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Carapaces
avec six pattes
Texte
et photos : © Joachim Frische

(Photos : Beate Kostyrka)
Le
récif corallien est réputé pour sa diversité en organismes. A première
vue il s'agit surtout de poissons et de coraux, qui avec des couleurs
enjôleuses et des formes bizarres attirent l'œil et repoussent à
l'arrière plan les autres animaux. Nous, aquariophiles d'eau de
mer, avons toutefois appris, que cela vaut la peine de prendre en
considération les organismes qui se trouvent dans l'ombre. Certes
ils n'attirent pas obligatoirement par l'éclat de leurs couleurs
mais peuvent éveiller notre intérêt par leur mode de vie caractéristique,
en partie caché, ou par des comportements particuliers. Le but de
cet article est d'attirer votre attention sur quelques uns de ces
organismes. Ce sont les insectes des mers - les crustacés.
En ce qui concerne l'histoire du Phylum (Debelius, 2000) les écrevisses
et les crevettes font partie du Subphyla Crustacea de la classe
des Malacostraca. Cinq ordres font partie de cette classe :
Ordre: Decapoda (Décapodes): environ. 40 familles
Ordre : Euphausiacea (Krill): 1 famille
Ordre : Stomatopoda (Squilles): 9 familles
Ordre: Amphipoda (Puces d'eau): 6 familles
Ordre: Isopoda (Aselles): 7 familles
Ordre: Mysidacea (Mysis): 1 famille
La
plupart des espèces convenant pour l'aquariophilie d'eau de mer
proviennent de l'ordre Decapoda. Même si l'ensemble des ordres listés
n'est pas maintenu en aquarium récifal, l'aquariophile marin a pourtant
déjà fait connaissance avec l'un ou l'autre, ou le connaît et apprécie
sa valeur en tant que nourriture. Le krill et le mysis contribuent
à la satiété de nos poissons et leur fournissent les vitamines.
Le mysis n'est pas seulement connu comme nourriture. A de nombreuses
reprises, il arrive que l'aquariophile introduise à son insu du
mysis tropical avec les pierres vivantes. Ce n'est le plus souvent
qu'à la lumière bleue lors du crépuscule qu'il l'aperçoit, lorsque
deux petits points irisés attirent l'attention. Le petit mysis se
presse à l'abri d'une grotte et fait croire à l'aquariophile au
succès d'une reproduction qui s'est produite spontanément. Ainsi
certains reconnaissent dans ces petits compagnons vifs des larves
de poissons, d'autres voient en ce petit mysis l'achèvement de la
reproduction réussie de leurs crevettes.
Hélas la vie de ces porteurs de carapace dure peu dans l'aquarium.
Rapidement ils deviennent la proie de prédateurs consommant des
écrevisses ou ces petites crevettes semblent mourir de faim par
manque de nourriture planctonique.
L'autre source de nourriture congelée de nos poissons - le krill
- permet dans son environnement naturel, que surtout les baleines
puissent se rassasier et atteindre des tailles impressionnantes.
La raison est constituée par la quantité importante de protéines
de ces porteurs de carapaces. Hélas cette teneur en protéines devient
ensuite préjudiciable, lorsqu'il s'agit de décongeler du krill.
Cette nourriture s'altère rapidement, ce qui mène à une réduction
drastique de la quantité de vitamines.
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| Periclimenes
brevicarpalis (Photo
Aurélien Sapolin) |
Mais
l'intérêt du krill ne réside pas uniquement en tant que nourriture.
Certainement que ce crustacé pourrait constituer un pensionnaire
intéressant pour l'aquarium, s'il n'y avait le problème de son alimentation.
Une caractéristique du krill est représentée par des organes lumineux
géminés. La signification de ces organes lumineux n'est pas encore
connue à ce jour (Debelius, 2000). Comme je ne m'intéresse dans
cet article qu'aux écrevisses et aux crevettes, les autres apparentés
tels les crabes restent ignorés. La plupart d'entre eux font de
toute façon partie des représentants que les aquariophiles considèrent
comme des parasites. Cependant nombre d'entre eux ne sont pas seulement
très attirants par leurs couleurs. Justement les crabes des coraux
font sensation dans le domaine des soins apportés aux scléractiniaires.
Tandis que beaucoup d'auteurs (Fosså & Nilsen, 1998) considèrent
le crabes des coraux comme commensal - l'utilité de la communauté
de vie scléractiniaire/crabe ne sert d'avantage qu'au crabe - (Fosså
& Nilsen, 1998), d'autres auteurs considèrent cette communauté comme
symbiose (Eibert 1999, Frische 1999, Großkopf 2002), étant donné
que les scléractinaires tirent aussi des avantages de la présence
des crabes comme par exemple la protection contre les prédateurs,
l'élimination de sédiments et de tissus nécrosés, l'élimination
d'algues. La plupart des crabes de coraux proviennent de la Famille
des Trapeziidae. Les crabes se différencient par la transformation
de la cinquième paire de pattes de la zone branchiale en organe
de nettoyage. Outre cela les crevettes et les écrevisses portent
de longues antennes.
Morphologie
et anatomie des crevettes
Morphologie
Les décapodes se caractérisent par cinq paires de pattes locomotrices,
bien que dans certains groupes des régressions ont conduit à ce
que certaines paires de pattes (le plus souvent celles arrières)
sont totalement absentes. Les 30 familles des crevettes vraies sont
placées dans l'infraordre des Caridea. Le deuxième segment abdominal
constitue une caractéristique importante. Celui-ci recouvre le premier
segment (avant) et le troisième segment (arrière). Le corps des
crevettes est fondamentalement allongé et mince, bien qu'il y ait
de nombreuses exceptions. La plupart des crevettes possèdent des
pinces plus ou moins développées sur les premières et deuxièmes
paires de pattes locomotrices, plus rarement sur les autres.
Le corps des crevettes se divise en deux régions : la zone tête-thorax
ou céphalothorax et la zone arrière segmentée ou abdomen. Au bout
de l'abdomen se trouve l'éventail caudal ou telson. Le céphalothorax
est recouvert dorsolatéralement par une carapace. La plupart des
crevettes possèdent également une avancée frontale ou rostre ; celui-ci
est le plus souvent denté ou recouvert d'épines. A l'exception de
certaines formes cavernicoles toutes les crevettes possèdent des
yeux composés pigmentés. Le céphalothorax porte une rangée d'une
paire de pattes segmentées : la première et la deuxième antenne,
la pièce buccale, y compris les maxillipèdes et les pattes locomotrices
ou péréopodes. L'abdomen porte les pattes de la nage ou pléopodes.
Anatomie
Système nerveux
D'après Remane et al. (1981) le cerveau se compose d'un ganglion
de la gorge supérieure (cerveau ; ganglion cérébral) et de deux
cordons nerveux ventraux, dans le tracé desquels se présente un
système nerveux conducteur. Le ganglion de la gorge supérieure se
compose du protocerebron (responsable du centre de la vision) et
du deuto- et tricerebron (responsables des antennes). Il s'y développe
des hormones qui sont cédées au corps. Le ganglion de la gorge inférieure
est responsable de la pièce buccale. L'ensemble du système nerveux
est en position ventrale.
Système
des vaisseaux sanguins
Les décapodes possèdent un système circulatoire sanguin ouvert,
c'est à dire qu'entre les artères et les veines manquent les vaisseaux
capillaires de liaison. Le sang quitte les artères et pénètre dans
la cavité corporelle ou dans de larges espaces entre les organes,
si bien que les tissus baignent dans le sang. Le sang retrouve le
chemin de retour à partir de ces espaces vers les veines ouvertes,
qui le ramène vers le cœur. Dans les branchies des réseaux de très
fines veines ressemblant à des capillaires peuvent se développer.
Le sang pénètre latéralement par des ouvertures dans le cœur ou
(plus rarement) par des veine situées à l'arrière. La sortie du
sang s'effectue par une artère pourvue de valves. Le cœur lui-même
est établi dans un espace rempli de liquide, le sinus péricardial.
Le cœur est fixé à la paroi corporelle par des bandes élastiques
ou fibres musculaires. Le sang est de couleur bleuâtre. Cette couleur
résulte de l'hémocyanine, pigment respiratoire contenant du cuivre.
En ce qui concerne l'hémocyanine, substance colorante du sang, il
s'agit - comme dans le cas de l'hémoglobine, colorant sanguin rouge
- de substances colorantes de la respiration, qui sont capables
de fixer l'oxygène de façon réversible. Un système circulatoire
sanguin ouvert est toutefois dangereux. Deux grosses artères approvisionnent
la tête et la queue. Si les crustacés sont blessés en ces endroits,
elles se vident à coup sûr de leur sang.
Système d'excrétion
Des vaisseaux spécifiques font partie des organes d'excrétion. Il
s'agit d'innombrables tubes fins, qui finissent à la base de la
deuxième antenne ou deuxième maxille. Le contenu de ces vaisseaux
est dirigé vers le rectum et quitte le corps par cette voie. Les
cellules de stockage constituent une particularité, lesquelles circulent
comme athrocytes à travers le corps chez les crustacés supérieurs.
Dans ces cellules sont concentrés et stockés des excréments difficilement
solubles. Les dépôts d'excréments dans les cellules peuvent être
pour le corps des concréments ou des pigments donnant de la couleur.
L'excrétion chez les décapodes est étroitement liée à la régulation
ionique et osmotique. La corrélation se situe dans la différence
osmotique entre les fluides intracellulaires et la concentration
ionique entourant le corps. La composition des fluides corporels
propres présente toujours de nettes différences par rapport aux
liquides environnants (régulation des ions). Ainsi la quantité de
potassium est elle augmentée ; les substances organiques comme les
acides aminés contribuent au maintien de la pression osmotique.
Si une différence de concentration est maintenue entre le liquide
corporel et le liquide extérieur, on parle d'osmorégulation. Les
modifications de la valeur osmotique du milieu extérieur sont traitées
de telle manière à ce que par modification de la teneur en eau un
transport actif d'ion se met en route. En outre le corps réagit
par une création et une décomposition des acides aminés dans le
corps. La plupart des invertébrés marins possèdent un fluide corporel
isoosmotique par rapport au milieu extérieur, dont la valeur osmotique
se modifie avec le milieu extérieur (animaux poikilosmotique). De
telles formes vivantes incapables d'osmorégulation ne sont en grande
partie pas capables de vivre dans d'autres milieux extérieurs (eau
douce ou saumâtre). Elles dépendent largement d'une concentration
ionique invariable du milieu extérieur (animaux sténohalins)
Système de digestion
L'appareil digestif commence avec les pièces buccales, se poursuit
par les glandes digestives, par l'estomac (gésier) et termine dans
l'intestin, désigné comme rectum fonctionnel. Là se produit la déshydratation.
L'anus forme la sortie vers l'extérieur.
Branchies
Les branchies sont constituées par des protubérances à la peau mince
de la surface corporelle, dans lesquelles se déroule en priorité
l'échange gazeux. Leur tendre structure les rend très vulnérables
et ainsi des protections se sont formées sur les branchies, qui
justifient la notion d'opercule ou de couvercle branchial. Chez
les espèces de crustacés supérieurs nous trouvons une cavité respiratoire,
qui est constituée par les parties latérales de la carapace. Par
le transfert de la respiration vers la cavité respiratoire il est
indispensable d'apporter en permanence de l'eau neuve aux branchies.
Ceci est réalisé par des parties des extrémités. Le courant d'eau
dans la cavité respiratoire s'effectue en principe dans un seul
sens. C'est pourquoi nous trouvons une ouverture d'entrée et une
de sortie. Etant donné que l'eau environnante n'est pas toujours
complètement propre, de minuscules particules sont inévitablement
aspirées, lesquelles peuvent salir la cavité respiratoire. Un tel
encrassement est évité de deux manières. Soit un filtre à base de
sécrétions glandulaires ou de longs poils sont intégrés à l'entrée
du courant respiratoire des branchies, ou les particules sont fixées
sur les branchies par une sécrétion glandulaire et dérivées par
un courant de mucus.
Système sexuel
Dans le plus simple des cas chez les crustacés à sexes séparés les
organes sexuels sont formés par des tubes ou des poches paires.
La reproduction elle-même est traitée dans la famille des Hyppolytidés.
Organes sensoriels
La reconnaissance de l'environnement s'effectue par les yeux, les
antennes et les extrémités.
*
La vue
Les yeux bien développés donnent aux crustacés une très bonne capacité
visuelle. Les yeux existent sous deux formes. Les yeux composés
et l'oeil nauplien. L'œil nauplien est segmenté en trois parties
et se trouve sur la ligne centrale de la tête. L'oeil composé est
constitué par un très grand nombre d'yeux individuels en forme de
bâtonnets. Chez certaines espèces ils peuvent se composer d'un maximum
de 30000 yeux individuels (Gonella, 1999). Chez les espèces dont
l'oeil composé peut bouger sur un pédoncule, une vision panoramique
s'avère possible, comme par exemple chez les squilles. En ce qui
concerne ces dernières, il est aussi rapporté qu'elles peuvent reconnaître
des couleurs jusqu'à une zone de 350 nm (Herzer 2003).
* L'odorat, le toucher et la reconnaissance des vibrations
Les cellules sensorielles relatives à ces caractéristiques se développent
à partir des sensilles. Des récepteurs chimiques se situent comme
une grande ouverture au bout d'un poil sensoriel ou sous forme de
nombreux pores minuscules. Les récepteurs mécaniques peuvent être
formés comme des poils mobiles, à la base desquels s'approche le
cil d'une cellule sensorielle.
Une alternative est constituée par le développement d'un organe
scolopodal (scolopide). Les organes scolopodaux sont constitués
par la fusion de cellules sensorielles individuelles profondément
enfoncées sous la peau. Les organes scolopodaux sont placés en série
dans le tronc, les extrémités et les membres tactiles. Pression,
traction et vibration constituent les excitations adéquates. A ce
sujet il ne faut pas oublier la perception de la pesanteur. Les
organes statiques sont souvent placés dans des petites fosses situées
à la base de la première antenne. Elles sont revêtues par la cuticule
et portent une bande garnie de poils sensoriels et de statholites.
En fonction de la longueur corporelle, les poils sont chargés et
fournissent l'information concernant la position momentanée. Lors
de chaque mue les statholites (lest corporel) doivent être renouvelés
ce qui se fait soit par formation particulière ou aussi par l'incorporation
d'un corps étranger. Après chaque mue de nombreuses crevettes placent
un petit grain de sable ou un autre objet approprié dans l'ouverture
prévue à cet effet (Gonella, 1999)
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| Mue
(Enoplometopus debelius) |
Mue
Chez les crustacés la mue constitue la seule possibilité de croissance
et de régénération des membres perdus. Pour cela la peau reliant
la carapace et l'abdomen est dissoute. Par mouvement du corps entier
le crustacé s'extrait par l'ouverture crée. Au cours de ce stade
il peut grandir et régénérer ses membres durant une courte période.
Cependant durant cette période, et ce durant dix jours, le crustacé
est très vulnérable (la carapace n'a durci qu'au bout de cette période)
car il n'a pas de protection envers ses agresseurs et ses congénères.
Durant la mue se produisent ainsi de nombreuses mutilations (mais
il existe aussi d'autre raisons). L'âge des animaux grandissant
la période entre les mues s'allonge. Le processus de la mue n'est
pas encore complètement déchiffré. Actuellement des scientifiques
examinent les mécanismes de contrôle neuroendocriniens. En relation
avec cela sont étudiés les neuropeptides, les peptides hormonales
et les protéines myotropes de stimulation (petides)
Pas moindre est l'intérêt des peptides neuro- et myoinhibiteurs
sous forme d'allatostatines. De tels peptides jouent un rôle essentiel
dans la mue, le contrôle des battements du cœur et la contraction
du rectum (Frische 2003)
La
famille Hippolytidae (Bate, 1888)
C'est la famille la plus populaire de l'aquariophile marine.
La famille Hippolytidae a reçu le nom de ''crevettes nettoyeuses''
(par exemple Debelius 2000), parce que la plupart (peut être tous)
le membres du genre Lysmata sont des nettoyeuses de poissons.
Il s'agit surtout de Lysmata amboinensis, qui a contribué à
donner sa popularité à son genre. Toutefois certains représentants
de la famille des Palaemonidae (par exemple Urocaridella, Leandrites,
Periclimenes) et des Stenopodidae (Stenopus) appartiennent
aussi à cette clique de nettoyeurs à l'intérieur de l'énorme ordre
des Décapodes. Sous la propriété du nettoyage il faut comprendre que
les crevettes qui pratiquent ce comportement libèrent les poissons
de parasites, de tissus nécrosés ou de restes de nourriture dans la
bouche (par exemple entre les dents), dans les fentes branchiales
ou sur le corps entier. Afin que ce comportement fonctionne les crevettes
nettoyeuses habitent la partie précise d'une zone récifale, dans laquelle
les poissons se retrouvent, pour y solliciter les soins des crevettes.
Il y a peu l'ordre Decapoda faisait partie du sous-ordre Natantia
(crevettes). Une classification qui fait place de nos jours à une
segmentation en divers Infraordres. Ainsi la Famille Stenopidae fait
partie de l'Infraordre Stenopodidea, tandis que la Famille Hippolytidae
est rattachée à l'Infraordre Caridea.
Le
genre Lysmata
Il faut citer les espèces Lysmata amboinensis et Lysmata
debelius, qui sont régulièrement disponibles dans le commerce
spécialisé et ainsi connues de tous les aquariophiles.
Habitat naturel et mode de vie
Les espèces du genre Lysmata ont aussi bien conquis comme
biotope les récifs tropicaux que les eaux chaudes tempérées de l'Atlantique
et du Pacifique. En font partie Lysmata seticaudata, Lysmata
nilita, Lysmata californica et Lysmata wurdemanni.
Tous les membres ont un mode de vie caché, qui les engage à passer
leur vie surtout entre des formations rocheuses, sous des tombants,
dans des grottes ou sous des pierres, ou entre les fentes qui forment
le récif. Quelques-unes d'entre elles ont conquis les éponges (par
exemple Lysmata wurdemanni) ou des algues comme biotope.
Certaines espèces sont principalement diurnes, ce qui en fin de
compte dérive de leur activité de nettoyage. La science admet que
toutes les espèces du genre Lysmata se nourrissent en partie
en nettoyant les poissons. Ainsi Debelius (2000) rapporte que des
crevettes nettoyeuses de la famille Hippolytidae sont connues, surtout
les grandes, pour libérer des poissons récifaux stationnaires comme
les murènes et les mérous de parasites, de lambeaux de peau et de
tissus nécrosés.
Par rapport à cela, il faut surtout remarquer que Lysmata amboinensis
rend ses services avec une ardeur sans pareille. Debelius (2000)
cite la crevette nettoyeuse à bande blanche comme un des plus importants
invertébrés nettoyeurs pour les poissons récifaux. Elle ne se restreint
pas uniquement au nettoyage des zones corporelles externes de leur
hôte mais elle grimpe même dans la cavité buccale de leurs clients
prédateurs afin d'éliminer les restes de nourriture entre leurs
dents. Jamais les mâchoires ne se refermeront sur un aide symbiotique
pour le manger (Debelius 2000). Toutefois Nahke (1998) considère
la protection des crevettes contre la prédation de manière plus
différenciée. Ainsi il a pu constater que les poissons qui sont
justement nettoyés par les crevettes montrent une inhibition totale
de consommation, que par contre des poissons qui ne sont pas nettoyés
essayaient de capturer les crevettes. Ainsi certains labres comptent
parmi les chasseurs de crevettes. L'activité de nettoyage ne représente
nullement une protection absolue contre la prédation. Ceci explique
le mode de vie caché des crevettes nettoyeuses sans défense.
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| Lysmata
amboinensis nettoyant Pomacanthus asfur |
Mais
comment fonctionne la communication entre crevettes et poissons
? Nous savons que les poissons nettoyeurs (Labroides spp.)
s'approchent de leur hôte avec une nage typique. Nahke (1998) cite
les antennes bien visibles comme signe de reconnaissance. Surtout
les antennes blanches comme celles des espèces Lysmata amboinensis,
Stenopus hispidus ou Periclimenes pedersoni doivent
être nommées comme exemple. Cette hypothèse est soutenue par les
données de Bauer (2000), qui définit Lysmata amboinensis
et Lysmata grabhami comme nettoyeuses obligatoires de poissons,
par contre caractérise Lysmata seticaudata, L. nilita
et L. wurdemanni (elles portent des antennes de couleur rouge)
comme crevettes nettoyeuses facultatives.
Bien que Patzner (1982 dans Bauer 2000) rapporte avoir rencontré
des rassemblements en groupes de Lysmata seticaudata en eau
peu profonde en compagnie de murènes dans des grottes. Une observation
qui a aussi été effectuée par Limbaugh et al. (1961 dans Bauer 2000)
pour Lysmata californica. En relation avec cela, il faut
signaler l'observation de Limbaugh et al. (1961 dans Bauer 2000),
que outre les poissons Lysmata californica nettoye également
le corps des langoustes.
En ce qui concerne le mode de vie communautaire des espèces du genre
Lysmata avec les murènes, Bauer (2000) constate toutefois que
les crevettes font partie de leur schéma alimentaire et sont consommées
par celles-ci dès que l'occasion se présente. Il en déduit que les
crevettes utilisent le corps des murènes comme source de nourriture
complémentaire et qu'elles les paissent à la recherche de quelque
chose de consommable; ceci n'a pourtant rien à voir avec le comportement
symbiotique de nettoyage.
Outre le mode de vie stationnaire des crevettes nettoyeuses, au
cours de laquelle le poisson remarque rapidement qu'il peut de nouveau
avoir recours au soins de nettoyage, ce sont par conséquent les
longues antennes de couleur blanche en forme de fouet qui fonctionnent
comme signe de reconnaissance entre le poisson et la crevette. S'y
rajoute la couleur et le dessin remarquable du corps ainsi qu'un
mouvement du corps qualifié de balancement (Bauer 2000, Frische
2003)
Le
comportement social
Bauer (2000) s'est occupé de manière intensive avec le mode de vie
social des espèces de Lysmata et est arrivé à la conclusion
selon laquelle il est possible de classer les espèces examinées
en deux groupes. Les Lysmata seticaudata, L. wurdemanni
et L. californica d'activité crépusculaire ou nocturne
vivent en rassemblements importants, tandis que les Lysmata grabhami,
Lysmata amboinensis et Lysmata debelius surtout diurnes
préfèrent une vie en couple. Le fait de savoir, si les observations
de Debelius (1984) concernant la concentration en groupe des Lysmata
debelius et aussi des Lysmata amboinensis est également valable
pour les juvéniles, reste sans réponse et Bauer (2000) résume en
affirmant que la catégorisation qu'il a faite mérite un examen plus
approfondi.
A ce sujet la corrélation entre l'activité obligatoire de nettoyage
lorsque les crevettes vivent en couple, et le comportement nettoyeur
facultatif lorsque les crevettes sont rencontrées en rassemblement
(Bauer 2000) est intéressante. S'y rajoute la constatation selon
laquelle les crevettes nettoyeuses facultatives sont plutôt nocturnes
et les crevettes nettoyeuses obligatoires préfèrent le jour pour
leur activité.
Caractéristiques sexuelles
Bauer (2000) ne décrit pas moins de six systèmes sexuels possibles
au sein de l'infraordre Caridea:
Ontogénèse du système sexuel (Développement)
1) Gonochorististique (sexuellement séparé)
juvénile Mâle primaire
Juvénile
Femelle primaire
2) Protandrie simple (Masculinité)
juvénile Phase Mâle Phase Femelle
3) Protandrie (avec phase femelle primaire) juvénile
Phase mâle Phase femelle
Juvénile
Phase femelle primaire
4) Protandrie (avec phase femelle précoce) juvénile
Phase mâle Phase femelle
Phase femelle
"précoce"
Juvénile
Phase femelle primaire
5) Protandrie (avec phase mâle primaire) juvénile
Phase mâle Phase femelle
Juvénile
Mâle primaire
6) Protandrie simultanée
Juvénile Phase mâle Phase femelle (Hermaphrodisme
simultané)
Hermaphrodisme
Développement
exclusif en mâle (?)
Les membres du genre Lysmata sont considérés comme des hermaphrodites
protandriques (changement de femelles en mâles)
Spitschakoff (1912 dans Bauer 2000) a déjà signalé à propos de Lysmata
seticaudata, qu'il a pu identifier en même temps lors d'examens
histologiques des organes de reproduction aussi bien les gonades
femelles que mâles et ceci indépendamment de la taille des animaux
examinés. Spitschakoff a déduit de ses études qu'il s'agit chez
Lysmata seticaudata d'hermaphrodites protandriques, qui sont
d'abord de sexe masculin qui change ensuite en fonction de la taille
et de l'âge vers le sexe féminin (Baldwin & Bauer 2003)
Le premier rapport concernant l'hermaphrodisme simultané de l'un
des membres de l'infraordre Caridea se trouve chez Kagwade (1982
dans Bauer 2000). Celui-ci décrit Exhippolysmata ensirostris
(Kemp, 1914) comme hermaphrodite simultané. Étant donné qu'aucune
expérimentation concernant le développement de la maturité sexuelle
n'a été effectuée par Kagwade et que ses affirmatuions se restreignaient
sur le fait qu'il avait trouvé chez des soi-disant femelles des
canaux déférents et du sperme, l'hermaphrodisme simultané est resté
une hypothèse, qui a surtout été propagée dans les revues aquariophiles.
Seul Fiedler (1998) a prouvé l'hermaphrodisme simultané chez Lysmata
amboinensis.
Bauer & Holt (1998) ont étudié le comportement d'accouplement chez
Lysmata wurdemanni. Par des vidéos ils ont documenté la copulation
entre les animaux, qui se trouvaient dans la phase femelle. Ce sont
les mâles qui étaient actifs, en tant qu'animaux plus petits.
Selon Bauer (2000) la preuve d'un hermaphrodisme simultané protandrique
se trouve chez Lysmata amboinensis, Lysmata debelius
et Lysmata wurdemanni. Chez Lysmata seticaudata, L.
nilita, L. californica et L. grabhami cette capacité
est supposée. Jusqu'à présent la protandrie est démontrée chez ces
espèces. La question qui se pose est l'utilité et le coût de cette
forme de changement de sexe.
L'avantage de la protandrie est constitué par le fait que les petites
crevettes nécessitent moins d'énergie afin de produire suffisamment
de sperme. Il est par conséquent sensé que les individus les plus
grands entreprennent en premier lieu la production plus riche en
énergie des ovules. S'y ajoute l'incubation des œufs sur une période
d'environ 14 jours, laquelle nécessite également de l'énergie.
Jusqu'à présent la question concernant l'avantage de l'hermaphrodisme
simultané protandrique n'est pas éclaircie. L'une des hypothèse
veut que l'état de la vitalité est l'inducteur du sexe. Des animaux
robustes et en bonne santé sont plus capables de produire les œufs
exigeants enénergie que des animaux maladifs ou âgés.
A la fin de son rapport Bauer (2000) acquiesce avec l'évolution
de l'hermaphrodismes simultané protandrique chez le genre Lysmata.
Comme l'un des mécanismes de ce comportement sexuel il cite en priorité
la faible densité de population. La nécessité est soutenue par le
comportement territorial des crevettes nettoyeuses, qui n'ont pas
la possibilité lors de la perte du partenaire d'aller chercher un
nouveau compagnon adéquat. Ainsi Wirtz (1972 dans Bauer 2000) a
pu observer que certaines Lysmata grabhami, qui avaient été
isolées de leur anémone protectrice, devenaient rapidement la proie
de prédateurs.
Pour quelle raison cependant Lysmata wurdemanni apparaissant
en communauté importante est un hermaphrodite simultané protandrique
ne peut pas être déduit des conditions décrites et reste sans réponse.
A propos de la maintenance en aquarium
La maintenance de Lysmata dans un aquarium d'eau de mer a
déjà eu lieu dès les années 70. A cette époque la crevette nettoyeuse
à bande blanche connue actuellement comme Lysmata amboinensis
s'appelait Hippolysmata grabhami. Frank de Graaf (1969) renvoie
à la maintenance facile de Hippolysmata grabhami et Stenopus
hispidus dans l'aquarium et donne comme espérance de vie dans
l'aquarium rarement plus de deux années, ce qu'il considère toutefois
comme élevé.
Wilkens (1973) s'intéresse également à la maintenance d'Hippolysmata
grabhami et atteste de la maintenance facile de cette crevette.
Dans les conditions de l'époque il arrivait à Wilkens de maintenir
ses animaux durant 3 années, diagnostiquant en même temps une durée
de vie appréciable. De nos jours nous savons par exemple que Stenopus
hispidus peut atteindre dix ans dans un aquarium récifal (Frische
2003). Lysmata amboinensis atteint généralement une durée
de vie de plus de 5 années dans un aquarium peuplé de coraux fonctionnant
correctement (Frische obs. personnelle). Les âges cités se réfèrent
à des crevettes qui ont été acquises comme juvéniles d'une longueur
corporelle d'anviron 3 cm. D'après mes estimations la raison déterminante
pour cet âge considérable des crevettes en aquarium est constitué
par l'amélioration des conditions de vie qu'un aquarium récifal
offre de nos jours.
- Conditions de vie optimales
Afin que les crevettes atteignent un âge biblique dans l'aquarium
récifal, l'introduction dans le nouveau biotope artificiel est déjà
d'une signification décisive. Les crevettes récemment acquises doivent
être adaptées avec beaucoup de délicatesse à l'eau de l'aquarium.
En règle générale ceci s'effectue par la méthode du goutte à goutte.
L'eau de l'aquarium goutte dans l'eau de transport. Cette procédure
s'étend sur une certaine période, laquelle est nécessaire pou mélanger
la moitié de l'eau de transport avec l'eau de l'aquarium. Ensuite
on procède au transfert de la crevette vers l'aquarium.
L'échange de l'eau doit s'effectuer lentement, car la cuirasse de
la crevette ne permet pas un ajustage rapide des modifications osmotiques
de l'eau environnante avec le fluide corporel. Si cette adaptation
à l'eau de l'aquarium s'effectue trop rapidement les cellules corporelles
ne sont pas capables de compenser à leur vitesse les différentes
teneurs en sel. Selon la densité de l'eau environnante elles explosent
ou rétrécissent. Il en résulte une crevette qui chute vers le sol,
dont les antennes se déforment en forme de tire-bouchon. Le corps
prend la forme d'une demi lune. Afin que les crevette muent en permanence
et poursuivent ainsi leur croissance, il est essentiel de maintenir
la quantité de nitrates et de phosphates du milieu dans des concentrations
optimales. En quantités trop importantes les deux paramètres cités
influencent de façon négative le processus de la mue et conduisent
à ce que les animaux ne peuvent plus se libérer complètement de
l'exuvie et meurent. Étant donné que les coraux ne supportent pas
non plus en quantités trop importantes les nutriments cités, l'aquariophile
fait attention de nos jours à ce que les concentration idéales soient
stables en utilisant des filtres de dénitrification et des adsorbeurs
de phosphates (Frische 2003). L'apport régulier d'oligo-éléments
tels que le strontium, l'iode, le calcium et le magnésium ainsi
que les changements d'eau réguliers contribuent au bien-être des
crevettes.
- Les associations
Wilkens (1980 / 1987) décrit une expérience concernant Hippolysmata
grabhami vécue lors d'une plongée. Il a observé 5 animaux de
cette espèce qui vivaient sous une colonie morte d'Acropora
et l'auteur se réjouissait de voir comment elles nettoyaient des
Anthias (Remarque : dans ce cas il s'agissait de Lysmata
amboinensis). Déjà à cette époque Wilkens (1980 / 1987) faisait
allusion à la capacité d'hermaphrodisme protandrique de Hippolysmata
(Lysmata) grabhami et met en cause l'avis scientifique
avéré selon lequel les juvéniles de cette espèce sont d'abord mâles
puis femelles, car il a pu observer que des soi-disant mâles adultes
assument la part masculine, en cas de besoin. Une série d'expérimentations
ont ensuite prouvé le résultat de l'hermaphrodisme simultané protandrique.
Les résultats obtenus par Wilkens (1980 / 1987) proviennent d'observations
effectuées en aquarium. Les crevettes ont été maintenues en aquarium
récifal. Il est possible de constater qu'une bonne maintenance dans
des conditions similaires à celles de la nature rend possible un
comportement naturel et que des résultats plausibles peuvent résulter
d'observations effectuées en aquarium.
Wilkens (1980 / 1987) a également pu montrer en aquarium que la
crevette nettoyeuse à bande blanche préfère la vie en couple.
En considérant l'habitat normal des espèces de Lysmata, il
est évident qu'il faut maintenir ces epèces dans des aquariums riches
en pierres, à structures multiples, formant quelques grottes et
niches. Les crevettes s'y retirent et y présentent un comportement
naturel. Elles s'approchent des poissons de manière typique et les
nettoient de la même manière que dans la nature. Cependant elles
ne se nourrissent pas exclusivement des produits des services de
nettoyage, mais consomment tout ce qui peut être distribué comme
nourriture animale. Les aliments en paillettes de toute sorte en
faisant partie.
On peut souvent lire que Lysmata amboinensis doit être maintenue
en groupe (par exemple B. Baensch & Debelius 1992, Fosså & Nilsen
1998, Frische 2001). Que cela constitue vraiment le comportement
naturel ne peut pas être affirmé de façon absolue, car souvent il
est fait allusion à la vie en couple (Wilkens 1987, Baensch & Debelius
1992, Fiedler 1998, Bauer 2000). A l'opposé il y a des données selon
lesquelles Lysmata amboinensis a été rencontrée en groupe
de plusieurs centaines (Debelius 1984, Baensch & Debelius 1992).
Les observations que j'ai pu faire en aquarium permettent au moins
de conclure que la maintenance d'un groupe de Lysmata amboinensis
ne présente pas d'inconvénient. Maintenir les Lysmata debelius
à plusieurs est déjà plus difficile, car cette espèce adopte plus
conséquemment le mode de vie en couple que ses proches parentes.
Les autres espèces de Lysmata rencontrées dans le commerce
peuvent être maintenues en groupe.
L'association avec des poissons aux mœurs prédatrices présente un
risque inégal. Le poisson comète (Calloplesiops altivelis),
la plupart des poissons-faucon (Familie: Cirrhitidae), quelques
labres (comme les genres: Thalassoma ou Coris), les
poissons-lions (genre: Pterois) ou les poissons Hamlet (Genre:
Hypoplectrus) en veulent à la vie des crevettes sans défense
(Frische 2003) A mon avis c'est surtout la couleur corporelle rouge
qui fait le malheur des ces animaux dans l'aquarium. Alors que dans
la nature, dans le biotope naturel, la couleur rouge apparait grise
à partir d'une profondeur de 3 mètres, la même couleur a un effet
voyant dans l'aquarium et est ainsi remarquable ayant l'effet contraire
de la protection. Mais pas seulement les poissons en veulent à la
vie des crevettes nettoyeuses. De ci et de là, il est rapporté que
Stenopus hispidus considèrent les crevettes sans défense
comme nourriture (Hebbinghaus 2003)
Pour terminer considérons l'association avec les invertébrés. Ceux-ci
n'ont en règle générale rien à craindre des crevettes du genre Lysmata,
excepté les petits vers tubicoles du genre Spirobranchus.
Assez souvent Lysmata amboinensis a été surprise à la lueur
de la lumière bleue en tirant les vers de leurs tubes pour ensuite
les consommer. La raison pourrait en être un opercule recouvert
d'algues, qui ne peut plus être complètement refermé par le vers
tubicole permettant ainsi aux crevettes d'accéder à cette nourriture
appétissante.
- Possibilités d'élevage des crevettes nettoyeuses en aquarium
Les efforts de multiplication des espèces de Lysmata en aquarium
ne sont pas récentes (Wilkens 1980, Spies 1987)
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| Reproduction
de Lysmata amboinensis (avec l'aimable autorisation
de Oliver Forster) |
Comme
signalé il est très facile de maintenir un couple d'une espèce de
Lysmata capable de se repoduire. En principe deux individus
d'une espèce suffisent pour garantir une production régulière de
jeunes. Le problème se situe plutôt dans l'élevage.
Wilkens (1980) décrit en tant que pionnier les essais d'élevage
et les moments de leur échec. L'engagement de multiplier les larves
des crevettes nettoyeuses ne doit finalement pas être attribué au
fait que les larves semblent déjà relativement grosses lors de l'éclosion.
Il en est ainsi parce que toutes les espèces de Lysmata s'occupent
de leurs œufs d'abord sous leur abdomen entre les parapodes et ne
les libèrent pas directement dans l'eau. La durée de l'assistance
est en moyenne d'environ 2 à 3 semaines. Au cours de cette période
l'œuf se développe en passant par le stade de zoé (larve) jusqu'au
stade Mysis auquel il est repoussé par les parents (Wilkens 1980).
Durant le processus de l'émission des larves une ''barrière'' empêche
les parents de consommer leurs larves fraîchement libérées (Frische
1999). Au cours des premières semaines il faut approvisionner les
larves dans l'aquarium (comme dans la nature) avec du plancton.
Le plus souvent les larves meurent lors de la transformation en
décapodites ou lors des premières mues (Wilkens 1980) A mon avis
la cause de la mort avant le stade de la métamorphose réside dans
la carence en certains oligo-éléments ou/et de concentrations trop
importantes en substances nocives dues à un excès de nourriture.
Simoes et al. (2002) ont examiné l'alimentation des stades précoces
des larves de la crevette de feu Lysmata debelius. La raison
de la recherche est constituée par le thème complexe de l'élevage
commercial pour la vente d'espèces de crevettes attrayantes. Les
scientifiques cités veulent déterminer s'il est possible de réduire
l'important taux de mortalité des larves durant les 96 premières
heures. Il s'avère que l'opinion très répandue que les crevettes
fraîchement écloses s'en sortiraient sans nourriture au cours des
24 premières heures et se nourrissent plutôt des restes de leur
sac vitellin s'avère fausse. Dèjà quelques minutes après l'éclosion
les scientifiques ont pu enregistrer une prise de nourriture par
les larves, surtout les micro-algues proposées. Ont été nourries
des nauplies d'Artemia salina et des micro-algues Tetraselmis
chuii, Rhinomonas reticulata et Sekeletonema costata.
Il a entre autres été recherché si la distribution des diverses
mico-algues en association avec les nauplies d'Artemia salina
apportait une amélioration de l'augmentation de la taille entre
les stades Z1- et Z2.
Comme Z1, Simoes et al. (2002) désignent les larves zoé fraîchement
écloses, comme Z2 est désigné le stade zoé âgé de 48 heures (après
l'éclosion). Le temps total de recherche a duré 96 heures après
l'éclosion. Le taux de survie a été déterminé après cette période
(tout comme après 72 heures). L'accélération de l'augmentation de
la taille a été déterminée d'après le nombre de mues entre Z1 et
Z2.
Les scientifiques ont déterminé lors de leurs expérimentations que
les larves de Lysmata debelius sont omnivores. A l'opposé
il y a les résultats de LeVay et al. (2001 dans Simoes et al. 2002),
qui attribuent aux larves de Lysmata debelius un comportement
alimentaire carnivore dans la nature. Simoes et al. (2002) attribuent
cette divergence aux différences entre la maintenance en aquarium
et l'alimentation dans la nature. La distribution simultanée de
nauplies d'Artemia et de micro-algues Tetraselmis chuii ont
permis l'amélioration du taux de survie des larves. Les scientifiques
attribuent cela aux propriétés antibactériennes spécifiques de ces
micro-algues. Cette affirmation est soutenue par un examen de von
Misciattelli et al. (1998 dans Simoes et al. 2002). Ce groupe de
travail a transféré de l'eau dans un aquarium d'élevage, dans lequel
avait auparavant été élevés des Tetraselmis chuii. Les larves
de la crevette fouet Fenneropenaeus (Penaeus) indicus
ont été élevées dans cet aquarium d'élevage. Seul l'apport d'eau
sans micro-algues a augmenté le taux de survie des larves de l'espèce
citée de façon significative.
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| Reproduction
réussie de Stenopus sanzibariensis (avec l'aimable
autorisation de Iris Bönig) |
Une accélération significative de l'augmentation de la taille et
le développement des larves de Lysmata debelius du satde
Z1 au stade Z2 ont été atteints, lorsque Artemia salina a
été distribué simultanément avec ces trois espèces de micro-algues.
S'il y aura finalement plus de Lysmata debelius, ne trouve
pas sa réponse dans la publication de Simoes et al. (2002). Mais
la conclusion de ce travail est représentée par une augmentation
significative du taux de survie de larves au stade précoce de Lysmata
debelius qui peut être obtenue en distribuant dans l'eau d'élevage
des crevettes une association d'Artemia salina et de micro-algues
Tetraselmis chuii directement après l'éclosion.
La même chose de ce qui vient d'être rapporté ici devrait être valable
pour Lysmata amboinensis, étant donné que l'élevage régulier
de cette crevette nettoyeuse en grand nombre constitue également
un événement exceptionnel. Par contre Lysmata wurdemanni
est reproduite tout à fait régulièrement et en grand nombre (Debelius
2000). Concernant l'élevage de Lysmata wurdemanni sans nourriture
vivante on trouve des choses intéressantes chez Delbare (2003).
Dans cet article il y a aussi une liste, même si incomplète, des
publications actuelles d'élevages réussis de diverses espèces de
Lysmata.
Entre temps une autre espèce de Lysmata sp. a été élevée (Bönig
2005)
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Protozoea-Stadium
Feeding: Brachionus and Copepoden (conditioned with CultureSelco
3000) |
Zoea-Stadium
Feeding: Nauplia of Artemia salina (conditioned with CultureSelco
3000) |
Postlarvale-Phase
Feeding: Nauplia of Artemia salina (conditioned with CultureSelco
3000) |
Juvenile
Shrimp
Feeding: Standard feeding |
Les efforts intensifs des scientifiques concernant ce thème laissent
supposer que l'élevage des espèces du genre Lysmata feront
bientôt partie des travaux de routine d'une station commerciale
d'élevage.
La
famille Stenopodidae (crevettes à pinces)
La famille des crevettes à pinces est surtout représentée par le
genre connu des aquariophiles sous le nom scientifique de Stenopus.
Moins connu semble être le genre Microprostema (Debelius,
2000).
A l'intérieur du genre Stenopus se trouvent quelques représentants
qui arrivent régulièrement chez nos commerçants. Les crevettes à
pinces se distinguent essentiellement par six antennes extrêmement
longues et deux pinces puissantes. Les pinces fonctionnent entre
autre comme un instrument de défense, ce qui fait qu'elles peuvent
être associées aux poissons qui mangent des crevettes. Les crevettes
à pinces sont extrêmement timides et limitent en règle générale
leur activité aux heures crépusculaires ou nocturnes. Ainsi de nombreuses
crevettes à pinces peuvent être mieux observées sous la lueur d'un
éclairage bleu. Les sexes sont séparés. Outre la répartition sexuelle
s'ajoute un comportement territorial prononcé qui fait que de nombreuses
espèces de Stenopus ne peuvent être maintenues qu'en couple.
Les attaques contre d'autres animaux à carapace ne se limitent pas
seulement aux congénères de même sexe mais aussi contre les crevettes
de forme et de couleurs similaires. Dans les aquariums des commerçants
des querelles se produisent souvent qui ont la perte d'une pince
comme conséquence. La perte des extrémités (ce qui peut aussi se
produire chez les espèces de Stenopus lors de la réunion de mâles
et de femelles) est en général peu problématique pour les crustacés
et les crevettes, car elles peuvent être régénérée lors de la prochaine
mue - même si pas immédiatement de taille identique. Trois à quatre
mues plus tard toutefois, plus rien ne remémore l'ancienne perte
(Gehrmann, 1999)
Les crevettes à pinces nettoient les poissons. Cependant ce service
n'est pas aussi intensif et étendu que chez le genre Lysmata.
|
|
| Stenopus
hispidus (Photo Marcel
Staebler) |
La
raison de la diminution de l'activité de nettoyage en aquarium n'est
pas connue. De temps à autre on peut observer que les actions de
nettoyage chez les petits poissons sont si intenses que les poissons
sont avalés en même temps (Frische 1992, Schuhmacher & Hinterkircher
1996, Heerz 1998, Knop 2001). Une incongruité, qui à mon avis, est
certainement restreinte à la maintenance en aquarium. Des attaques
contre Lysmata amboinensis ont été observées, qui en cas
de manque de nourriture et d'aquarium trop petit ont mené à la mort
de la Lysmata (Fosså & Nilsen, 1998, Hebbinghaus 2003)
L'alimentation avec des tablettes congelées et des comprimés est
facile à satisfaire, si bien qu'il est possible de qualifier leur
maintenance en aquarium comme sans problème. L'espèce la plus connue
des crevettes à pinces est Stenopus hispidus, qui à peu de
choses près a sa place dans les aquariums depuis le début de l'aquariophilie
marine. Avec une longueur de 5 cm elles peuvent atteindre l'âge
de 9 ans (Finck, com. personnelle)
La vie en communauté de Stenopus hispidus constitue le problème
le plus important en ce qui concerne cette espèce. Comme Großkopf
(1992) le signale, il est difficile de maintenir plus d'un couple
dans des aquariums de taille moyenne. Des aquariums de plus de 1000
litres permettent l'association de deux couples. Comme si cela ne
suffisait pas, Stenopus hispidus considère les autres crevettes
à pinces comme des intrus et les attaque avec véhémence et sans
pitié. Les espèces du genre Lysmata sont également sans défense
face à Stenopus hispidus. Les autres espèces du genre Stenopus
importées de temps à autre ne sont pas aussi territoriales. Ceci
est peut être en rapport avec la taille finale qu'elles peuvent
atteindre laquelle est nettement plus petite que celle de l'espèce
Stenopus hispidus.
La
famille Alpheidae (crevette pistolet)
Au cours des dernières années la popularité des représentants de
la famille des crevettes pistolet (Lange & Kaiser 1991, Dürbaum
1999) a fortement augmenté. Si à la fin des années 80, il y avait
peu de renseignements concernant la vie en aquarium de ces crevetes
passionnantes, ceci a fondamentalement changé avec l'aquariophilie
récifale. Très rapidement on reconnaît que parmi les crevettes pistolet
il n'y a pas seulement des crevettes consommant des poissons (Lange
& Kaiser, 1991), qui utilisent leurs pinces à effet surdimensionnel
comme outil pour chasser de petits poissons, mais d'intéressants
crustacés qui communiquent entre eux en émettant une détonation
à l'aide d'une de leur pince agrandie et qui se défendent aussi
à l'aide de celle-ci.
Les crevettes pistolet se caractérisent par deux particularités
de leur structure corporelle. D'une part chez celles-ci les yeux
sont cachés sous le céphalothorax. Cela sert à la protection des
yeux, étant donné que ces crevettes se sont appropriées leur biotope
dans des grottes et tuyaux. Des yeux pédonculés ne constitueraient
qu'un handicap avec un tel mode de vie et ils seraient sujets à
des blessures. L'adaptation à une forme de vie particulière a une
influence certaine sur la capacité visuelle de l'animal. Si la plupart
des décapodes peuvent parfaitement observer leur environnement avec
leurs yeux, les crevettes pistolet réagissent d'après le reflet
clair et sombre (Fossa & Nilsen, 1998).
La deuxième caractéristique de la famille des Alpheidae est constituée
par les pinces de forme particulière, avec lesquelles les crevettes
peuvent créer des sons perceptibles ressemblant à des coups de pistolet.
La construction de ces pinces créatrices de détonations, pouvant
atteindre une longueur de 3 cm, se compose d'une espèce de bouchon
arrondi sur la partie mobile de la pince (dactylus), qui correspond
exactement à une fosse profonde et ronde de la partie fixe de la
pince. La fermeture rapide des deux moitiés de pinces engendre la
détonation.

Ce principe fascine les chercheurs. Des prises de vues et des résultats
fantastiques ont été publiés entre autre par le groupe de chercheurs
du Prof. Barbara Schmitz de Münich. Les chercheurs ont pu déterminer
à l'aide de vidéos à grande vitesse (400 à 40500 images/seconde)
que cette crevette ne mesurant que cinq centimètres pouvait réunir
sous l'eau ses pinces à une vitesse supérieure à 100 km/h. Ceci
crée un jet d'eau, dans lequel se forme une bulle de cavitation.
Cette petite bulle de gaz se déplace à partir de la pince et atteint
une taille pouvant atteindre 3 millimètres, avant qu'elle n'implose
avec une détonation nettement audible. Avec cette puissante onde
de choc l'animal étourdit sa proie, qui se compose surtout de vers,
de petits poissons et de crevettes. Le crustacé utilise par conséquent
les lois de l'hydrodynamique pour la créations de sons. A un mètre
de distance l'intensité du son atteint 200 décibels.
Outre l'équipe du Prof. Schmitz un deuxième groupe de chercheurs
de l'université de Twente (Enschede) a pu observer que le gaz de
la bulle qui s'effondre atteint une température supérieure à 5000°
C et émet un éclair lumineux (Lohse et al. 2001). Cet éclair lumineux
n'est pas visible par l'œil humain, car il ne dure qu'un dix milliardième
de seconde. Cette méthode inhabituelle permettant à la crevette
de créer de la lumière est désignée sous le nom de shrimpoluminescence.
Elle se trouve en étroite parenté avec la luminescence pulsatrice
des bulles de gaz dans l'eau, qui est causée par des ultrasons et
est désignée comme sonoluminescence (Scharf 2001)

Les crevettes pistolet ont acquis la popularité en aquariophilie
récifale à cause de leur association avec les gobies partenaires
habitant le sol, qui a été décrite la première fois en 1941. Dürbaum
(1999) a étudié la vie commune des deux groupes d'animaux à partir
de vidéos. Il s'agit du genre Alpheus (dans ce cas les représentants
des groupes Brevirostris- et Edwarsii), qui vivent surtout en communauté
avec les gobies symbiotiques des genres Amblyeleotris et
Cryptocentrus. La réalisation de cette communauté de vie
dans l'aquarium est relativement facile à concrétiser, étant donné
qu'aussi bien le gobie que la crevette sont faciles à maintenir
en vie dans l'aquarium. De plus la réalisation de cette symbiose
ne nécessite pas d'aquariums volumineux. Ainsi un aquarium d'une
taille moyenne (400 litres) suffit à satisfaire notre désir d'une
maintenance commune du gobie et de la crevette.
La communauté de vie entre gobie et crevette se développe comme
suit : tandis que le gobie cherche de la nourriture, scrute les
prédateurs et les concurrents, la crevette est occupée sans cesse
à réparer et à consolider le terrier. Pendant que la crevette infatigable
ne cesse de sortir du sable de l'habitat avec sa pince élargie en
forme de pelle ou qu'elle dégage le sous sol de sa maison, elle
garde en permanence le contact avec le corps du gobie avec ses antennes.
En cas de danger le gobie se réfugie dans l'abri sûr suivi de la
crevette, qui a aussi été prévenue par l'intermédiaire du contact
corporel par les antennes. Une autre tâche qui incombe à la crevette
est l'approvisionnement suffisante en oxygène du terrier. Ceci est
atteint par l'Alpheus en battant ses appendices ventraux
faisant ainsi circuler l'eau à travers la construction (Dürbaum
1999).
Comme cette symbiose s'établit déjà au cours des premières phases
du cycle de vie des deux animaux selon Dürbaum (1999), il n'est
pas étonnant que la crevette et le poisson se mettent d'accord à
propos d'une série de modèles de comportement de communication.
Pour ce faire le corps et les nageoires du gobie fonctionnent comme
instrument de communication palpés par les longues antennes de la
crevette à le recherche d'informations.
|
|
| Stonogobiops
nematodes & Alpheus randalli |
La
communauté de vie des deux groupes d'animaux se passe essentiellement
sur les parties sablonneuses des zones d'eau peu profonde. Le sédiment
dans lequel le terrier a été creusé se compose de débris corallien
ou de fine vase marine. Une condition, qu'il faut remplir dans l'aquarium,
si l'aquariophile veut réaliser cete symbiose intéressante.
La raison de cette association ne se trouve finalement pas dans
la mauvaise vision des crevettes. La grotte elle-même est le plus
souvent habitée par un gobie et un couple de crevettes ou l'inverse.
De temps à autre il y a la preuve que des gobies vivent aussi parfois
en couple dans la grotte. Dans la nature les tubes d'habitation
sont si proches qu'il est possible aux gobies de localiser sans
problème le partenaire adéquat et de mener avec lui la reproduction.
La nécessité vitale de cette association n'est pas déterminée. Dans
l'aquarium toutefois seule est possible la maintenance d'un partenaire
symbiotique. Il faut cependant poser la question de savoir s'il
faut aspirer à la maintenance individuelle de gobies ou de crevettes
pistolet (comme les poissons-clowns sans anémone). Frische (2001)
et Finck & Frische (2004) renvoient par exemple au comportement
anormal du poisson-clown lorsque celui-ci est maintenu sans partenaire
convenable. Il est possible d'imaginer ce comportement non naturel
chez les gobies associés aux crevettes.
Toutes les crevettes pistolet ne sont pas associées avec des gobies.
La plus grande partie des crevettes pistolet vit avec des éponges
ou d'autres groupes d'animaux dans une relation commensale. Il existe
même des crevettes pistolet, qui sont complètement livrées à elles-mêmes.
En règle générale les crevettes pistolet mènent une vie relativement
cachée, ce qui fait qu'on entend plutôt qu'on ne voit ces animaux
dans l'aquarium. Souvent il arrive que les crevettes pistolet sont
introduites inopinément avec des pierres vivantes. Ainsi la détonation
soudaine fait croire à l'aquariophile qu'une vitre de l'aquarium
s'est brisée - avec la différence qu'il n'y a pas d'eau qui s'écoule.
Les crevettes pistolet constituent un groupe de crevettes très intéressant,
qui présente de nombreux types de comportement fascinants et qui
est aussi utile dans l'aquarium. Ainsi l'action de creusement typique
constitue une activité bienvenue qui pourvoit à ce que le sable
reste toujours propre et est enrichi en oxygène.
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