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Chaetodon
xanthurus
Joachim
Frische & Herbert Fink (das Aquarium 6/2003)
Un poisson-papillon consommateur des
anémones de feu, Anemonia cf manjano
Il
y a longtemps que J. Frische s'occupe de la maintenance de poissons-papillons
dans l'aquarium récifal. Il s'intéresse au respect
des structures sociales en fonction des espèces ainsi que
de leurs habitudes alimentaires y compris la problématique
de la consommation des coraux. Les expériences de Joachim
Frische avec Chaetodon xanthurus ont été l'instigation
pour Herbert Finck d'en mettre dans son aquarium. Au fil de sa maintenance
dans leurs aquariums les auteurs constatent que l'espèce
Chaetodon xanthurus constitue un prédateur de la redoutée
anémone de feu, Anemonia manjano.
Dans cet article nous allons examiner de plus près le casse-pied
Anemonia manjano et son prédateur Chaetodon xanthurus.
Nous allons décrire la maintenance de ce poisson-papillon
en aquarium et rendre attentif sur les risques que l'aquariophile
encourt lorsqu'il associe Chaetodon xanthurus avec des anthozoaires.
Un important chapitre est consacré à la destruction
de l'anémone de feu Anemonia manjano, pour l'élimination
de laquelle Alf Jacob Nilsen a une fois conseillé en plaisantant
d'utiliser la dynamite.
Anemonia manjano - le destructeur
En ce qui concerne l'anémone de feu il s'agit d'une anémone
atteignant une taille comprise entre 2 et 4 cm de la famille Actiniidae.
L'anémone de feu, appelée "anémone de
feu-filet" par Fossà & Nilsen (1994) et anémone
naine par Sprung & Delbeek (1998), vit dans la mer entre les
branches de scléractiniaires (Fossà & Nilsen,
1994). Elle utilise les produits de leurs zoxanthelles et capture
peut-être du plancton en sus. Elle est répandue dans
l'ensemble de l'Indo-Pacifique, où elle doit être particulièrement
nombreuse autour de l'Indonésie. L'anémone de feu
parvient dans nos aquariums par l'intermédiaire des pierres
vivantes et s'y est révélée être l'un
des casse-pied le plus redouté par manque de concurrents
naturels aussi bien d'espace qu'alimentaires. Même les aquariums
publics ne sont pas épargnés par cette anémone
(Hebbinghaus, 2002). Il n'est pas possible de contester une certaine
esthétique, qui devient visible, lorsque l'observateur se
trouve confronté avec un champ vert irisé de cette
anémone. Sprung & Delbeek (1998) comparent son aspect
avec l'anémone du genre Aiptasia. Des exemplaires
plus grands dont les extrémités des tentacules sont
épaissies en forme de boules, peuvent être confondues
avec les anémones bulles, Entacmaea quadricolor.
C'est
il y quelques années que nous avons fait les premières
expériences désagréables avec ces anémones
de feu extrêmement adaptatives, lorsque Herbert Finck possédait
un aquarium exclusivement peuplé de scléractiniaires.
Les anémones s'y sont développées de manière
si nombreuse qu'il n'a eu d'autre solution que de vider complètement
l'aquarium (ou de prendre de la dynamite). Quelques boutures atteintes
par quelques anémones de feu ont été nettoyées
aussi bien que possible et transférées dans un autre
aquarium. D'autres fragments ont été mis dans l'aquarium
de Joachim Frische. Tandis que chez Herbert Finck on a fait attention,
autant que possible, à ce qu'aucune des redoutées
anémones ne soient introduites dans l'aquarium récifal
existant et en parfait état de marche. Joachim Frische a
pris les Acropora et Pocillopora ramifiés,
chez lesquels il était pratiquement impossible d'enlever
toutes les anémones. Déjà peu de temps avant
Anemonia manjano est arrivée dans l'aquarium de Joachim
Frische, dû à l'ignorance de cette époque là.
Néanmoins les anémones n'ont pu s'y maintenir dans
le temps. Dans l'espoir de la répétition de ce phénomène
les boutures de coraux citées avant ont été
introduites. Cela devait effectivement se confirmer : après
quelque temps les anémones avaient disparu.
L'aquarium de Joachim Frische par contre a été bientôt
colonisé par une espèce qui jusqu'alors ne s'y trouvait
pas: Anemonia manjano. Avec son énorme taux de reproduction
par bourgeonnement il a été possible à l'anémone
de feu de prendre pied dans l'aquarium et de commencer son champ
d'expansion à l'abri des invertébrés ombrageant
et du regard de l'observateur.
Un aquarium peuplé de Sinularia comme biotope pour
Anemonia manjano
L'aquarium
de Herbert Finck fonctionne depuis 1988. Il mesure 160 x 75 x 50
cm (L x I x h) ce qui donne un volume brut de 600 litres. Il est
associé avec un bac de 150 litres situés sous l'aquarium
principal. L'aquarium principal est essentiellement peuplé
avec des coraux-cuir du genre Sinularia qui remplissent largement
le bac suite à leur croissance luxuriante. En outre quelques
scléractiniaires des genres Goniopora, Favia et Acropora
se sont parfaitement établis dans ce milieu. Mais également
des Zoanthidés du genre Epizoanthus et des octocoralliaires
du genre Clavularia se sont magnifiquement développés
et devaient être régulièrement élagués.
Environ 30 poissons coralliens de petite taille pourvoient au mouvement
et à la couleur. Grâce à la dense forêt
de bras des Sinularia il a été possible de
maintenir durant plusieurs années quatre couples de Chrysiptera
parasema, lesquels pondaient régulièrement. Actuellement
il y a dans ce bac une douzaine de Chromis viridis, six Chrysiptera
talboti, quatre Gobiodon citrinus, un groupe de Zebrasoma
flavescens composé de quatre individus, un couple de
Centropyge bispinosa et un couple de Chaetodon xanthurus.
Ces poissons reçoivent de la nourriture surgelée et
en paillettes plusieurs fois par jour.
La circulation de l'eau est réalisée avec deux Turbelle
1500, fixées sur les deux petits côtés de l'aquarium.
Elles sont actionnées selon un rythme de douze heures, afin
d'obtenir un changement de direction du courant. Le "coeur"
du traitement de l'eau est constitué par un écumeur
de 2 mètres de hauteur avec diffuseurs en bois de la société
Sander (Modèle III ). Depuis quelque temps j'ai installé
un filtre du "type vodka", qui permet de maintenir la
quantité de nitrates en dessous de 10 mg/l malgré
une importante densité de poissons. Avec l'utilisation de
Rowaphos la quantité de phosphates reste très faible.
Elle oscille entre 0.046 et 0.14 mg/1 ceci dépendant de la
durée d'utilisation de l'adsorbant (mesuré avec un
test Phosphat Merck Aquaquant). Un réacteur à calcaire
assure une dureté carbonatée de 6 à 8°
KH. Les oligo-éléments sont rajoutés plusieurs
fois par semaine à raison de 10 % de la dose conseillée
par les fabricants. Les changements d'eau sont effectués
de manière sporadique. L'aquarium est éclairé
durant six heures par jour à l'aide de deux ampoules HQI
400 W, 5600 K (incorporées dans des projecteurs de la société
Sill). S'y rajoutent deux tubes fluorescents de 58 watts, qui fonctionnent
dix heures par jour. Il y a six mois encore j'utilisai deux tubes
bleus, depuis j'utilise un tube bleu et un TrueLight. Le mercredi,
seul les tubes fluorescents assurent l'éclairage, ce qui
doit simuler une journée pluvieuse avec force nuages.
Les anémones de feu se sentaient parfaitement à l'aise
sous ces conditions. Il leur a été facile de conquérir
pour elles ce biotope, ce malgré toutes les contre mesures.
Elles se sont répandues sur la face arrière et sur
les faces latérales, se développant sur le sol (il
n'y a pas de substrat dans cet aquarium), entre et sur les coraux.
La lutte sans espoir face à une menace croissante.
En ce qui concerne Anemonia manjano le problème n'est
pas leur expansion rapide sur un substrat mort ou même sur
des tissus vivants, mais plutôt leur énorme pouvoir
urticant, qui ne donne aucune chance aux coraux se trouvant dans
leur champ.
Plus les anémones de feu pullulent dans un aquarium, plus
le milieu de l'aquarium se modifie en leur faveur, ce qui entraîne
le recul des autres habitants sessiles.
Depuis que nous avons conscience du danger représenté
par ces anémones, nous nous sommes efforcés de trouver
des prédateurs naturels ou des moyens mécaniques d'éradication,
qui empêchent leur expansion et en outre réduisent
leur population.
Ébauche d'un traitement naturel
Lorsque nous avons appris que la crevette Lysmata wurdemanni
appartenant à la famille Hyppolytidae consommait les
anémones de verre du genre Aipatsia nous caressions
l'espoir que cette crevette pouvait aussi accepter Anemonia manjano
comme nourriture. Ceci seulement parce que divers aquariophiles
avaient signalé que L. wurdemanni ne dédaignait
pas les Zoanthidés. L'essai s'est révélé
comme un coup raté dans l'aquarium concerné.
Berghia verrucicornis fait partie d'un groupe d'Ospitobranches
qui se nourrissent presque exclusivement d'anémones de verre.
Les aquariophiles possédant cet escargot, ont recherché
des données Internet afin de savoir si cet escargot pouvait
aussi être utilisé dans la lutte contre Anemonia
manjano. Aucun résultat positif n'a cependant encore
été publié.
Sprung & Delbeek (1998) citent le nudibranche Spurilla neapolitana
comme une possibilité de traitement. Dans le Sea Slug Forum
(www.seaslugforum.net),
qui est spécialement consacré aux escargots marins,
la question a été posée en janvier 2001 si
Anemonia manjano peut être combattu par S. neapolitana.
De la réponse de Bill Rudmann il apparaît qu'il est
possible que les nudibranches de la famille des Aeolidiidae pouvaient
aider dans ce cas, car ils consomment des anémones. Il ne
garantit toutefois pas que dans un cas isolé, il puisse y
avoir réussite, car chaque espèce possède ses
préférences. Ainsi n'avons nous pas non plus trouvé
de communication couronnée de succès concernant ces
nudibranches.
Lors du 1er Symposium International de Strasbourg (1999) Julian
Sprung a évoqué le poisson de Nagasaki, Microcanthus
strigatus, comme prédateur de l'anémone de feu.
Le problème toutefois est que ce poisson aime consommer nombre
d'autres invertébrés et qu'il les préfère
à l'anémone de feu. Un autre obstacle est constitué
par le faible nombre d'importations de ce poisson. Nous n'avons
réussi à nous procurer qu'un seul exemplaire.
Luty (1997) cite dans un rapport que le poisson-lime vert convient
comme prédateur naturel des Aiptasia, selon toutefois
ses observations personnelles. Des essais, d'utiliser ce poisson
et aussi d'autres poissons-limes contre les redoutées anémones
de feu, n'ont pas donné le résultat escompté
(selon divers commerçants). Dans ce cas également
l'importation de ces poissons est plutôt rare.
Nous avons également considéré Chelmon rostratus
comme prédateur potentiel de l'anémone de feu – sans
succès.
Même Pomacanthus narvachus a déjà été
cité à ce sujet. A notre connaissance cela n'a pas
non plus conduit au succès.
Ébauche
d'un traitement artificiel
Les supposés prédateurs naturels n'ayant pas donné
les résultats escomptés, les méthodes manuelles
usuelles ont été mises en oeuvre dans l'aquarium de
Herbert Finck.
Les anémones ont été saisies à l'aide
d'une pince chirurgicale, arrachées et retirées. Hélas
les anémones n'ont pas pu être éliminées
totalement et une prochaine génération est issue des
restes.
Par la mise en place de petites pierres il a été possible
de retirer les individus qui rejoignaient la pierre. Un succès
moyen.
De l'acide chlorhydrique dilué a certes tué les anémones
avec sûreté mais un problème permanent était
constitué par la chute du pH, si bien que la quantité
d' Anemonia manjano n'a pu être réduite que
de manière insignifiante.
La couverture avec une solution pasteurisée d'hydroxyde de
calcium n'a également donné qu'un résultat
modeste, car la pâte ne tenait pas assez longtemps en place
et se dissolvait de nouveau.
De l'eau bouillante, injectée dans le corps des anémones
de feu a encore donné le meilleur résultat. La population
des anémones a été réduite même
si une élimination complète n'a pas pu être
atteinte.
Le complexe Chaetodon xanthurus
Une question restée sans réponse dans l'aquarium de
Joachim Frische était de savoir pourquoi dans son aquarium
Anemonia manjano n'avait visiblement pas de chance de survie.
En premier lieu, nous avons examiné les différences
dans la composition de la population des invertébrés
et des paramètres de l'eau et supposé, que la solution
de l'énigme s'y trouvait. Comme point de départ, de
ce qu'il fallait modifier dans l'aquarium de Herbert Finck il n'y
avait cependant rien de particulier.
A l'époque où les boutures d'Acropora et de
Pocillopora et avec elles également les Anemonia
manjano ont pris place dans l'aquarium de Joachim Frische, se
déroulaient à ce moment là des études
sur le comportement alimentaire de Chaetodon semilarvatus
et C. xanthurus (Frische 1999,2002). Tandis que C. semilarvatus
pouvait être identifié sans aucun doute, C. xanthurus
fait partie d'un groupe de poissons-papillons comprenant quatre
espèces, lesquelles ont une coloration similaire.
Chaetodon paucifasciatus Ahl, 1923
Le poisson-papillon orange de Mer Rouge, désigné sous
le nom de "Eritrean butterflyfish" dans la banque de donnée
FishBase, atteint une longueur totale maximale de 14 cm. Son aire
de distribution est restreinte à la Mer Rouge et au golfe
d'Aden. Il fréquente les coraux et les débris coralliens
par des
profondeurs de 4 à 30 mètres. La structure sociale
est basée sur le couple, parfois on rencontre de petits groupes.
Les sexes ne peuvent être différenciés par la
coloration. Comme le signalent unanimement tous les auteurs, Chaetodon
paucifasciatus constitue le représentant de ce groupe,
qui est connu comme consommateur de coraux. II consomme également
en dehors des coraux des algues, des polychètes et de petits
crustacés. En 1923 Ahl a procédé à sa
première description comme Chaetodon chrysurus paucifasciatus
et réduit au cours de la même année son nom
d'espèce à celui encore valable de nos jours. Les
détails marquants du patron corporel sont constitués
par les six à dix bandes noires transversales parallèles
entre elles et qui se rejoignent. La région rouge vin de
la zone arrière du corps différencie nettement C.
paucifasciatus des autres espèces.
Chaetodon mertensii Cuvier, 1831
Le poisson-papillon de Mertens, désigné sous le nom
de "Atoll butterflyfish" dans FishBase, se trouve près
des îles Ryukyu, vers le sud des Philippines jusqu'à
l'île de Lord Howe et des îles Rapa, à l'est
son aire de répartition s'étend jusqu'aux îles
Tuamotu et la Micronésie. Décrit en 1831 par Cuvier
comme Chaetodon mertensi, la dénomination avec un
seul "i" à la fin du nom d'espèce s'est
avérée comme erronée. En 1904 Regan a donné
à l'espèce le nom de Chaetodon dixoni se basant
sur la coloration juvénile. La longueur totale atteint 12.5
cm. Dans le récif naturel C. mertensii fréquente
de préférence les lagons profonds et dans la mer les
tombants récifaux. La profondeur varie entre 10 et 120 mètres.
Le poisson-papillon de Mertens vit en solitaire ou en couple. L'alimentation
se compose en priorité de petits invertébrés
vivants sur le sol et d'algues (Allen et al., 1998 ; Fishbase, 2003).
C. mertensii possède également sept à
dix bandes noires transversales qui se rejoignent, la zone corporelle
arrière est orangée. Un signe sexuel corporel extérieur
n'est pas visible.
Chaetodon
xanthurus Bleeker, 1857
Nous connaissons cette espèce comme étant le poisson-ange
orange à treillis, dans FishBase il est répertorié
sous le nom de "Peariscale butterflyfish". Comme le nom
vernaculaire le laisse envisager, le poisson ne possède pas
de lignes noires mais un treillis noir comme patron corporel. Son
aire de répartition se situe en Indonésie, des Philippines
et vers le nord jusqu'aux îles Ryukyu. Les sexes de cette
espèce pouvant atteindre 14 cm de longueur ne peuvent se
différencier par la coloration. Il se rencontre entre 6 et
50 mètres de profondeur. Le plongeur le rencontre souvent
parmi les scléractiniaires, de préférence par
des profondeurs de 15 mètres. Chaetodon mertensii
couvre ses besoins alimentaires avec de petits invertébrés,
qui colonisent le sol.
Chaetodon madagaskariensis Ahl, 1923
Le poisson-ange indien à chevrons, cité dans FishBase
sous le nom de "Seychelles butterflyfish", n'est pas reconnu
comme espèce propre par certains ichthyologues, mais comme
variante chromatique de Chaetodon mertensii. Parmi les sceptiques
on compte par exemple Allen et al. (1998). Patzner et Moosleitner
(1998), Eschmeyer (1998) et FishBase (2003) sont d'un autre avis,
désignant C. madagaskariensis comme espèce
propre. Comme fondement les derniers auteurs cités se basent
sur les caractéristiques taxonomiques comparées avec
C. mertensii concernant une variation du nombre de rayons
et d'épines des nageoires. En ce qui concerne la coloration
cette espèce atteignant 13 cm de longueur C. madagaskariensis
ne peut être différencié sans doute de C.
mertensii. Il se trouve en Afrique orientale, y compris Port
Elizabeth, dans la région de l'Afrique du sud jusqu'aux îles
Coco et l'île Weihnacht, au nord il se répand jusqu'au
Sri Lanka. L'alimentation est similaire à celle de C.
mertensii et C. xanthurus.
Le statut d'espèce litigieux de ce poisson-papillon conduit
à une série de synonymes. Ainsi l'espèce a
été décrite en 1825 par Quoy et Gaimard comme
C. miliaris, par Desjardins 1834 comme C. chrysurus
- un nom d'espèce qui se retrouve jusque dans les années
70 (De Graaf 1977). Ahl a écrit le nom d'espèce de
manière erronée en 1923.
Nous avons présenté et décrit ce poisson-papillon
pour éviter des confusions, étant donné que
nos observations concernant la conservation associée à
des invertébrés ont été exclusivement
effectuées avec Chaetodon xanthurus.
Après plus de quatre années, que le couple de Chaetodon
xanthurus passe dans l' aquarium de Joachim Frische, il est
possible de tirer les conclusions suivantes : occasionnellement
il mordille les extrémités des tentacules des espèces
de Sarcophyton, un comportement toutefois limité dans
le temps et qui pourrait signifier une carence d'un minéral
ou d'un acide aminé. Les scléractiniaires à
petits polypes ne sont absolument pas importunés, lorsque
des Pomacentridés comme Dascyllus melanurus ou Plectroglyphidodon
lacrymatus ou Gobiodon citrinus possèdent les
coraux comme leur territoire et les défendent contre les
poissons-papillons. Si ces poissons sont absents, ce sont surtout
les représentants du genre Montipora, qui sont importunés
de temps à autre. Les zoanthidés quelle que soit l'espèce
sont consommés sans exception. Il ne faut pas exclure que
des scléractiniaires à gros polypes puissent en subir
les conséquences. Récemment, un Trachyphyllia
nouvellement installé n'a plus déployé entièrement
son épais tissu suite à des sollicitations continues.
Bilan
Chaetodon xanthurus est un poisson-papillon qui ne peut être
comparé en ce qui concerne le comportement alimentaire avec
C. semilarvatus ou C. paucifasciatus lesquels consomment
des scléractiniaires, mais il ne dédaigne pas les
anthozoaires. La puissance des agressions dépend en fin de
compte de la quantité et de la diversité de la nourriture
distribuée, qui est cependant acceptée avec empressement.
Chaetodon xanthurus versus Anemonia manjano
Après avoir pu démontrer, suite à une maintenance
supérieure à une année, que C. xanthurus
en comparaison avec d'autres représentants de la famille
des Chaetodontidés ne créaient comparativement que
peu de dommages, deux exemplaires d'une taille de 3 cm ont été
introduits dans l'aquarium de Herbert Finck. La raison principale
est constituée par les aspects esthétiques que sans
aucun doute il procure. Par la suite il faut vérifier si
ce poisson-papillon a le même comportement dans cet aquarium
essentiellement peuplé de Sinularia et peu de scléractiniaires
que dans l'aquarium de Joachim Frische. En même temps ont
été menés les essais sans succès de
l'élimination de Anemonia manjano par Lysmata wurdemanni.
Tandis que les quelques Aiptasia spp. ont été
vaincues en l'espace de trois mois par quatre de ces crevettes,
les anémones de feu se sont développées à
merveille. Ensuite cependant se produisit quelque chose d'extraordinaire
: Anemonia manjano semblait stagner dans son expansion. Etant
donné que ni dans l'addition d'oligo-éléments,
ni lors des changements d'eau, ni dans le domaine technique ou dans
la distribution de nourriture des modifications n'ont été
entreprises, la stagnation de l'expansion n'était en réalité
pas explicable. Un point cependant était toutefois nouveau
: l'introduction des deux Chaetodon xanthurus !
En récapitulant, les notes de Joachim Frische concernant
son aquarium ont montré que deux Chaetodon xanthurus
et deux C. semilarvatus vivaient déjà dans
l'aquarium, tandis que les boutures des genres Acropora et
Pocillopora citées dans le texte ont été
introduites dans l'aquarium.
Les poissons-papillons devaient ils être à l'origine
de l'expansion stagnante des Anemonia manjano ?
D'autres semaines se sont écoulées et les Anemonia
manjano ont lentement diminué en nombre dans l'aquarium
de Herbert Finck, toutefois les zoanthidés diminuaient également.
Etant donné qu'aucune modification n'a été
effectuée en ce qui concerne l'aquarium, il ne pouvait s'agir
que des Chaetodon xanthurus. Actuellement il est possible
d'affirmer qu'après six mois les deux C. xanthurus
de l'aquarium de Herbert Finck ont dévoré l'intégralité
des Anernonia manjano.
Depuis cette information a été transmise par un commerçant
à d'autres aquariophiles, qui avaient également un
problème massif avec l'expansion des anémones de feu
dans leurs aquariums. Le résultat fut identique au notre.
Notre résumé
Selon les connaissances actuelles nous constatons, qu'avec Chaetodon
xanthurus nous sommes en présence d'un poisson-papillon,
qui peut être mis en œuvre comme prédateur des Anemonia
manjano. Cette affirmation doit cependant, sur la base des quelques
exemples, ne pas être considérée comme définitive.
Nous demandons à ce sujet la communication d'autres aquariophiles.
Ce que nous ne désirons pas, est la rétrogradation
de Chaetodon xanthurus comme "tueur de fléau",
dont la destinée devient alors incertaine. Ce souci est basé
sur le comportement d'aquariophiles avec Hymenocera picta
comme prédateur de Asterina spp. ainsi qu'avec Lysmata
wurdemanni comme exterminateur des Aiptasia spp. Il a
été possible d'entendre et de lire que ces crevettes
après élimination des plaies sont mortes de faim (H.
picta) ou ont été "recyclées"
(L. wurdemanni), étant donné qu'il y avait
le souci qu'elles pourraient s'en prendre aux Corallimorphaires
ou aux Zoanthidés.
Nous en appelons au bon sens des lecteurs, de ne se procurer Chaetodon
xanthurus que s' ils sont certains que leur maintenance sera
assurée au mieux, même quand les Anemonia manjano
seront éliminées. Il faut au départ être
conscient que C. xanthurus est un poisson-papillon qui ne
place pas les coraux au premier plan de son alimentation, mais qui
de temps à autre aime néanmoins les consommer.
LITTÉRATURE
ALLEN, G.R., R. STEENE & M. ALLEN (1998): A Guide
to Angelfishes & Butterflyfishes. Odyssey Publishing.
DE GRAFF, F. (1977) : Tropische Zierfische im Meerwasseraquarium.
Verlag Neumann-Neudamm, Melsungen. ESCHMEYER, W.N. (1998): Catalog
of Fishes, Volume 1-3. California Academy of Sciences.
FOSSA, A.S. & A.J. NILSEN (1995): Korallenriff-Aquarium Band
4. Birgit Schmettkamp Verlag. Bomheim.
FRISCHE, J. (2002): Vergesselschaftung von Falter- und Kaiserfischen
mit Wirbellosen. Symposium Band 5. Internationales Meerwasser Symposium.
Optimierung des Pflegebedingungen; 89108.
FRISCHE, J. (2002): Borstenzahner und Blumentiere – geht das ? Teil
1: Falter- und Pinzettfische. das Aquarium 36 (2): 54-60. HEBBINGHAUS,
R. (2002): Frisst Oxymonacanthus Acropora Polypen? DATZ 55 (3):
46-49.
FISHBASE (2003): http://www.fishbase.org
LUTY, A. (1997): Feilenfische – Juwelen oder haBliche Entlein. Der
Meerwasseraquarianer 1 (3): 4-6.
PATZNER, R.A. & H. MOOSLEITNER (1999): Mergus Meerwasser-Atlas,
Band 6 : Non Perciformes. Mergus Verlag, Melle.
SRUNG, J. & J.C. DELBEEK (1998): Das Riffaquarium. Dahne Verlag,
Ettlingen.
NOTE DE L'ADAPTATEUR:
Anemonia cf. majano ou Anemonia manjano
Suite à un échange de courrier avec Julian Sprung
celui-ci m'a confirmé que le nom de référence
actuel est : Anemonia manjano (Anemone Database Université
du Kansas).
Il en est de même dans :Sea anemones of the world par Daphne
Fautin
http://biocomplexity.nhm.ukans.edu/anemones/images/Articles.cfm?ReferencelD=154&Type=Article&ID=376
La dénomination précédente souvent rencontrée
dans la littérature de Anemonia majano est donc erronée.
Puisse la nouvelle appellation rentrer dans les moeurs.
• Photos : Marcel Staebler et Joachim Frische
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