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CALCIUM
& Dureté carbonatée
L'augmentation
de la quantité de calcium
sans hausse excessive de la dureté carbonatée
(et des arguments pour un changement d'eau régulier)
par
Armin Glaser
Un petit avant-propos
qui devrait se trouver avant tout article plutôt théorique concernant
l'aquariophilie : dans cet article il en va d'une meilleure compréhension
des interactions et de recommandations concernant les possibilités
de solution pour des problèmes connus. Il ne s'agit pas, d'optimiser
au hasard un système qui fonctionne et de nombreux aquariophiles
prouvent jour après jour, qu'il est aussi possible d'avoir son aquarium
en main sans la maîtrise de formules chimiques par observation et
prise de conscience des réactions des animaux.
Zones favorables à la teneur en calcium et à la dureté carbonatée
Nombre de choses ont déjà été écrites sur le thème "calcium" et
"dureté carbonatée" (p.e. Fossa & Nilsen 1992). Les avantages et
les inconvénients ont été esquissés et l'attention a été attirée
sur la problématique de la dérive ionique1 et
de la modification du pH. Un aspect qui n'a pas encore été suffisamment
éclairci, est toutefois celui de la proportion de l'apport par rapport
aux substances consommées et le problème qui y est lié, à savoir
que la quantité de calcium est trop faible et qu'en même temps la
dureté carbonatée est trop élevée (Balling, H. W. 2002) ou que nous
souhaitons augmenter la quantité de calcium sans augmentation de
la dureté carbonatée.
Comme nous allons le voir, il est possible d'influencer mais pas
indépendamment les deux valeurs par la plupart des méthodes d'addition
de calcium/carbonates. Pour cette raison il faut maintenant un minimum
de théorie.
Définition
de la dureté carbonatée
Il règne une grande confusion en ce qui concerne
la notion de dureté carbonatée. En aquariophilie cette notion
est le plus souvent utilisée à la place de la notion chimique
de "Alcalinité". L'alcalinité c'est ce que nous mesurons réellenlent
avec nos tests "Dureté carbonatée". Souvent la dureté carbonatée
est également utilisée comme synonyme de "Total dissolved organic
carbon", c'est à dire la somme des phases de l'équilibre du
carbonate (CO2, H2CO3, HCO3
et CO32). Les carbonates constituent certes
(essentiellement sous la forme de HCO3-), la plus
grande partie de l'alcalinité mais s'y rajoutent encore entre
autres des ions B (OH)4 et des ions OH-.
C'est la raison pour laquelle le Kalkwasser apporte aussi de
l'alcalinité (sous forme d'ions OH-) et ainsi de
la
"dureté carbonatée", bien qu'il n'ajoute aucun HCO3-.
Les créateurs d'alcalinité (HCO3- et OH-)
présentent cependant des différences notables: tandis que lors
de l'ajout de HCO3- la valeur du pH ne se modifie
que peu, il augmente fortement lors de l'addition d'OH-.
Ceci est dû au fait que le HCO3- constitue une partie
du système tampon, alors OH- n'en fait pas partie.
Le pouvoir tampon (d'un système tampon) représente toutefois
ce qui est réellement important pour nous! Ceci explique la
confusion de notion, car ce que nous mesurons est l'alcalinité
et ce que nous sohaitons obtenir est le pouvoir tampon sous
la forme de (hydrogéno) carbonate (= bicarbonate) |
Où se
situent les zones optimales?
En ce qui concerne le calcium la base de la quantité naturelle de
calcium est d'habitude prise dans l'eau de mer. Celui-ci se situe
à environ 412 mg/l pour une salinité de 34.5 g/l. Cette valeur ne
devrait pas être supérieure ou inférieure de 50 mg/l. Une valeur
nettement inférieure à cette zone peut inhiber la synthèse du calcaire
et donc la croissance des coraux, ainsi la limite à partir de laquelle
il y a réduction de la calcification se situe à 360 mg/l (Holmes-
Farley, R. 2002). Un dépassement de cette zone peut mener à une
précipitation du calcium dans le bac, car l'eau de mer est fortement
sursaturée en calcium 2, nous nous situons dans
un équilibre instable, qui n' est stabilisé que par des réactions
chimiques complexes et qui peut basculer à cause d'interventions
brutales (Holmes- Farley, R 2002). En ce qui concerne la dureté
carbonatée nous trouvons dans l'eau de mer une valeur de 6,40 dKH.
Celle-ci ne doit ni être inférieure ni être trop dépassée. Dans
la littérature des valeurs comprises entre 7 et 11° dKH sont
le plus souvent recommandées, Balling (2002) conseille une valeur
limite supérieure de 8° dKH. il faut mentionner la réalité au
premier abord paradoxale, selon laquelle nous dissolvons dans le
réacteur à calcaire le calcium par HCO3-,
donc le principal créateur de dureté carbonatée, mais une dureté
carbonatée plus importante diminue la solubilité du calcium.
Des valeurs inférieures à 6° dKH ne sont également pas recommandées,
car alors le système tampon de l'eau se réduit trop et il peut se
produire des variations trop importantes du pH, pouvant stresser
les animaux.
Que faire si nous nous situons nettement en dehors de la zone
optimale?
Afin de le rappeler une fois de plus: Lorsque nos animaux se portent
bien, RIEN ! Mais si nous constatons par exemple que les scléractiniaires
régressent nettement et qu'en même temps la quantité de calcium
est trop basse ou une régression des tissus en présence d'une dureté
carbonatée trop importante, alors il nous faut repenser notre méthode
d'addition de calcaire, afin de les adapter lentement à la situation.
La théorie
Trois méthodes sont surtout connues pour l'approvisionnement en
calcium de nos aquariums d'eau de mer: le réacteur à calcaire, le
Kalkwasser et la méthode Balling. En outre, il existe encore la
possibilité d'ajouter le calcium par des apports liquides ou solides
(comme le " Bio-Calcium"), où il existe des différences fondamentales,
que j'aborderai par la suite.
Afin de pouvoir juger de la méthode optimale d'approvisionnement
en calcium pour nos aquariums, il nous faut considérer de plus près
ce qui se passe lors de la calcification (la formation de calcaire
des coraux, escargots, etc.)
Les ions calcium sont retirés de l'eau et surtout fixés en substances
solides comme aragonite (coraux) et calcite (coquillages). L' aragonite
et la calcite représentent des formes différentes de cristallisation
de la même substance, le carbonate de calcium (CaCO3
= calcaire). La formule montre que pour la formation de calcaire
il faut aussi du CO32-. Ce CO32-
est disponible dans l'eau de mer sur la base du pH de 8,0 à 8,4
essentiellement comme ion bicarbonate (HCO3-)
et est le responsable principal de la dureté carbonatée. il se déroule
donc la réaction d'un ion Ca2+ avec un ion HCO3-
en une molécule CaCO3-. 3
La formule est celle-ci: Ca2+ + HCO3-
> CaCO3 + H+
Comme la chimie est une science exacte, il ne faut pas négliger
le H+ restant. Il se trouve dans l'eau comme reliquat
de la calcification et fait que l'eau s'acidifie. La calcification
conduit donc à une diminution du pH. Mais ceci ne doit pas nous
créer de souci, car par chance la calcification ne constitue qu'un
processus parmi tant d'autres, qui se déroule dans la mer ou l'aquarium.
Nous pouvons par contre même observer que la valeur du pH augmente
durant la journée, donc durant le déroulement de la calcification.
Mais retour à notre équation. Nous avons vu que nous faisons réagir
un ion Ca2+ avec un ion HCO3-.
Mais, qu'ajoutons-nous en réalité avec les différentes méthodes
d'approvisionnement en calcium ?
Méthodes habituelles
Observons d'abord le réacteur à calcaire. Du carbonate de calcium
est dissous avec de l'acide carbonique (H2CO3),
les produits finaux sont essentiellement des ions Ca2+
et HCO3-. Par ion calcium il y a production
de deux ions HCO3-, un de plus, que nous n'en avons utilisé lors
de la calcification. Ce n'est pas, que du calcaire est simplement
dissous dans le réacteur et de nouveau utilisé dans le bac, en outre
du gaz carbonique est aussi ajouté, qui s'accumule en premier lieu
dans l'eau comme HCO3- et crée la dureté carbonatée. La méthode
Balling réalise en fait la même chose. Là aussi on ajoute avec un
ion Ca2+ deux ions HCO3-. Les substances
restantes ne sont dues qu'au fait que le Ca (HCO3)2 n'existe
pas sous forme solide et qu'il faut le créer par le biais de NaHCO3
et CaCL2. Le surplus de NaCl (sel de cuisine) produit
est alors compensé par l'addition d'un mélange de sel marin sans
NaCl. Au final le résultat se différencie seulement eu égard au
réacteur à calcaire en ce que celui-ci ne contient pas seulement
du calcaire le plus pur, mais encore d'autres substances, qui peuvent
être utiles ou nocives.
Des substances solides pour l'approvisionnement en calcium (comme
Tropic Marin Bio Calcium) peuvent agir comme la méthode Balling,
mais elles doivent être anhydres. Dans des mélanges tout prêts,
contenant des cristaux liquides, il se formerait du calcaire non
soluble. Des mélanges liquides pour l'approvisionnement en calcium
devraient être composés au minimum de deux composants, afin de produire
le même effet que la méthode Balling ou (avec la réserve citée)
que le réacteur à calcaire.
Par la suite je désigne ces quatre méthodes comme " méthodes
identiques au réacteur à calcaire ", étant
donné que por l'essentiel elles fournissent des substances
similaires.
Celui
qui mesure, mesure de la « camelote » Avant
toute autre action il faudrait s'assurer, que les valeurs mesurées
sont exactes. Les réactifs de la dureté carbonatée sont justement
très sensibles, car ils fonctionnent avec des acides très dilués,
qui ne sont pas très stables.
Les tests usuels de dureté carbonatée ont tendance à afficher
des résultats trop bas. Plusieurs contre mesures devraient être
effectuées chez les commerçants ou d'autres aquariophiles. Meilleure
est la comparaison de ses propres valeurs avec celles d'un laboratoire.
Un investissement occasionnel qui peut s'avérer rentable. |
Des mélanges
liquides monocomposants ne contiennent qu'un sel soluble de calcium,
normalement du chlorure de calcium. ils ne peuvent jamais posséder
un rapport ionique équilibré eu égard à la composition de l'eau
de mer, car alors le carbonate de calcium non soluble chuterait.
Naturellement, il en est de même pour les mélanges monocomposant
concernant l'augmentation de la dureté carbonatée.
Une addition de chlorure de calcium pour l'augmentation du calcium
est identique à l'addition des mélanges monocomposant. Dans ce cas
aussi nous décalons le rapport ionique, avec la différence que dans
ce cas nous pouvons calculer le déplacement. (il en est de même
pour l'addition de bicarbonate de sodium pour augmenter le KH).
Le Kalkwasser est de l'hydroxyde de calcium dissous et qui n'apporte
que des ions calcium et hydroxydes (OH-). Il augmente
certes la dureté carbonatée, mais ne crée pas d'ions bicarbonates
complémentaires. C'est une base sensée d'approvisionnement en calcium,
la quantité de calcium pouvant être ajoutée est toutefois limitée
par la forte augmentation du pH.
Problème
Nous nous trouvons face à plusieurs problèmes:
Les méthodes similaires au réacteur à calcaire apportent toujours
deux ions bicarbonates pour un ion calcium. Mais lors de la calcification
seul un ion bicarbonate est utilisé. Ceci explique le phénomène
que la dureté carbonatée augmente avec une quantité de calcium restant
stable. Avec les méthodes similaires au réacteur à calcaire nous
n'avons que la possibilité d'ajouter du calcium et de la dureté
carbonatée dans un rapport fixe. Une augmentation de 50 mg Ca/ l
donne ainsi une augmentation d'en- viron 7° KH. 4
Avec l'addition de chlorure de calcium, de bicarbonate de sodium
ou d'autres mélanges monocomposant nous modifions à long
terme la composition de l'eau. Des recherches sytématiques
concernant les suites de ce déplacement ionique ne me sont
malheureusement pas connues. Le fondement est que dans la mer une
telle chose ne se produit tout simplement pas, que la plupart des
connaissances aquariophiles scientifiquement sûres sont des sous-produits
de recherches effectuées en mer.
J'en déduis, que nous devons si possible minimiser de tels effets
et nous orienter si possible vers notre immense modèle qu'est la
Nature.
Là se pose naturellement la question, pourquoi tous les aquariums
fonctionnant avec un réacteur à calcaire n'ont-ils pas en réalité
un problème avec l'augmentation de la dureté carbonatée ? De nouveau
il est possible de répondre que nous sommes en présence d'un système
complexe, dans lequel se déroulent en même temps des processus chimiques
et biologiques qui s'influencent réciproquement. Cela a entre autre
une importance: une partie du HCO3- produit est utilisé par la photosynthèse
et nous bénéficions d'un échange gazeux vers l'atmosphère.
Que pouvons nous faire?
Mais, si à présent, la dureté carbonatée est trop importante dans
notre bac, quelles sont nos possibilités, eu égard aux conditions
citées d'approcher les valeurs optimum ? A cet effet il nous faut
considérer les rapports quantitatifs, donc calculer, ce qui change
de combien et déterminer les limites que nous ne voulons pas dépasser.
Comme début, afin de déterminer les limites, je pars des analyses
de composition du sel qu'ont effectuées Atkison et Bingman (Aktison,
M., Bingman, C., 1999) il a ainsi été déterminé que les variations
de la quantité de chlorures entre les différents mélanges de sels
d'eau de mer sont supérieures à 13 %. Les variations par rapport
à la quantité de chlorures naturels se situent entre -10,7 % et
+ 2,9 %. Si nous admettons, que ces mélanges de sel conviennent
tous pour nos aquariums, nous avons une échelle de grandeur pour
une variation tolérable de la quantité de chlorures. Le changement
au profit d'une autre marque de sel peut dans le cas extrême signifier
une augmenta- tion de la quantité de chlorure de plus de 13 % !
A partir de ces résultats je considère qu'une augmentation de la
quantité de chlorure de 3 à 5 % n'est pas critique si elle est effectuée
avec la lenteur requise. Naturellement, moins il ya de variations,
mieux cela vaut.
Addition de chlorure de calcium
Désirons-nous ne pas augmenter ou lentement diminuer la dureté carbonatée,
alors il nous faut ajouter du calcium sans bicarbonates. La forme
la moins dangereuse est le chlorure de calcium. Si avec celui-ci
nous augmentons la quantité de calcium de 50 mg/l, nous augmentons
la quantité de chlorures de 88,75 mg/l. Ceci est peu eu égard à
la quantité totale de 18880 mg Cl-/l (0,47 %), mais le
problème est que nous ne faisons cela pas seulement une fois, mais
par contre chaque jour. Ainsi est-il possible de transformer au
fil du temps sans changement d'eau un aquarium en un bouillon de
chlorures.
Changement d'eau
Même si l'un des rêves de nombre d'aquariophiles marins est de posséder
un système semi autarcique sans changement d'eau (moi aussi j'en
ai longtemps rêvé), il nous faut reconnaître que les interactions
sont trop complexes dans nos aquariums, afin de pouvoir dire, quoi
et dans quelle quantité est consommé par les processus chimiques
et biologiques, ce qui est ajouté par la distribution de nourriture
et ce qui par conséquent doit être compensé. Ce que nous pouvons
par contre calculer de manière définitive, est l'effet limitant
de changements d'eau réguliers sur l'accumulation de substances
non souhaitées (et de l'apport par ce moyen de substances souhaitées,
mais ceci est une autre histoire).
Dans quelle mesure le chlorure s'accumule lors d'un changement
d'eau régulier?
La quantité d'une substance, qui est ajoutée à un bac faisant l'objet
d'un changement d'eau régulier, atteint rapidement une valeur maximale,
qui n'est plus dépassée 5.
C'est pourquoi il est facile de calculer la valeur maximale, que
la quantité de chlorure atteint par addition de chlorure de calcium
: Nous considérons une eau de mer ayant une salinité de 34,5 mg/l,
d'où il résulte 18,88 g Cl-/l et posons:
w = changement d'eau en pourcentage
l = volume du bac en litres (volume net y compris filtre)
d = cycle de changement, donc période entre 2 changements
d'eau en jours
cl = addition de chlorures. Celle-ci est égale à la quantité de
calcium ajoutée par jour x 1,77 grammes, c'est à dire par utilisation
de
95 % CaCl2(anhydre) : Quantité de sel: 1.65
CaCl2 x 2H2O (dihydrat) : Quantité
de sel: 2.07
CaCl2 x 6H2O (hexahydrat) : Quantité de
sel: 3.09
z = Augmentation de la quantité de chlorures en grammes/litre
ce qui donne: z = 100 : w x cl : 1 x d [g/l]
la variation a de la quantité normale de chlorures
en pourcentage donne alors :
a = z : 18.88 x 100 [%]
La nouvelle quantité de chlorure n après le
changement d'eau se calcule en :
n = (1 - w : 100) x (z + 18.88) + w : 100 x 18.88 [%]
et la variation s de la quantité de chlorure entre deux changements
d'eau est ainsi de :
s = 1 - (18.88 + z) : n x 100 [%]
Un exemple:
Dans un aquarium de 600 litres on ajoute par jour 1 g de calcium
(sous forme de 3,67 g de chlorure de calcium dihydrat) Tous les
14 jours on change 10% d'eau soit 60 litres.
L'augmentation de la quantité de chlorures donne :
z = 100 : 10x (1 x 1.77) : 600 x 14 [g/l] = 0,413 (g/l).
La variation maximale de la quantité originelle est de :
a = 0,413 : 18.88 x 100 [%] = 2,19%
et se situe donc à l'intérieur de la zone de tolérance
précédemment définie. Intéressante également,
est la taille de la variation à l'intérieur de notre
cycle de changement d'eau. Nous avons une quantité maximale
de chlorures de 18.88 + 0.413 = 19.293 g/l directement avant le
changement d'eau. Après le changement de 10% nous avons encore
0.9 x 12.293 + 0.1 x 18.88 = 19.2517 g Cl- / l.
La variation à l'intérieur du cycle de changement
d'eau de 14 jours ne comporte donc que 0.21%. Nous avons ainsi atteint
un système stable, uniquement par un changement d'eau de
10% tous les 14 jours bien que nous ajoutions le chlorure de calcium
"déplaçant les ions" ! 6
La pratique
Que pouvons nous faire maintenant à partir de nos calculs?
Comme dit, dans un aquarium qui fonctionne, rien car "
never change a running system ! " Si nous avons un problème
avec l'augmentation excessive de la dureté carbonatée,
alors conviennet la combinaison des méthodes citées
: utiliser le réacteur à calcire, la méthode
Balling et leurs variations tant que la dureté carbonatée
le permet. Le restant de calcium est ajouté sous la forme
de chlorure de calcium en veillant à la modification de la
concentration de chlorures.
Pour l'ajustement de la dureté carbonatée l'ajout
est lentement réduit et la valeur du KH mesurée au
minimum une fois par jour (à l'aide dun test fiable !) En
même temps ou après l'ajustement de la dureté
carbonatée il est possible de commencer avec l'addition de
chlorure de calcium. Toujours mesurer si les valeurs théoriques
sont atteintes.
Diminution
En ce qui concerne le réacteur à calciare, la diminution
signifie que la diffusion et l'apport du CO2 sont diminués
jusqu'à ce que le résultat souhaité soit atteint.
Dans le cas de la méthode Balling (Elle est décrite
par Glaser, A. (2001) et Renke, E. (2000)) l'adition de tous les
composants est réduite l'un par rapport à l'autre.
La méthode Bio Calcium est particulièrement confortable,
on diminue simplement le dosage.
...et augmentation
L'addition du chlorure de calcium dépend de facteurs comme
la taille et la population du bac et naturellement de la quantité
de diminution des autres substances ajoutées. Dans ce cas
aussi : pas de sauts brutaux dans les ajouts, mais de modifications
graduelles et une surveillance régulière des mesures
du calcium. Il faut aussi prendre en considération qu'une
quantité de calcium trop importante peut avoir un effet négatif
sur la dureté carbonatée par sursaturation et par
la probable précipitation.
Celui qui utilise la méthode Balling et peut ainsi exactement
calculer combien de calcium avait été ajouté
par jour avant et après, est maintenant avantagé car
dans ce cas il ne faut rajouter que la différence de calcium
sous forme de chlorure de calcium. Dans le cas des deux autres méthodes
il ne reste pas d'autre solution que d'essayer avec précaution
et de contrôler souvent. Même si un équilibre
s'est installé, que nous ayons donc atteint une valeur constante
pour le calcium et le KH avec des ajouts réguliers, on ne
s'épargne pas les contrôles ponctuels car la consommation
se modifie aussi en fonction de l'évolution de la population,
de la croissance des animaux et de la période de l'année.
Comme repère je propose de commencer avec 0.5 mg de calcium
par litre d'eau du bac et par jour. Dans le cas de notre bac de
600 litres ceci représente donc 300 mg Ca / jour. Lorsque
la valeur du calcium (en présence de la bonne dureté
carbonatée) devient trop faible, il faut graduellement augmenter.
Apport
Le chlorure de calcium est facilement soluble dans l'eau.
Un litre d'eau dissout 745g de CaCl2 anhydre, 987g de
CaCl2 dihydrat ou 1470g de CaCl2 hexahydrat.
Lors de l'utilisation de la méthode Balling le plus simple
consiste à ajouter le chlorure de calcium complémentaire
à la solution de chlorure de calcium déjà présente.
En ce qui concerne les méthodes restantes il convient d'utiliser
une pompe de dosage, qui distribue la solution de chlorure de calcium
si possible en petites quantités réparties sur la
journée.
En utilisant le Kalkwasser il faut veiller à rajouter le
chlorure de calcium en des espaces de temps importants afin d'éviter
des précipitations.
Pendant la détermination de la quantité adéquate,
on peut aussi s'aider en ajoutant menuellement avec précaution
la solution de chlorure de calcium 'ou le chlorure de calcium solide)
dans le compartiment du filtre. A partir des formes de chlorure
de calcium usuelles il est possible de calculer de la manière
suivante la part de calcium :
Chlorure de calcium anhydre
95 % : 1 g calcium = 2.92 g chlorure de calcium
Chlorure de calcium dihydrat
1 g calcium = 3.67 g chlorure de calcium (dihydrat)
Chlorure de calcium hexahydrat
1 g calcium = 5.47 g chlorure de calcium (hexahydrat)
Dans le cas de notre bac de 600 litres ceci signifie :
Ajout de 0,5 mg Ca/l = > 0,5 x 600 mg Ca = 300 mg Ca = 0.876
g CaCl2(95%) ou 1,1 g CaCl2 dihydrat ou 1,64
g CaCl2 hexahydrat.
L'augmentation de la quantité de chlorures se situe vers
0,65%, la variation entre deux changements d'eau vers 0,065%.
Conclusion
Avec un peu de théorie nous avons donc maintenant l'outil
pour pouvoir augmenter la quantité de calcium indépendamment
de la dureté carbonatée. Quoiqu'il en soit nous pouvons
à l'aide des formules, calculer les modifications que nous
effectuons et nous ne sommes plus seulement dépendants de
suppositions.
Littérature
Fossä/Nilsen, "Das Korallenriffaquarium" Birgit Schmettkamp
Verlag
Delbeek/Sprung "Das Riffaquarium" Dähne Verlag
Balling, H.W. "Spurenelementzufuhr im Riffaquarium" Koralle
15 (3) 2002
Holmes-Farley, R. (2002) www.advandecaquarist.com/issues/apr2002/chem.htm
Holmes-Farley, R. (2002) www.advandecaquarist.com/issues/2002-04/rhf/feature/index.htm
Aktinson, M., Bingman, C. (1999) www.animalnetwork.com/fish2/aqfm/1999/mar/features/1/default.asp
Glaser, A. (2001) www.korallenriff.de/ballingmethode.html
Renke, E. (2000) Calciumchlorid und Natriumhydrogencarbonat
für das Meerwasseraquarium Teil 1, MA 3/2000
Renke, E. (2000) Calciumchlorid und Natriumhydrogencarbonat für
das Meerwasseraquarium Teil 2, MA 1/2001
1
On parle de dérive ionique dans le cas de la modification de la
composition du sel de l'eau de l'aquarium, éloignée de l'eau de
mer naturelle.
2 déjà 421 mg Cal/l signifient une sursaturation de l'ordre de 5
fois!
3 Pour l'illustration je ne décris que les sommes des produits initiaux
et finaux. Si le déroulement des détails intennédiaires vous intéresse,
vous pouvez les consulter sous: www.advancedaguarist.com/issues/apr2002/chem.htm
4 Ceci représente la valeur théorique, qui peut être considérée
comme la valeur maximale. Dans la pratique de notre système chimico-
biologique complexe il faut plutOt s'attendre à une valeur inférieure.
5 Nous avons atteint l'état le plus stable, exactement autant de
substances sont retirées lors du changement d'eau, qu'il y en a
d'ajoutées entre deux changements.
6 Pour la précision il faut ajouter que depuis le premier
jour de l'addition jusqu'au dernier changement d'eau une variation
un peu plus importante de la quantité de chlorures est apparue,
mais celle-ci ne comprend dans notre exemple que 0.21875% donc environ
0.0156% par jour. Ceci représente l'équivalent de
l'évaporation de 93.75 ml d'eau pour un bac de 600 litres.
Lire
également : KALKWASSER
ET RÉACTEUR A CALCAIRE - Une bonne association
©
2005 - Récif France. Les Lettres Récifales n°
37 - mars 2004
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