L'aquariophilie marine à la portée de tous






 

 


Addition de calcium dans un bac marin
Extrait des "Lettres récifales" nr 10 - septembre 1998

Faut-il absolument utiliser un réacteur à, calcaire? Régulièrement on peut lire des articles concernant l'adjonction de calcium en aquariophilie marine. Les méthodes les plus diverses ont été utilisées et commentées. Presque chaque auteur est convaincu par sa méthode personnelle d'adjonction de calcium et aucun autre domaine n'a fait l'objet d'autant d'expériences. Aussi moi-même je ne veux pas rater cette occasion de porter ma contribution à l'incertitude commune.

Il est notoire qu'au cours des deux dernières années la tendance s'est orientée vers les réacteurs à calcaire. Mais en étant à l'écoute des aquariophiles marins, il est franchement étonnant de constater combien d'entre eux ont essayé le réacteur à calcaire puis l'ont relégué dans un coin. Comme explication ils s'appuient sur les changements négatifs apparus dans leur aquarium dont le responsable désigné est le réacteur à calcaire. D'un autre côté on compte aussi des aquariophiles qui utilisent le réacteur à calcaire à leur plus grande satisfaction.

Très longtemps, il n'y a pas eu de découverte révolutionnaire en ce qui concerne l'aquariophilie marine. Ainsi le réacteur à calcaire a-t-il constitué la nouveauté. C'est justement à ce niveau que les aquariophiles ont des problèmes. Lequel d'entre nous peut décrire les processus chimiques qui se déroulent dans un tel réacteur? Certainement très peu d'entre nous, tandis que les autres ne lui font pas confiance. Dans ce cas on s'en tient à la méthode éprouvée par l'usage. Il en est de même pour moi, car un réacteur à calcaire avec ses accessoires représente un coût élevé (en tout cas trop élevé pour le reléguer dans un coin après une expérimentation malheureuse ).

C'est surtout dans la région berlinoise que la méthode mise au point par Peter Wilkens - adjonction de Kalkwasser par l'intermédiaire d'un bidon - est largement répandue. Elle a, jusqu'à présent donné les meilleurs résultats.
On se procure un bidon d'un volume d'environ cinq litres pourvu d'un petit robinet (que l'on peut aussi coller soi-même). Ensuite on mesure le besoin journalier en eau qui doit être restituée à l'aquarium suite à l'évaporation. On verse dans le bidon, en fonction de la quantité d'eau, quelques cuillerées d'hydroxyde de calcium. Ensuite on le remplit avec de l'eau de conduite de qualité ou de l'eau osmosée et on le secoue vigoureusement. Dès que l'hydroxyde de calcium s'est déposé, on peut ajouter l'eau décantée à l'aquarium.

Il faut veiller à ce que le robinet se trouve au-dessus de l'hydroxyde de calcium qui s'est déposé. On peut mettre une marque sur le bidon pour visualiser l'endroit jusqu'où il peut se vider afin de couvrir le besoin en eau de l'aquarium. Il s'est avéré judicieux d'ajouter le calcium dans les heures matinales et si possible en goutte à goutte, étant donné que c'est à ce moment que la plus grande partie des ions calcium sera absorbée. Inconvénient de la méthode: il faut remplir le bidon chaque jour.
Evidemment cette méthode d'adjonction est liée à l'ouverture chaque matin du robinet ainsi qu'au remplissage journalier du bidon avec de l'eau, cependant cette méthode a donné les meilleurs résultats au fil du temps.

En fait il n'est pas dans mon intention de m'élever contre les réacteurs à calcaire ni de décrier l'ancienne méthode d'adjonction de Kalkwasser mais de donner une solution intermédiaire c'est-à-dire de perfectionner l'ancienne méthode sans entraîner un gouffre financier.


Colonne en plexiglas pourvue d'une plaque en plexiglas de 10 millimètres d'épaisseur collée servant de pied ;
à l'extrémité supérieure une plaque identique collée autour du tube sert de support au couvercle.

La démarche est la suivante. Il faut se procurer un tube en plexiglas d'un diamètre de 10 centimètres. La hauteur a moins d'importance mais doit se situer entre 60 et 100 centimètres. Une hauteur inférieure est peu pratique car le volume d'eau est trop réduit tandis qu'avec une hauteur supérieure à un mètre il faut recourir à une pompe de grande capacité. Le fond du tube est fermé par collage d'une plaque de Plexiglas. A cet effet on utilise une plaque de Plexiglas mesurant 15 x 15 centimètres, afin d'assurer la stabilité du tube. Pour le bord supérieur il faut deux autres plaques de plexiglas de dimensions identiques. L'une d'entre elles sera fraisée pour s'adapter au diamètre du tube, puis collée à l'extrémité supérieure de celui-ci afin de servir de collerette. Avant ce collage on place les deux plaques l'une au-dessus de l'autre pour percer sur le pourtour extérieur une série de trous d'un diamètre de 4 millimètres.

Une fois la collerette collée on peut y fixer l'autre plaque à l'aide de vis ayant la longueur requise de manière à fermer le tube. Afin d'obtenir une étanchéité efficace entre les deux plaques on aura pris la précaution d'appliquer un joint en silicone sur la collerette. La plaque de couverture est enduite avec un produit vaisselle puis on la presse contre la collerette préalablement encollée afin d'aplatir la colle silicone. Dès qu'on a délicatement séparé les deux plaques, procédé à leur nettoyage il est possible de visser les deux plaques après séchage du silicone. Il est plus simple d'acheter ces joints en silicone dans le commerce. Toutefois il n'est pas facile de les trouver.

Avec un peu de doigté, il est facile de réaliser ces travaux

Si l'on n'est pas encore découragé, on peut poursuivre les travaux de perçage. Quelques centimètres au-dessus du fond du tube il faut percer un trou d'un diamètre de 20 mm. A cet endroit on colle un tuyau adapté à ce diamètre, sur lequel on enfonce un tuyau qui sera relié à une pompe de circulation immergeable. C'est à cet endroit que l'eau sera injectée. Dans le couvercle on perce deux petits trous d'un diamètre de trois à quatre millimètres. Par un de ces trous on enfile le cordon d'alimentation électrique d'une petite pompe, dans l'autre on colle un petit tube que l'on raccorde à un tuyau à air.

Vue de la pompe ancrée dans le tube Ici l'on peut voir le tuyau collé permettant l'admition d'eau fraiche.

Ensuite il faut abaisser la pompe se trouvant dans le tube de 10 à 15 centimètres sous le couvercle. Puis il faut sceller le trou d'entrée du cordon de la pompe (Stabilit, colle bi-composant de Pattex). Sur le rejet de la pompe on fixe un tube qui s'arrêtera à quelques millimètres du fond du tube principal. Cette pompe sera reliée à une minuterie. L'autre pompe sera placée dans un récipient d'environ trente litres rempli d'eau douce, et relié à un interrupteur flottant situé dans l'aquarium.

Maintenant il est possible de remplir le tube principal avec de l'hydroxyde de calcium et de l'eau, puis de serrer les vis d'étanchéité du couvercle. Le tuyau à air sera placé au-dessus du bac. A son extrémité on installera un clapet anti-retour. Lorsque l'interrupteur flottant de la pompe présente dans le récipient d'eau douce établit le contact, celle-ci injecte l'eau à la base du tube en plexiglas. Ainsi le Kalkwasser est introduit dans le bac du filtre par l'intermédiaire du tuyau à air, très lentement toutefois, car le faible diamètre du tuyau à air diminue fortement le débit de la pompe. Le clapet anti-retour empêche l'aspiration d'air dans le tuyau lors de l'arrêt de la pompe et l'écoulement de l'eau qui s'y trouve dans le récipient d'eau douce.

Ici, on voit la colonne en fonction. La pompe a fait tourbillonner l'hydroxyde de calcium et fait monter jusqu'au siphon de la pompe.

La petite pompe débute son travail par l'intermédiaire de la minuterie. Elle aspire de l'eau et la rejette par le tuyau situé au ras du sol. Ainsi l'hydroxyde de calcium est mis en suspension et remplit en peu de temps l'ensemble du tube en plexiglas jusqu'au tube d'aspiration de la pompe. Au-dessus se trouvent toujours quelques centimètres d'eau limpide, de manière à ce que si au même moment l'autre pompe rajoute de l'eau à l'hydroxyde de calcium non dissous celui-ci ne puisse pénétrer dans l'aquarium. Il est opportun que la pompe fonctionne une demi-heure toutes les quatre heures. Ceci garantit que dans le tube en plexiglas il y a toujours suffisamment d'eau enrichie en ions calcium.

Plus d'un lecteur peut penser que tout ceci frise la sorcellerie. Bien sûr cela nécessite un peu de dextérité, mais le tout n'est pas aussi compliqué qu'il n'y paraît de prime abord. Et c'est exceptionnel! Le tube est facile à réapprovisionner en hydroxyde de calcium solide. En fonction de l'évaporation le récipient d'eau douce ne sera rempli qu'une ou deux fois par semaine. On a la certitude que le besoin permanent en ions calcium est satisfait en permanence.

La méthode du bidon en tant que telle a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Il est compréhensible que je décline toute responsabilité en ce qui concerne les reproductions de ce système. Tout dépend de l'adresse de chacun. L'investissement financier est relativement faible comparé à celui d'un réacteur à calcaire. Le résultat est visible à la croissance fantastique des coraux. Je pratique cette méthode d'adjonction de Kalkwasser depuis deux années et je fais aussi partie de ceux qui sont totalement convaincus du bien fondé de celle-ci.

Léo Gessert, Berlin


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