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Portraits:
Christine & Thierry DURAND
Installation du bac
Quand
on se lance dans l’aventure récifale, le choix du bac est
un élément déterminant :
-un
bac trop petit et nous aurions été amenés
à le regretter trop vite,
-un
bac mal conçu et les opérations de maintenance seraient
devenues fastidieuses.
N’étant
pas capables de réaliser notre cuve nous-mêmes –
manque de savoir-faire et de place – nous sommes partis en quête
de notre bac idéal dans les différents magasins
de la région.
Nous
recherchions un bac d’un volume brut de 700 l, fonctionnant sur
le principe du débordement, sans couvercle, ni de renforts
centraux et une forme et un meuble original. Notre choix s’est
donc naturellement porté sur un bac panoramique ayant 700
l brut, habillage et meuble de couleur bleue marine avec une cheminée
d’écoulement centrale.
Pour
la bonne santé des animaux, l’éclairage HQI a été
privilégié avec une rampe d’éclairage suspendue
au plafond. La puissance choisie est de 2 X 250 W plus deux tubes
de lumière bleue respectivement de 30W à l’avant
et de 40 W à l’arrière.
La
circulation de l’eau se fait avec une pompe 1060 EHEIM situé
dans le bac annexe. Un osmolateur électronique contrôle
le niveau d’eau.
L’apport
régulier de calcium se fait par l’intermédiaire
d’un réacteur à calcium et d’une réserve
d’eau osmosée.
Une
filtration mécanique rapide a été élaborée
à l’aide d’un peu de mousse bleue et de perlon placés
dans la cheminée. Pour la filtration chimique, un écumeur
RATZ de 2000 l/h donne à l’eau une transparence cristalline.
Le
brassage est assuré par deux pompes TURBELLE 7410P électroniques
placées en hauteur de chaque côté du bac.
Très
vite, nous nous sommes aperçus qu’un groupe froid devenait
indispensable pour refroidir l’ensemble. En effet, de larges baies
vitrées font entrer un soleil agréable mais réchauffent
aussi rapidement le salon et le bac. Nous avons donc installé
une refroidisseur connecté à un thermostat électronique
et une deuxième pompe 1060 EHEIM pour assurer la circulation
d’eau fraîche. L’eau est maintenue à une température
de 25°C.
Le
récif
Notre
récif à été conçu suivant la
méthode dite du" récif flottant ". Les
roches sont toutes posées sur une structure en PVC et non
pas à même la glace de fond, ce qui assure une libre
circulation de l’eau entre et sous les pierres. Ce procédé
permet d’éviter une stagnation des sédiments et
les problèmes qui peuvent s’en suivre lorsqu’ils sont en
trop grande quantité.
Dans un premier temps, nous avions placé, sous le récif,
une petite pompe MAXI-JET 750 qui facilitait l’évacuation
des sédiments sur un côté du bac. Cela nous
a posé quelques problèmes de maintenance : les sédiments
n’étaient pas franchement évacués sur le
côté, leur aspiration n’en était qu’à
peine facilitée et la pompe, posée à même
le sol, n’était pas accessible rapidement : il fallait
soulever une pierre qui la cachait, le tout à 65 cm de
profondeur. D’autre part, la crépine s’encrassait très
rapidement.
Suite
au déménagement du bac l’été dernier,
quelques modifications sur notre " récif flottant "
ont été apportées. Les structures en PVC
ont été remaniées apportant un confort notable
à l’accès du récif. Puis, un système
de tuyaux permet à deux pompes Maxi-Jet 1000 d’évacuer
l’essentiel des sédiments sur un côté du bac.
Ces deux pompes sont placées près de la surface
et le nettoyage de la crépine et l’entretien des pompes
est maintenant vraiment plus simple.
Habitant
en milieu urbain et n’étant pas sûrs de la stabilité
dans le temps des paramètres de l’eau de conduite et de
sa qualité, nous avons opté pour un osmoseur. L’eau
est ainsi fabriquée sur place. Les osmoseurs actuels sont
compacts, faciles à installer et permettent un réel
confort d’utilisation en fabriquant à la demande de l’eau
de qualité satisfaisante.
LES
ANIMAUX
Les
herbivores
Pour
commencer, 100 kg de roches vivantes ont été introduites
et ce, en deux fois à quinze jours d’intervalle. Elles
sont restées sans éclairage afin que le démarrage
du bac se fasse en douceur et surtout sans explosion d’algues.
Après 1 mois, nous avons commencé par éclairer
le bac de façon progressive d’abord avec les tubes bleus
puis les HQI. Dès les premiers jours d’éclairage,
une vingtaine d’escargots herbivores Astrea ont été
introduits. Ils ont commencé tout de suite leur travail
et ont probablement joué un rôle important dans la
lutte contre les algues puisqu’il n’y a eu à aucun moment
une explosion d’algues filamenteuses.
Les
poissons
Le
peuplement du bac en poissons s’est fait de façon très
progressive toujours dans un souci de ne pas perturber le milieu
encore fragile et sensible aux variations. Les chirurgiens jaunes
ont eu l’honneur d’être les premiers poissons à nager
dans le bac. Nous avons choisi Zebrasoma flavescens pour
leur qualité d’herbivores insatiables et pour leur éclat
lumineux, puis nous avons introduit successivement sur plusieurs
mois :
1 Paracanthurus hepatus,
1 Pseudocheilinus hexataenia,
11 Chromis viridis…
Les
coraux
Lorsque
les paramètres de l’eau ont été complètement
stabilisés, notre premier corail fût Sarcophyton
sp ; d’abord de couleur plutôt beige marron, il
prit au fil des mois une couleur plutôt jaune éclatant,
de toute beauté. Le peuplement en coraux se fit ensuite
en douceur en essayant d’harmoniser les coraux durs avec les coraux
mous.
Actuellement,
nous orientons le bac vers une population mixte de coraux suite
à de nombreuses boutures de coraux durs qui ont maintenant
une taille raisonnable. Nous apprécions chez Acropora
sp les couleurs aux tons verts bleus ou violets qui tranchent
avec des espèces " plus classiques " de coraux
mous comme Lithophyton, Sarcophyton…
Cela
nous donne un bac avec des couleurs et du contraste et les ondoiements
rendent le bac bien vivant à l’image de ce que J. SPRUNG
aimerait voir dans les aquariums (cf. Aquarium récifal
Vol.2 § 7). C’est pourquoi, nous essayons de maintenir en parfaite
harmonie l’ensemble des coraux en veillant à éviter
les interactions entre les espèces peu compatibles. Les
coraux ayant une croissance non négligeable, nous avons
été amenés à les déplacer plusieurs
fois. Maintenant, cela devient un véritable casse-tête
car la place finit par manquer.
AUJOURD'HUI
Le
bac est en parfaite santé. Les paramètres physico-chimiques
sont très stables. Peu de changement sont faits pour ne
pas perturber l’écosystème. Les poissons sont au
nombre de 17 : 1 Zebrasoma flavescens, 1 Paracanthurus
hepatus, 1 Zebrasoma desjardinii, 1 Pseudocheilinus
hexataenia, 1 couple de Synchiropus splendidus
et 11 Chromis viridis .
Nous
n’avons pas remarqué d’incompatibilité entre les
poissons présents dans le bac. Parfois, Zebrasoma flavescens
et Zebrasoma desjardinii se chamaillent un peu mais sans
grande méchanceté.
La
population de coraux durs est la suivante : divers Acropora
sp, Seriatopora, Fungia, Favia, Catalaphylia jardinei,
Tubipora musica, Caulastrea, Turbinaria reniformis, …
Ils
côtoient la population de coraux mous : Sarcophyton
sp., Nephthea spp., Sinularia, Cladiella spp.,
Pachyclavularia violacea, Discosoma, Xenia, Parazoanthus gracilis…
Quelques
bénitiers sont présents ainsi qu’une crevette Lysmata
amboinensis.
Fiche
technique
Aquarium
récifal conçut suivant la méthode berlinoise
brut volume 700 litres
Lumières : HQI 2 X 250 W + 2 tubes bleus BlueMoon
Brassage : 2 pompes TURBELLE (TUNZE) 7410P + 2 MAXI-JET 1000 (sous
le récif)
Écumeur : RATZ de 2000 l/h
Réacteur à calcium
2 pompes EHEIM 1060 pour le refoulement et le refroidisseur
1 osmolateur
Combisan et oligo-éléments Aquarium Systems
Maintenance
Notre
rituel en passant devant le bac après une longue journée
de travail est de compter les poissons pour voir si tout ce petit
monde répond à l’appel. Cette tâche est d’autant
plus aisée qu’ils ont pris l’habitude de venir nous voir
dans le coin droit du bac lorsque nous arrivons dans la pièce
quand ils ont faim. Il convient de penser que c’est plus pour
réclamer à manger que pour nous demander si nous
avons passé une bonne journée ! ! !
Cette manie des poissons, quand ils ont faim, nous permet parfois
de nous rappeler à l’ordre quand nos oublions de les nourrir !
Les
poissons sont nourris deux fois par jour en petite quantité.
Le délai des repas dépasse rarement une minute,
ce qui évite au maximum une pollution toujours néfaste.
La nourriture, principalement surgelée, est rincée
à l’eau claire avec un petit tamis afin d’éliminer
au maximum les déchets organiques. Nous voulons la nourriture
variée pour éviter les carences qui pourraient en
résulter. Les chirurgiens ont droit ainsi à un apport
journalier en épinards, (les algues comestibles étant
quasi inexistantes dans le bac), et à de la banane (pour
les vitamines) de temps en temps. Le reste de la nourriture est
composé d’Artémias, de mélange de
fruits de mer hachés, de krill, de moules, de granulés
vitaminés… avec un changement de menu à chaque repas
et ce, toujours dans un souci d’alimentation variée et
équilibrée. Tous les poissons ont été
habitués à ce régime dès le début
et ne boudent aucun repas.
Un
petit coup d’œil sur les différents matériels permet
de s’assurer de la bonne marche de l’ensemble. En règle
générale, aucune intervention n’est à réaliser.
Toutes
les observations notables et les interventions techniques sont
consignées dans un journal. Ceci permet à tout instant
de remonter dans le temps et parfois de comprendre certaines réactions
des animaux ou du bac en fonction des différents paramètres
qui ont pu changer. Parfois, il peut se passer plusieurs semaines
avant qu’une petite modification en apparence banale (par exemple,
la durée de l’éclairage) provoque une réaction
des animaux.
L’entretien
hebdomadaire
En
premier lieu, nous contrôlons les différents paramètres
physico-chimiques. Nous ajoutons très régulièrement
des oligo-éléments et du COMBISAN pour minimiser
les variations chimiques. Le milieu marin reste plus stable et
se rapproche plus du milieu naturel.
Les
vitres sont nettoyées, le bol de récupération
de l’écumeur est vidé et lavé.
Les
algues trop envahissantes sont arrachées à la pince.
Malheureusement, quelques Valonia subsistent. Elles sont
éliminées systématiquement dans la limite
du possible, mais il reste toujours un endroit hors d’atteinte…
Les
Xenia ont envahi rapidement toute la zone qui leur était
destinée. Deux espèces se partagent ce territoire.
Elles sont maintenant circonscrites pour limiter leur croissance.
Nous
veillons aussi à ce que les sédiments dans le bac
ne soient pas trop importants. Quand ils dépassent un seuil
qui nous semble critique, nous les aspirons. Cela ne présente
pas de problème particulier ; les sédiments
sont chassés sur le côté grâce a nos
deux pompes placées sous le récif.
L'entretien
semestriel
Il
s’agit principalement du nettoyage des différentes pompes
avec démontage complet de ces dernières, du changement
des tubes fluorescents ou HQI et de quelques divers petits travaux
ou bricolages souvent destinés à améliorer
l’entretien et le confort de l’aquariophile
Christine
& Thierry DURAND-VERHAEGHE
Membres
du Conseil d'Administration de RECIF-FRANCE
D'autres
images:
Photos
: © C. & T. DURAND-VERHAEGHE
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