduire la salinité à ~ 53 mS après
chaque période de test.
b.) Expérimentation
sur des aquariums avec animaux vivants
Trois bacs dupliqués pour chaque facteur ont été exactement installés
dans la configuration citée plus haut (Fig. 1). Les substrats des
expérimentations précédentes ont été retirés de chaque bac et associés
ensembles avec un volume égal de substrat naturel de granulométrie
approximativement identique récolté dans le lagon de Coconut Island
(Hawaii Institute of Marine Biology, Kaneohe, HI). Ces substrats,
avec l'endofaune naturelle, ont été soigneusement mélangés manuellement
puis redistribués parmi les aquariums comme détaillé plus haut.
Les aquariums ont été placés à l'extérieur dans une annexe ombragée
fin de les protéger de la pluie et du soleil direct. La température
et l'éclairage fluctuent en fonction des conditions naturelles.
L'eau circule par l'intermédiaire d'une pompe CAP-180 comme décrit
pour les expérimentations précédentes de dosage. Les bacs ont eu
la possibilité de se stabiliser durant une semaine sans addition
de nutriments avant l'introduction des animaux vivants. Les paramètres
de l'eau ont été testés pour chaque aquarium à la fin de cette semaine
afin de déterminer les conditions de démarrage pour chaque aquarium
d'essai.
Après la première semaine de stabilisation nous avons ajouté 1 kilo
de pierres vivantes (consistant en 1 à 3 pièces de débris naturels
de coraux récoltées sur la proche côte), un poisson-coffre (Canthigaster
jactator), un petit oursin (Echinometra oblongata), 10
bernard l'ermite (Calcinus laevimanus) et 10 escargots (5
Littorina sp. et 5 Nerita sp.) dans chaque aquarium.
Les poissons sont nourris avec des boulettes de calmar (Loligo
sp.) ad libitum tous les jours (sauf les week-end) jusqu'à ce qu'ils
n'ingèrent plus la dernière boulette offerte. La dernière boulette
non consommée est laissée dans l'aquarium pour fournir de la nourriture
aux détritivores du bac. Le nombre de boulettes peut donc changer
chaque jour et de bac à bac. Le nombre final de boulettes distribué
à chaque bac était différent à la fin de l'expérience. Toutefois
au cours de l'expérimentation globale il n'y avait pas de différences
significatives dans le nombre de boulettes distribuées au cours
d'une opération. Tout décès d'animal dans les aquariums était noté
lors de chaque période de test et les animaux de remplacement ajoutés
si nécessaires pour maintenir une charge biologique constante de
chaque protocole durant la période expérimentale. Après la période
initiale de rodage, l'expérience était poursuivie durant 118 jours
après l'ajout des animaux vivants sans aucun changement d'eau. De
nouveau, la salinité de chaque aquarium était ajustée à ~ 53 mS
tous les deux jours.
c.) Contrôle de l'eau des aquariums
Tous les bacs ont été rempli au départ à partir du grand bac de
stockage d'un mélange d'eau de mer naturelle bien mélangée. Un échantillon
unique de 50 ml de cette eau a été récoltée et congelée à - 80°
C à des fins d'analyse. De plus un échantillon unique de 50 ml de
chaque aquarium a été récolté le 111 ème jour de l'expérimentation
de dosage et le 118 ème de celle avec les animaux vivants et également
congelé à - 80° C. A la fin de l'expérimentation, tous les échantillons
d'eau ont été transportés congelés à l'université de Hawaii à Manoa
et les concentrations de nutriments dans l'eau ont été déterminés
en utilisant des méthodes colorimétriques sur un ''Technicon AutoAnalyzer''
comme signalé dans Laws et al. (1999). Chaque aquarium expérimental
a également été contrôlé au moins deux fois par semaine en ce qui
concerne la salinité, le pH, l'ammoniaque, les nitrites, les nitrates,
l'oxygène, les phosphates, le calcium, l'alcalinité et les substances
organiques en utilisant le matériel de contrôle pour aquarium. La
salinité a été déterminée en utilisant un salinomètre électronique
PinPoint (calibré à 53.0 mS utilisant de l'eau de mer IAPSO = IAPSO
est le standard chimique de " l'eau de mer naturelle " utilisé universellement
pour calibrer ses instruments.
La composition exacte se trouve ici: http://www.geochemie.uni-bremen.de/koelling/standards_seawater.html
Le pH a été mesuré avec une sonde électronique PinPoint pH (après
2 points de calibrage à 7.0 et 10.0). Tous les autres paramètres
de l'eau on été mesurés en utilisant des tests standards pour aquarium
Salifert en les comparant avec des standards colorimétriques. Comparaisons
de la concentration des nutriments dans les échantillons d'eau de
début et de fin déterminés par AutoAnalyzer par rapport aux résultats
obtenus avec les tests Salifert qui correspondent suffisamment (r2
= 0.75, F = 64.53, P < 0.001) afin d'utiliser les valeurs des tests
pour aquarium comme mesures relatives des nutriments de l'aquarium
durant l'expérimentation.
d.) Analyses statistiques
Toutes les analyses statistiques ont été réalisées en utilisant
une analyse de variation comme exécuté dans JMP in ver. 4.0.2 Academic
Version (SAS Institute Inc.). Nous avons d'abord confirmé la conformité
des hypothèses de normalité en utilisant le test Shapiro-Wilks et
l'homogénéité des variations en utilisant le test Bartletts (a =
0.01) comme exécuté dans JMP. Le modèle complet ANOVA utilisé comme
la présence ou l'absence de plénum, la taille moyenne des substrats,
la profondeur du lit et les interactions entre eux comme effets
fixés ; la salinité, le pH, l'ammoniaque, les nitrites, les nitrates,
l'oxygène, les phosphates, l'alcalinité et le calcium ont été mesurés
comme réactions variables. Des différences significatives parmi
les protocoles pairs (plénum contre sans plénum; grains fins contre
grossièrs; substrat épais contre mince) ont été déterminées pour
chaque réponse variable par des tests comme exécuté dans JMP. Les
données ont été relevées en utilisant PSI Plot ver, 7.01 (Poly Software
International, Inc.).
Preuve
expérimentale contre preuve anecdotique :
A mon avis, le manque d'expérimentations comparatives pour évaluer
les approches alternatives constitue un défaut sérieux dans le hobby
aquariophile. Il existe autant d'approches différentes de maintenance
d'un aquarium qu'il y a d'aquariophiles avec des aquariums réussis.
Cependant, sans expérimentations contrôlées et dupliquées, nous
ne savons finalement rien de plus que quelque chose EST possible,
nous ne savons pas si un bac exactement identique avec la même installation
donnerait un résultat complètement différent à chaque fois. C'est
pourquoi les chercheurs font l'effort d'inclure leur propres contrôles
et duplications dans leurs expérimentations : il nous faut déterminer
si la variation entre les protocoles installés de la même façon
sont inférieurs ou supérieurs que des protocoles installés différemment.
Ceci est particulièrement vrai dans le cas d'un système biologique
complexe comme un aquarium. Les êtres humains ont une capacité remarquable
à se faire des illusions, raison pour laquelle les chercheurs en
médecine perdent autant de temps en s'inquiétant des effets placebo.
En fait, chaque rencontre entre un patient conscient et un docteur
peut potentiellement initier un effet placebo (Hróbjartsson 1996).
Parce qu'il est virtuellement impossible d'obtenir un contrôle fiable
(no placebo) lors des expérimentations médicales, les effets des
médicaments sont toujours testés par rapport à l'administration
de placebo à leur place. Même sans ingrédient actif, certaines personnes
montrent une amélioration dramatique après le traitement avec un
médicament placebo (e.g., Hróbjartsson 1996). Étant donné que certaines
personnes sont capables de se convaincre elles-mêmes qu'une maladie
est guérie par des pilules sucrées, il n'est pas étonnant qu'autant
de personnes sont convaincues que certains additifs ou traitements
sont responsables de la prospérité de leur bac.
Avec ces lignes, les aquariophiles du monde entier ont perdu d'innombrables
heures discutant du pour et du contre relatifs des différents conceptions
d'aquariums. Je voudrais soutenir que la passion est bonne pour
notre hobby, mais il nous faut de vraies données pour évaluer comment
les différentes options remplissent leur rôle avant de pouvoir prendre
une décision bien informée sur la meilleure manière d'installer
un aquarium. Il est douteux d'avoir des données parce que il y a
toujours des variations parmi les expérimentations (voir Fig. 2).
Un résultat donné est seulement prévisible si la variation entre
les protocoles est inférieure à la variation d'un protocole au suivant.
Je sais que ceci peut ne pas être sensé mais servons nous d'un exemple
simple pour expliquer son importance. Vous installez un bac avec
un filtre cuve et un bac avec un filtre sous sable et vous trouvez
que le bac avec le filtre cuve a un meilleur aspect. A partir de
cette constatation, vous n'installez plus que des bacs avec des
filtres cuves et certains ont un meilleur aspect que l'original
et d'autres même moins bien que l'original basé sur le filtre sous
sable. Si les variations sont nombreuses d'un bac à un autre ceci
peut constituer un exemple extrême, mais c'est exactement ce qui
arrive dans la réalité et dans nos expérimentations.

Figure 2: Variation parmi les protocoles au fil du temps dans des
bacs d'installation identique sans animaux dans
les expérimentations avec les aquariums de dosage. Notez que le
valeurs les plus basses et les plus élevées pour
chaque protocole diffère davantage que la valeur moyenne de tous
les aquariums inclus dans ce protocole expérimental.
Même
en laboratoire, des aquariums installés de la même façon à partir
d'un simple pool bien mélangé de sable et d'eau de mer ne contenant
aucun animal vivant présentent une quantité impressionnante de variations
parmi les essais (Fig. 3). Je suis sûr que vous pouvez imaginer
combien de variations différentes il pourrait y a avoir parmi les
bacs installés par différentes personnes en différents endroits
et avec des matériaux et des animaux différents ! Ce n'est qu'en
ayant correctement dupliqué les expérimentations que nous pouvons
évaluer si le protocole lui-même donne un résultat ou si les différences
parmi les bacs sont simplement dus à la chance aléatoire. Si vous
ne pouvez pas répéter les résultats que vous essayez de créer, alors
le résultat a manifestement peu à voir avec le protocole que vous
avez expérimenté. Ceci constitue l'un des problèmes de l'amateurisme
: trop souvent nous prenons l'exemple unique d'un aquarium réussi
comme ''preuve'' que la conception ou l'additif fonctionne bien.
Cependant, le plus souvent lorsqu'en tant qu'aquariophile amateur
vous essayer de reproduire le résultat spectaculaire d'un aquarium
donné, le résultat est quelque peu moins spectaculaire.

Figure 3: Les valeurs réelles de 6 aquariums dupliqués sept jours
après la période initiale de rodage était terminée.
Manifestement il y a plus de variation dans les bacs installé de
la même manière qu'il n'y en a parmi la valeur
moyenne de chaque protocole.
Finalement
la question à laquelle nous devons répondre est si la moyenne de
plusieurs installations dupliquées de bacs ou traités de la même
manière se portent tous mieux que la moyenne de plusieurs bacs dupliqués
sans cet additif ou installé d'une manière différente.
Nos résultats
expérimentaux :
a.) Expérimentation avec les aquariums de dosage
Les séries chronologiques des concentrations d'ammoniaque, de nitrites
et de nitrates dans les aquariums ont montré peu de différences
parmi les traitements (Fig. 4-6). Après le 21 ème jour, il n'y avait
pas de différence notable entre l'ammoniaque, le nitrites, les nitrates,
le pH ou la salinité mesurés pour chaque traitement à la fin de
l'expérimentation. Les analyses de variation n'ont pas révélé de
différence notable parmi les concentrations finales de sel, d'ammoniaque,
de nitrites, de nitrates, d'oxygène ou de substances organiques
il n'y avait pas non plus d'interactions importantes parmi les traitements
expérimentaux pour chacun de ces paramètres de l'eau. Il y avait
cependant des différences notables parmi les traitements pour chacun
des paramètres suivants : pH, phosphates, alcalinité et calcium.
A la fin de l'expérimentation, le pH était notablement plus élevé
dans les aquariums avec un substrat fin (7.98 ± 0.01 SE) que grossier
(7.91 ± 0.01 SE) (df = 1, F = 10.31, p <0.01). Les phosphates ont
fini de manière nettement plus élevée dans les aquariums avec du
substrat grossier (0.32 mg / L ± 0.01 SE) que fin (< 0.01 mg / L
± 0.01 SE) (df = 1, F = 211.37, p < 0.001). L'alcalinité était plus
élevée dans les bacs avec substrat fin (2.36 meq / l ± 0.08 SE)
que dans les bacs avec du substrat grossier (1.80 meq / l ± 0.08
SE) (df = 1, F = 23.21, p < 0.001), et dans les bacs avec plénum
(2.20 meq / L ± 0.08 SE) que sans plénum (1.99 meq / l ± 0.08 SE)
(df = 1, F = 4.86, p < 0.05). Aucune autre source de conditions
variables ou d'interactions n'étaient significatives pour les valeurs
finales du pH, des phosphates ou de l'alcalinité. Finalement, les
quantités de calcium dans les aquariums expérimentaux étaient notablement
différentes entre les épaisseurs et la taille des grains des substrats
et il y avait des interactions importantes entre la présence d'un
plénum et à la fois la taille des grains et l'épaisseur du substrat
(Tableau).

Figure 4: Graphique des séries chronologiques de la concentration
moyenne d'ammoniaque (mg/l) dans
les aquariums expérimentaux.
Figure 5: Graphique des séries chronologiques de la concentration
moyenne des nitrites (mgl) dans
les aquariums expérimentaux.
Figure 6: Graphique des séries chronologiques des concentrations
moyennes de nitrates (mg/l) dans
les aquariums expérimentaux.
|
Source
|
Df
|
MS
|
F
|
P-value
|
|
Plénum
ou pas
|
1
|
16.67
|
0.02
|
0.88
|
|
Taille
des grains
|
1
|
4816.67
|
6.97
|
0.02
|
|
Épaisseur
du suvstrat
|
1
|
4266.67
|
6.17
|
0.02
|
|
Plénum
x taille grain
|
1
|
4816.67
|
6.97
|
0.02
|
|
Plénum
x épaisseur lit
|
1
|
4816.67
|
6.97
|
0.02
|
|
Taille
grain x épaisseur lit
|
1
|
266.67
|
0.39
|
0.54
|
|
Plénum
x taille grain x épaisseur
|
1
|
1666.67
|
2.41
|
0.14
|
|
Modèle
global
|
7
|
2952.37
|
4.27
|
0.007
|
|
Erreur
|
16
|
691.67
|
|
|
Tableau
1: Analyse de la variance des quantités finales de calcium en tenant
compte de la présence ou de l'absence de plénum, de la taille moyenne
des grains et de l'épaisseur du substrat lors du protocole des aquariums
de dosage.
Nota
: SE = écart type ; Df = degré de liberté ; F
= valeur du test ANOVA (analyse de variance) ; P = probabilité
d'erreur
Globalement, la présence ou l'absence de plénum ont constitué une
différence faible par rapport à la performance des substrats dans
la transformation des nutriments de l'aquarium. (Fig. 7). Il n'y
a pas de différence parmi les concentrations finales en déchets
azotés dans les bacs avec ou sans plénum. De la même façon l'épaisseur
avait peu d'effet global sur les valeurs finales des paramètres
de l'eau dans chacun des protocoles expérimentaux. (Fig. 8). L'effet
le plus important observé lors de l'expérimentation de dosage a
porté sur les paramètres associés avec le pouvoir tampon des substrats
lors des essais de grains de taille moyenne plutôt que la capacité
de traitement des déchets azotés (Fig. 9).

Figure
7: Comparaison des concentrations finales de nutriments dans les
aquariums expérimentaux avec et sans
plénum. Résultats des protocoles avec les aquariums de dosage (dose)
et ceux avec des animaux vivants (live)
présenté côte à côte ; les protocoles qui sont notablement différents
sont signalés par une ligne au dessus des
barres. La salinité est mesurée en mS, l'alcalinité en meq et les
substances organiques sont présentées comme
un rapport de mesure colorimétrique. Les nitrates, le calcium, l'oxygène,
l'ammoniaque, les phosphates et les
nitrites sont tous présentés en mg / L.
Figure 8: Comparaison des concentrations finales de nutriments dans
les aquariums expérimentaux avec substrats
épais (9.0cm) et minces (2.5cm). Résultats des protocoles des aquariums
de dosage (dose) et ceux avec animaux
vivants (live) sont présenté côte à côte ; les protocoles qui sont
notablement différents sont signalés par une ligne
au dessus des barres. Les paramètres de l'eau sont mesurés comme
dans la figure 7.
Figure 9: Comparaison des concentrations finales de nutriments dans
les aquariums expérimentaux avec grains
grossiers (2.0 mm diamètre moyen) et fins (0.2 mm diamètre moyen).
Résultats des protocoles des aquariums
de dosage (dose) et ceux d'animaux vivants (live) sont présenté
côte à côte ; les protocoles qui sont notablement
différents sont signalés par une ligne au dessus des barres. Les
paramètres de l'eau sont mesurés comme dans
la figure 7.
Figure 10: Comparaison du taux de mortalité moyen des animaux lors
de chaque protocole expérimental. Les lettres
au dessus des barres représentent des groupes qui ne diffèrent pas
notablement les uns des autres. Les seules
différences statistiquement notables parmi les protocoles sont que
les substrats minces présentent notablement
plus de décès d'animaux durant le protocole que ce n'est le cas
des essais avec substrat épais.
b.) Expérimentations avec les aquariums avec animaux vivants
Les tracés des séries chronologiques de la mesure des nutriments
lors des expérimentations avec les animaux vivants ont été qualitativement
similaires à ceux des expérimentations de dosage et ne sont pas
inclus ici pour cette raison. Comme pour les expérimentations de
dosage ci dessus, les séries chronologiques des concentrations dans
les aquariums de pH, de salinité, d'ammoniaque, de nitrites et de
nitrates n'ont pas montré de différences notables entre les protocoles
(données non citées). Les analyses de variance pour chaque paramètre
de l'eau n'ont pas révélé de différences importantes à propos des
concentrations finales de salinité, d'ammoniaque, de nitrites, d'oxygène
ou de substances organiques, il n'y avait pas non plus d'interactions
significatives à propos des traitements expérimentaux pour chacun
ces paramètres de l'eau. (données non citées). Il y a des différences
importantes parmi les protocoles pour les paramètres restants de
l'eau, toutefois les variations sont uniformément plus importantes
parmi les protocoles incluant les animaux vivants que lors des expériences
de dosage.
A la fin de l'expérimentation, le pH était significativement plus
élevé dans les aquariums à substrat fin (8.22 ± 0.02 SE) que ceux
à substrat grossier (8.10 ± 0.02 SE) (df = 1, F = 7.68, p = 0.01).
Pour les nitrates, l'analyse globale des variations n'était pas
importante (df = 7, = 1.25, p = 0.34). Cependant il y avait un effet
d'interaction notable de la taille des grains en fonction de l'épaisseur
(df = 1, F = 6.48, p = 0.02), dans lequel les substrats épis et
grossiers (12.08 mg / L ± 6.89 SE) et les fins peu épais (20.42
mg / L ± 6.89 SE) présentaient régulièrement la plus faible concentration
finale en nitrates. Les phosphates étaient au final bien plus élevés
dans les aquariums avec substrats grossiers (0.35 ppm ± 0.02 SE)
que fins (0.02 ppm ± 0.02 SE) (df = 1, F = 119.69, p < 0.01). Les
phosphates étaient aussi bien plus élevés parmi les substrats grossiers
(0.22 mg / L ± 0.02 SE) que parmi les fins (0.15 mg / L ± 0.02 SE)
(df = 1, F = 5.70, p = 0.03), bien que cette comparaison ne soit
pas importante après la correction de Bonferroni. (Il s'agit d'une
correction pour des test multiples. Si vous effectuez assez de tests,
l'un d'entre eux sera par hasard significatif, ainsi nous corrigeons
nos statistiques en faisant de nombreux tests. C'est la correction
de Bonferroni.) L'alcalinité était bien plus élevée dans les bacs
avec substrat fin (1.97 meq / L ± 0.06 SE) qu'avec substrat grossier
(1.69 meq / L ± 0.06 SE) (df = 1, F = 12.03, p < 0.01). Finalement,
les concentrations de calcium étaient bien plus élevées dans les
bacs avec substrat fin (340.42 mg / L ± 2.89 SE) que ceux avec substrat
grossier (327.92 mg / L ± 2.89 SE) (df = 1, F = 9.35, p < 0.01).
Aucune autre source de conditions de variations ou d'interactions
n'avait d'importance, toutefois presque toute montrait des tendances
similaires aux expérimentations de dosage. Globalement la plupart
des comparaisons qui avaient une importance lors des expérimentations
de dosage étaient aussi proches du significatif (0.1 < p > 0.05)
en dépit de la variabilité plus importante lors des essais avec
les animaux vivants; ces résultats suggèrent que la taille augmentée
d'un échantillon peut montrer des tendances identiques entre deux
expérimentations. En fait, le seul paramètre qui a montré des résultats
opposés entre les expérimentations de dosage et celles avec des
animaux vivants a été l'alcalinité en présence ou en absence de
plénum (Fig. 7).
Nous avons aussi suivi la progression des décès d'animaux lors des
expérimentations avec les animaux vivants. Chaque animal lors de
l'expérimentation a été traité comme équivalent et le nombre total
d'individus qui a nécessité le remplacement au long de l'expérimentation
a été comparé parmi les traitements. Bien que l'analyse globale
des variations n'ait pas été importante (df = 7, F = 0.88, p > 0.5),
il y a eu un résultat notable de l'épaisseur du substrat sur le
taux de mortalité. En moyenne 2.91 ± 0.46 des animaux ont du être
remplacés lors des protocoles avec des substrats peu épais, tandis
que seulement 1.47 ± 0.46 des animaux ont du être remplacés lors
des essais avec substrat épais (df = 1, F = 5.23, p < 0.05). Aucune
autre condition de protocole ou d'interaction n'a affecté de manière
importante le taux de mortalité lors de ces expérimentations en
aquariums.
Discussions
& conclusions :
Les aquariums publics et les amateurs ont longtemps utilisé des
systèmes de recirculation basés sur certaine forme de filtration
sur substrat pour aider la transformation des déchets azotés produits
par les habitants du bac (vérifié par Delbeek & Sprung 1994a, 1994b,
Carlson 1999, Borneman & Lowrie 2001, sous presse). La conception
de ces unités de filtration sur substrat pour des systèmes de recirculation
afin d'élever des organismes coralliens s'est en grande partie orientée
vers quelques types majeurs : berlinois, systèmes basés sur le lit
de sable et celui basé sur le plénum. Toutefois, ces systèmes peuvent
être considérés comme une continuité de pratiquement pas de substrat
et une confiance complète sur les pierres vivantes dans le système
berlinois à des quantités extrêmes de substrat dans certains systèmes
de lit de sable épais. Malgré la diversité des opinions concernant
la valeur de ces conceptions, l'utilité relative de chacun de ces
types et la manière la plus efficace de les concevoir font toujours
l'objet de controverses considérables (vérifié par Toonen 2000a,
b). Il existe quelques études de comparaison des performances relatives
d'une conception donnée (e.g., Auger 1999, Hovanec 2003), cependant
ces études n'ont pas été dupliquées et montrent les résultats de
comparaisons d'un seul aquarium pour chaque conception. Comme démontré
même les expérimentations de dosage en aquarium sans aucun animal
vivant présentent trop de variations parmi des installations identiques
pour tirer toute conclusion basée sur un seul bac.
Les différentes opinions et les débats permanents nous ont conduit
à démarrer cette expérimentation et ici nous présentons les premières
données expérimentales dupliquées en comparant directement une diversité
de conceptions d'aquariums à recirculation. Nous avons créé une
conception expérimentale contrôlée et dupliquée afin de déterminer
les effets relatifs de la présence ou de l'absence d'un plénum,
de l'épaisseur du substrat et de la taille des grains dans le lit
de sable sur la concentration des nutriments dans l'aquarium. En
mettant de côté toutes les rhétoriques et les opinions, nos expérimentations
ont montré que les bacs avec et sans plénum ont une efficacité égale
(au moins durant les premiers mois du test) en maintenant des paramètres
convenables de l'eau pour un système d'aquarium à recirculation.
En terme de transformation des déchets azotés provenant des habitants
de l'aquarium (spécifiquement l'ammoniaque, les nitrites et les
nitrates) aucun des traitements expérimentaux (plénum contre lit
de sable, épais contre mince ; grossier contre fin) n'ont paru développer
un avantage important (Fig. 7 - 9). Après une période de stabilisation
initiale, tous les traitements expérimentaux ont répondu de la même
manière à l'apport continu d'ammoniaque jusqu'à 0.5mg NH4+
/ l / jour. Comme mentionné plus haut, cet apport est à peu près
équivalent à celui d'aquariums récifaux lourdement chargés. Les
différences importantes parmi les protocoles lors cette expérimentation
n'ont pas impliqué les déchets azotés et ont été d'abord apparentés
à la capacité tampon du substrat sur l'eau du bac à recirculation
(Fig. 7 - 9). L'interaction de l'épaisseur et la taille des grains
du lit de substrat ont été à l'origine de la plus grande différence
pour la performance globale du système à travers ces expérimentations
et la présence ou l'absence de plénum sous ces substrats n'a pas
montré d'effet important sur chaque paramètre expérimental mesuré
(Fig. 7). Aucun des systèmes n'a paru atteindre la capacité maximale
de transformation des déchets azotés, parce qu'en l'espace de deux
semaines à partir du démarrage de chaque expérimentation, ni ammoniaque
ni nitrite n'ont été détectables dans l'eau de l'aquarium jusqu'à
la fin de l'expérimentation (Fig. 4-5). De la même façon, le taux
d'augmentation des nitrates dans les bacs expérimentaux était de
loin inférieur au taux de l'apport d'azote à l'aquarium (Fig. 6).
Ainsi, chaque système de filtration sur substrat testé ici est paru
capable de traiter la charge biologique de test et il ne semble
pas y avoir eu de bénéfice important pour la transformation des
déchets azotés dérivés de chacune de ces diverses conceptions expérimentales.
La dénitrification a dû se produire dans tous les protocoles expérimentaux,
parce que les concentrations de nitrates n'ont pas continué à grimper,
pas plus dans les expérimentations de dosage (Fig. 6) que celles
avec les animaux vivants (données non citées). En dépit de l'addition
de NH4+
à un taux de 0.5mg / l / jour lors de l'expérimentation de dosage
qui a été assez rapidement métabolisé pour garder l'ammoniaque et
les nitrites à une quantité indétectable (Fig. 4-5), la concentration
de nitrates dans chaque bac s'est maintenue à un niveau passablement
constant durant les 60 jours ultérieurs de l'expérimentation (Fig.
6). Cependant, semblable aux résultats vus durant la transformation
de l'ammoniaque et des nitrites, il n'y avait pas de différences
importantes dans la capacité de chaque conception expérimentale
à réduire les nitrates dans ces systèmes clos.
Avec une seule exception, les résultats des expérimentations avec
les animaux vivants n'étaient pas qualitativement différents de
ceux des expérimentations de dosage sans animaux (Fig. 7 - 9). Seulement
l'alcalinité montrait un exemple différent de signification lors
de la présence ou de l'absence de plénum parmi les expérimentations
de dosage et celles avec animaux vivants. (Fig. 7). Bien que les
concentrations finales des nitrates et du calcium ne changeaient
pas parmi les protocoles avec plénum, épaisseur de sédiments ou
taille des grains que ce soit lors des expérimentations de dosage
ou celles avec des animaux vivants, les deux différaient de façon
importante entre les deux expérimentations. Les concentrations de
nitrates des aquariums expérimentaux avec animaux vivants étaient
significativement inférieures (15.15 ± 17.51) que celles des expérimentations
de dosage (62.76 ± 14.47) (df = 1, F = 150.33, p < 0.01). De la
même manière les concentrations finales de calcium des aquariums
expérimentaux avec animaux vivants (334.17 ± 11.81) étaient significativement
plus basses que celles des aquariums d'expérimentation de dosage
(446.67 ± 37.15) (df = 1, F = 199.95, p < 0.01).
Nous ne pouvons pas exclure la possibilité selon laquelle la présence
d'animaux vivants dans l'aquarium peut modifier la capacité tampon
ou le taux de dénitrification. Cependant l'explication la plus probable
pour les concentrations finales diminuées de calcium est constituée
par la consommation par les organismes dans les aquariums d'essai.
Il est possible d'affirmer la même chose pour la concentration de
nitrates, mais il existe au moins trois explications potentielles
supplémentaires pour les différences dans la concentration finale
des nitrates entre les essais avec les animaux vivants et ceux de
dosage.
En premier lieu, la présence de débris de coraux (pierres vivantes)
lors des essais avec animaux vivants pourraient bien avoir augmenté
la capacité de filtration biologique et pourrait expliquer les concentrations
finales réduites de nitrates. En second lieu, les déchets introduits
dans l'aquarium par les animaux vivants ont pu être plus faibles
que 0.5mg NH4+
/ l / jour Basé sur un calcul approximatif de production de déchets
azotés de taille spécifique par Quian et ses collègues (2001) nous
estimons que le taux de production d'ammonium lors des essais avec
animaux vivants sont plus proches de 0.08 NH4+
/ l / jour. Finalement, les essais avec animaux vivants ont été
menés à l'extérieur sous le voile d'ombrage et la présence des algues
lors de ces protocoles pourrait expliquer la montée significative
des nitrates par rapport aux aquariums de dosage. D'autres expérimentations
seraient nécessaires pour aborder la cause spécifique des concentrations
réduites de nitrates lors des essais avec des animaux vivants, mais
finalement la majorité des capacités de transformation des nutriments
s'explique par les processus microbiens et la présence d'animaux
vivants n'a qu'un faible effet global sur les schémas observés (Fig.
7 - 9).
Sans ce soucier de la cause finale des différences que nous avons
observées, ces expérimentations suggèrent encore que la présence
ou l'absence d'animaux vivants et d'endofaune du substrat ont peu
de rapport avec la capacité de transformation des nutriments du
substrat (du moins à l'échelle de temps couverte par cette expérimentation).
Toutefois la question de savoir comment extrapoler ces résultats
à des aquariums plus grands et le rôle de l'endofaune du substrat
dans la stabilité à long terme des systèmes reste certainement un
sujet d'études futures.
Peut-être les résultats les plus troublants résultant de cette expérimentation
sont constitués par l'interaction importante de la taille des grains
du substrat et l'épaisseur dans les aquariums. La simple prédiction
basée sur l'épaisseur du lit de sable voudrait que les substrats
plus épais et plus fins ont toujours diminué la pénétration de l'oxygène
et ainsi augmenté la capacité de transformation des nitrates (Toonen
2000a, b, Shimek 2001, Delbeek & Sprung sous presse). Ainsi, il
est difficile d'expliquer pourquoi des substrats épais, grossiers
(27.41 mg / l ± 6.89 SE) et des minces, fins (20.42 mg / l ± 6.89
SE) ont la concentration finale moyenne la plus élevée en nitrates
tandis que les substrats minces, grossiers (12.08 mg / l ± 6.89
SE) et les épais, fins (0.67 mg / l ± 6.89 SE) ont régulièrement
les concentrations finales en nitrates les plus basses. La réduction
des nitrates dans des substrats épais s'explique facilement par
la pénétration réduite de l'oxygène dans les substrats. Cependant
les concentrations finales augmentées de nitrates dans les aquariums
avec des substrats épais, grossiers et minces, fins par rapport
au protocole mince, grossier sont plus difficiles à comprendre.
Des recherches complémentaires seront nécessaires pour expliquer
la source de dénitrification dans les substrats minces, grossiers
et rendre comte de ce résultat inattendu. Au cours de sa présentation
lors de MACNA XVI, Julian Sprung a présenté ses recherches sur les
effets physiques du mouvement de l'eau sur la capacité de filtration
biologique des lits de substrats dans les aquariums. La conclusion
de base de ce travail repris avec plus de détails dans Delbeek &
Sprung sous presse) est que la situation et le volume de la pierre
aussi bien que la forme de la surface du sable ou du gravier (par
exemple monticules, en pente ou plat) peuvent dramatiquement influencer
l'efficacité du courant d'eau, la diffusion de l'oxygène et le débit
des nutriments dans le lit de sable. Les résultats présentés ici
soutiennent qu'il y a des interactions complexes entre l'épaisseur
du lit de sable, la taille des grains et le courant. Manifestement
des recherches complémentaires au cours de cet article semblent
prouver de manière très fructueuse notre compréhension finale de
la filtration biologique dans les aquariums à recirculation.
Globalement ces résultats suggèrent qu'il n'y a pas de différence
mesurable entre la plupart de ces concepts courants de filtration
sur substrat pour la maintenance de paramètres convenables de l'eau.
Il n'y a pas de différences importantes concernant l'épaisseur,
la taille des grains ou le plénum pour le traitement de l'ammoniaque
ou des nitrites dans les aquariums à recirculation. Les substrats
épais, fins présentaient la concentration finale en nitrates la
plus faible lors de ces essais, mais ces valeurs ne sont pas moins
importantes que la concentration finale moyenne en nitrates des
protocoles à substrats minces, grossiers. Donc contrairement à nos
espoirs, la présence ou l'absence d'animaux vivants et d'endofaune
du lit de sable n'ont pas créé de différence significative pour
les concentrations de nutriments durant la période de test.
Les différences significatives parmi les protocoles expérimentaux
ont d'abord été dans la capacité tampon des substrats plutôt que
dans la décomposition biologique des produits des déchets azotés.
Les différences les plus importantes ont été notées dans la concentration
finale des phosphates : les protocoles avec substrat grossier ont
approximativement une concentration finale 17 fois plus importante
que celle des aquarium au protocole avec grains fins. Parce que
nous n'avons pas tamisé les différentes tailles des grains provenant
d'une seule source nous ne pouvons pas dire que les différences
de pouvoir tampon constituent uniquement le résultat de la taille
des grains. La capacité tampon pourrait facilement être l'effet
des sources particulières de sables utilisés et nous recommandons
aux amateurs de tester la solubilité du sable choisi avant d'en
ajouter un volume important à leur aquarium.
Par contraste, il n'y avait pas de différence notable parmi les
protocoles concernant la capacité des aquariums expérimentaux pour
transformer les déchets azotés (ammonique, nitrites et nitrates).
Il n'y avait pas de différence notable dans chaque paramètre de
l'eau mesuré entre les bacs qui contenaient un plénum et ceux qui
n'en avaient pas (Fig. 7). De la même façon, l'épaisseur des substrats
n'avait pas d'effet mesurable sur la concentration finale des nutriments
dans chacun des aquariums expérimentaux (Fig. 8). Les seules différences
importantes parmi les aquariums expérimentaux ont été notées au
sujet de la capacité tampon des lits de substrats grossiers et fins
Fig. 9). Cependant comme mentionné précédemment, les différences
vues dans la fig. 9 peuvent complètement dériver des différences
dans la constitution des substrats choisis pour l'expérimentation
plutôt que de la conséquence directe de la taille des grains.
Finalement, j'imagine que la plupart des aquariophiles sont moins
concerné par les concentrations exactes de chacun des paramètres
de l'eau et sont en premier lieu concernés par la survie ou pas
des animaux dans leurs aquariums. Notre expérimentation a montré
que les lits de sable ont des taux de mortalité inférieurs que les
systèmes basés sur le plénum et la mortalité dans les bacs avec
substrat grossier était légèrement plus faible que dans ceux basés
sur le substrat fin, mais aucun résultat n'était significatif (Fig.
10). Le seul résultat notable était le taux de mortalité avec le
substrat mince qui était plus élevé que celui des bacs avec des
substrats épais et le taux de mortalité le plus élevé de tous était
avec les substrats minces, grossiers ce qui ressemble le plus au
système berlinois utilisant uniquement des pierres vivantes et un
lit de sable très mince. Ainsi, notre expérimentation ne montre
pas d'évidence pour tous bénéfices d'un plénum et suggère que tous
bénéfices notés sont la conséquence directe des substrats eux-mêmes
plutôt que de l'espace vide situé en dessous. Nous ne pouvons aborder
les résultats à long terme de cette expérimentation et nous espérons
que d'autres vont relancer ce travail pour aborder ce problème.
Cependant, au moins durant la période où nous avons mené les tests
nos résultats n'ont pas montré d'avantages mesurables pour l'inclusion
d'un espace vide sous le lit de sable d'un aquarium conçu d'après
la recirculation.
Conclusion
:
1. Chaque aquarium basé sur le substrat a paru être capable de traiter
les apports de nutriments jusqu'à 0.5 mg / l / jour de NH4+.
Avec ce taux d'apport les concentrations finales d'ammoniaque, de
nitrites et de nitrates ne diffèrent pas de manière significative
parmi les aquariums
1) avec ou sans plénum,
2) contenant des substrats épais (9.0 cm) ou minces (2.5cm) ou 3)
contenant des grains de taille moyenne grossière (2.0mm) ou fine
(0.2mm).
2. Les plus grandes différences parmi les protocoles expérimentaux
ont été observés sous forme de diminution du pouvoir tampon et une
concentration finale en phosphates plus élevée des aquariums avec
substrat épais par rapport à ceux avec des substrats fins. Cependant
la composition chimique du sable peut être responsable de ce résultat
et nous n'avons pas testé d'autres sortes de sable de taille similaire.
3. Globalement les taux de mortalité sont approximativement le double
dans les aquariums avec substrat mince que dans ceux avec sédiments
épais. Les taux de mortalité de nos aquariums expérimentaux ne sont
pas notablement différents au cours de n'importe quel autre protocole.
4. Les résultats expérimentaux sont qualitativement semblables aussi
bien parmi les aquariums de dosage que ceux avec des animaux vivants.
La présence des animaux vivants et l'endofaune du substrat n'ont
pas de résultat mesurable sur les concentrations finales des nutriments
de nos aquariums expérimentaux.
5. Il n'y a pas d'avantage détectable dans l'inclusion d'un plénum
sous le substrat dans un aquarium avec recirculation.
Remerciements
Cette recherche a en partie été financée par le " Program Development
Award to RJT from Hawaii Sea Grant ". Des finances complémentaires
sont parvenues par dons de Reed Mariculture, Catalina Aquarium et
ma très compréhensive épouse, Carol Fong. Les contrôles de l'eau
ont été effectués par Saipologa Toala et Houston Lomae en tant que
partie de Pacific Islander Undergraduate Nous apprécions énormément
leur assiduité et leur dur travail en prêtant leur concours à ce
projet.
Ce manuscrit a été amendé par des discussions et des commentaires
de Charles Delbeek, Julian Sprung, Richard Harker, Eric Borneman,
Tom Frakes, Tim Hovanec et de nombreux autres excellents aquariophiles
lors de " XVI Marine Aquarium Conference of North America ".
Références
1. Adey WH, Loveland K (1991) Dynamic Aquaria: Building Living Ecosystems,
Academic Press, San Diego, CA
2. Auger P (1999) The quantitative comparison of two nutrient removal
systems. St. Mary's College, St. Mary's City, MD
3. Borneman EH, Lowrie J (2001) Advances in captive husbandry and
propagation: An easily utilized reef replenishment means from the
private sector? Bulletin of Marine Science 69:897-913
4. Carlson BA (1999) Organism responses to rapid change: What aquaria
tell us about nature. American Zoologist 39:44-55
5. Delbeek JC, Sprung J (1994a) The Reef Aquarium, Vol. 1, Ricordea
Publishing, Coconut Grove, FL
6. Delbeek JC, Sprung J (1994b) The Reef Aquarium, Vol. 2, Ricordea
Publishing, Coconut Grove, FL
7. Delbeek JC, Sprung J (In press) The Reef Aquarium, Vol. 3, Ricordea
Publishing, Coconut Grove, FL
8. Goemans B (1999) Live Sand Secrets - A Dialog on Living Sand
Filtration, Marc Weiss Companies, Inc.
9. Hovanec TA (2003) A comparison of coral reef filtration systems:
preliminary results. SeaScope 20:1-3
10. Hróbjartsson A (1996) The uncontrollable placebo effect. European
Journal of Clinical Pharmacology 50:345-348
11. Laws EA, Ziemannb D, Schulman D (1999) Coastal water quality
in Hawaii: the importance of buffer zones and dilution. Marine Environmental
Research 48:1-21
12. Qian P-Y, Wu MCS, Ni IH (2001) Comparison of nutrients release
among some maricultured animals. Aquaculture 200:305-316
13. Shimek R (2001) Sand Bed Secrets: The common-sense way to biological
filtration, Marc Weiss Companies, Inc.
14. Toonen R (2000a) Are Plenums Obsolete? Another viewpoint, Part
1. Freshwater and Marine Aquarium (FAMA) 23:44-66
15. Toonen R (2000b) Are Plenums Obsolete? Another viewpoint, Part
2. Freshwater and Marine Aquarium (FAMA) 23:44-70
16. Tseng K-F, Wu K-L (2004) The ammonia removal cycle for a submerged
biofilter used in a recirculating eel culture system. Aquacultural
Engineering 31:17-30
17. Tullock JH (1997) Natural Reef Aquariums, Vol. Microcosm Ltd.,
Shelburne, Vermont
|
| | |
|
|
|
|
|
© RECIF FRANCE - Tous
droits réservés. Récif onLine V3.0
Association Française des Amateurs d'Aquariophilie Marine et Récifale.
Editeur
des Lettres
Récifales, seule publication bimestrielle
de langue française consacrée exclusivement à l'aquariophilie marine
et récifale.
Mentions légales
|