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Association de poissons-papillons
et de poissons-anges avec des invertébrés
par Joachim FRISCHE
Introduction
Avec le terme poisson corallien tout un chacun s'intéressant aux
organismes récifaux pense aussi aux espèces de la famille des Chaetodontidae
et des Pomacanthidae. Par leur diversité de couleurs, ils appartiennent
à mon avis à ce qu'il y a de plus beau de ce que la nature a pu
produire au cours de l' évolution. Cette impression est appuyée
par les diverses formes corporelles qui se sont développées dans
les deux familles 1,2,3. Pas étonnant, qu'un nombre considérable
d'aquariophiles marins soit intéressé par la maintenance de ces
poissons dans leur aquarium 4,5,7,9,13,18,19,21,25. L'aquariophilie
récifale actuelle n'est pas toujours en conformité avec la maintenance
de ces poissons 5,22. La divergence entre la maintenance
d'anthozoaires et d'un poisson-papillon ou d'un poisson-ange résulte
surtout du fait que nombre d'entre eux comptent des invertébrés
dans leur base alimentaire naturelle 1,4,5,10,14,21.
De nombreux poissons-papillons se nourrissent de polypes
Pour maintenir avec succès un poisson-papillon dans un aquarium,
il est important de connaître ses exigences vitales dans la nature.
En plus de l' environnement social il est essentiel de connaître
pour sa maintenance quel est le biotope de prédilection du poisson-papillon.
Un groupe important des poissons-papillons du genre Chaetodon
s'est spécialisé dans la consommation des polypes des anthozoaires
les plus divers 1,2,3,25.
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Tableau
1
Les autozoïdes
et les tissus des
Coraux durs
Coraux-cuir et coraux mous
Stolonifères
Zoanthidés
font partie de l'alimentation de base de nombreux Chaetodon.
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De
tels poissons-papillons n'ont rien à faire dans un bac récifal !
Hormis le fait qu'ils se nourrissent d'anthozoaires s'y rajoute
celui qu'il s'agit de spécialistes alimentaires qui n'acceptent
que dans des cas exceptionnels la nourriture de substitution proposée
et qui
soient susceptibles de la digérer en la transformant en énergie
1,2,4,5,18,25,31.
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Tableau
2
Un autre
groupe de poissons-papillons, y compris aussi des représentants
du genre Chaetodon, se nourrit aussi de
Zooplancton du domaine microbien
Crustacés benthiques
Coquillages
Sabellidés.
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Tableau
3
Les Chaetodontidés
qui suivent l'un des régimes suivants peuvent être intéressants
pour une cohabitation avec des anthozoaires, car
1. il s'agit dans des cas exceptionnels de spécialistes alimentaires
2. dans des conditions précises ils ne s'attaquent pas aux
anthozoaires y compris les coraux durs hermatypiques.
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Chelmon rostratus est l'exemple d'un mangeur
de Sabellidés et de crustacés benthiques 1 qui dans de
nombreux cas ne peut pas cohabiter sans attaquer les anthozoaires
de quelque espèces ils soient 18. Ce poisson-papillon
n'est pas seulement un hôte convoité dans un aquarium récifal à
cause de sa forme particulière 17, mais surtout parce
que dans 50% des cas il s'intéresse aux anémones de verre et les
mange 14 du moins les petits exemplaires pas encore adultes.
| Par
conséquent nous sommes en présence d'un poisson-papillon qui
hormis les Sabellidés n'importune pratiquement aucun autre anthozoaire
à la condition qu'il soit bien nourri. Des poissons affamés
s'attaquent à tout ce qui leur semble mangeable 15,34,35.
Une constatation qui reste valable pour tous les poissons, même
ceux qui ne sont pas des spécialistes alimentaires. Des spécialistes
alimentaires stricts préfèrent mourir de faim plutôt que d'accepter
de la nourriture de substitution 4,5,12,14,25. |
Chelmon
rostratus
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D'après mes observations, Forcipiger flavissimus offre le
même comportement alimentaire que Chelmon rostratus. Des
écrits d'autres auteurs ne supposent cela que pour Forcipiger
longirostris 14. Forcipiger flavissimus présente
l'avantage, de pouvoir être plus facilement acclimaté à la nourriture
de substitution que ses apparentés 5,7,12,18,19, 25,31.
Forcipiger longirostris par contre doit faire des difficultés
pour son alimentation au début de sa maintenance en aquarium 32.
Il faut signaler qu'en ce qui concerne Forcipiger flavissimus
il existe d'autres documents dont il découle que l'auteur a pu observer
des attaques envers les coraux 14. Quelques planctonophages
conviennent aussi très bien pour l'aquarium récifal. Ici démarre
déjà la première gradation. Ainsi il existe par exemple des poissons-cochers,
Heniochus varius ou Heniochus acuminatus, qui couvrent
dans la nature la plus grande partie de leur alimentation avec du
zooplancton 25, mais qui dans l'aquarium grignotent tous
les coraux possibles.
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Tableau
4
Invertébrés
souvent attaqués par les poissons-papillons:
Zoanthidés
Corallimorphaires
Coraux durs hermatypiques
Coraux durs à gros polypes
Coraux cuir et coraux mous
Bénitiers
Sabellidés
Gorgones.
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En résumé on peut conclure que tout ce qui peut être maintenu comme
anthozoaire sessile dans un aquarium est susceptible d'être mangé
par les poissons-cochers. Indépendamment du fait qu'il y ait des
substances toxiques dans les tissus des coraux ou que des "
substances amères " soient sensées leur couper l'appétit 28
. L'énumération explique que des différences peuvent apparaître
entre les sources naturelles d'alimentation et les conditions en
aquarium. D'après mes réflexions ceci a plusieurs origines.
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Tableau
5
Possibilités
d'oppression des invertébrés:
Alimentation mal équilibrée
Carence ou insuffisance de nourriture
Curiosité pour de nouvelles sources d'alimentation
provoquée par l'ennui et/ou par la faim
Introduction d'un nouvel anthozoaire, qui est alors
considéré comme de la nourriture
Alimentation naturelle qui n'a pas été déterminée jusqu'à
présent.
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En ce qui concerne le dernier point, il existe un tel exemple, Heniochus
varius, qui dans la littérature ancienne 5 est encore
décrit comme un mangeur de micro-organismes et explicitement présenté
comme mangeur de polypes dans la littérature plus récente 1.
| Il
existe certainement encore beaucoup d'exemples de ce type, si
bien que finalement nous n'avons pas d'autre solution, étant
donné la persistance de l'intérêt pour les poissons-papillons,
que de tester les habitudes alimentaires et aussi d'en publier
les résultats. Uniquement la publication de telles observations,
qu'elles soient positives (tel poisson ne mange pas de polypes)
ou négatives (tel poisson mange des polypes), mènent à ce que
les anthozoaires soient protégés contre la consommation ou que
le poisson-papillon se retrouve dans le compartiment du filtre.
Je désire présenter deux poissons-papillons avec lesquels j'ai
mené l'expérimentation concernant la cohabitation avec des invertébrés. |
Chaetodon
mertensii
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Chaetodon xanthurus, Poisson-papillon à filet
Comme décrit, les poissons-papillons, qui dans la nature ne se nourrissent
pas exclusivement des polypes de coraux les plus divers, font partie
de ceux qui valent la peine d'être observés en ce qui concerne leur
caractère conciliant pour la maintenance dans un aquarium récifal.
Chaetodon xanthurus fait partie de ceux-ci. Il est intégré
à un groupe de trois poissons-papillons semblables. Dans ce triumvirat
se trouvent en dehors de lui : Chaetodon paucifasciatus et
Chaetodon xanthurus. Chaetodon madagascariensis, par
contre, a été identifié comme une variante de couleur de Chaetodon
mertensii 1,2. Selon les données de Gerald Allen,
aussi bien Chaetodon mertensii que Chaetodon xanthurus
se nourrissent exclusivement de petits invertébrés et algues benthiques
tandis que l'espèce endémique vivant dans la Mer Rouge, Chaetodon
paucifasciatus se nourrit de polypes de coraux, d'algues, de
polychètes et de crustacés 1,22.
Dans la littérature plus ancienne 5,25,31 on trouve des
données identiques concernant la structure alimentaire pour les
deux premières espèces nommées du triumvirat si bien qu'il semble
sensé, une fois pour toutes, de mener une expérimentation au sujet
des possibilités de cohabitation avec des coraux. Reinhard Redel
a utilisé la possibilité de maintenir ce poisson-papillon dans un
aquarium récifal avec dans l'ensemble de bons résultats pour les
invertébrés.
J'ai moi-même testé une paire de ces poissons-papillons pendant
plus de deux ans. Au cours des 10 premiers jours de la maintenance
je n'ai observé aucune attaque. Puis j'ai pu constater des morsures
sur les tentacules de divers zoanthidés. De même il semble que les
polypes de divers coraux durs hermatypiques aient été attaqués.
Il faut cependant retenir qu'il n'y a pas de traces de morsures
dans ce cas, ce qui permet de développer l'hypothèse selon laquelle
d'éventuels microorganismes ou des algues qui vivent sur les coraux
ou qui sont expulsés voire capturés par les autozoïdes, constituent
le but de ces poissons. Il faut mettre en évidence que ces attaques
ont été fortement réduites par des contre-mesures ciblées (voir
tableau 8)
ACTIONS AYANT MENÉ À UNE DIMINUTION DES ATTAQUES:
1. Alimentation abondante
Ils ont une prédilection pour les larves de moustiques en plus
du mysis, du krill et des artémias, ce qui a permis de maîtriser
le début de dénutrition du Chaetodon xanthurus. La forte
sensation de faim qui régnait au moment de l'intervention a, par
conséquent, été réduite. Le déficit alimentaire a certainement été
causé par la capture, le transport et la stabulation étant donné
que les poissons n'y reçoivent pas ou pas assez de nourriture. Ceci
mène irrévocablement à ce que dans l'aquarium le poisson se nourrisse
surtout de ce qui lui semble connu et appétissant. Une quantité
non négligeable de polypes de coraux en fait partie. Etonnamment,
et jusqu'à peu, uniquement chez cette espèce du genre Chaetodon
observée par moi, il est certain que l'alimentation se compose d'organismes
vivant à 95 % sur le sol ou dans le soussol. Une observation que
je n'ai pas faite chez Chaetodon trifasciatus ni chez Heniochus
varius ou Chaetodon auriga et Chaetodon semilarvatus.
2. Rendre plus difficile l'accès à la nourriture de substitution
Ceci peut aussi bien être réalisé par une modification des courants
que par de petits poissons aux mœurs territoriales des familles
Pomacentridae, Blenniidae et Gobiidae. Dans mon aquarium ce sont
surtout les demoiselles des espèces Dascyllus melanuros et
Chrysiptera hemicyanea qui se chargent de ce travail. En
outre, il faut observer que les coraux durs hermatypiques sont évités
parce que des crabes coralliens se sont installés entre les espèces
branchues chassant les mangeurs de coraux. Tandis que les espèces
du genre Gobiodon ne peuvent pas être recommandées sans restriction,
ce sont essentiellement les petits crabes qui effectuent des prouesses
8. Selon mes observations les coraux durs dans lesquels
vivent des crabes sont rarement recherchés.
Hemitaurichthys zoster, Poisson-papillon pyramide
noir
Hemitaurichthys représente un genre extrêmement intéressant.
Non seulement parce que son comportement social se situe à l'opposé
de celui de la plupart des autres poissons-papillons (il s'agit
d'un poisson grégaire de pleine eau !), mais l'alimentation aussi,
uniquement composée de zooplancton, surprend 1,2,5,18,22.
Comme il s'agit d'un poisson-papillon relativement facile à maintenir
4,5,18,31, se pose tout naturellement la question de
savoir si sa présence dans un bac récifal est réalisable. Des planctonophages
ne doivent normalement pas importuner les invertébrés. Il faut remarquer
que cette expérimentation a été démarrée en même temps avec le Pr
Ellen Thaler qui de son côté a introduit deux Hemitaurichthys
zoster dans son aquarium. L'essai a commencé le 04/06/99. Tandis
que chez le Pr Thaler l'un des poissons arrachait des morceaux de
tissu d'une gorgone (com. personnelle) je n'ai pu jusqu'à présent
constater d'attaque quelle qu'elle soit de la part de mes poissons-papillons
pyramide noir. Même le compagnon d'espèce ayant l'arrière de la
tête amaigri ne se livre à ce genre d'exploit.
Cet exemple explique encore une fois combien le comportement des
poissons peut être différent dans un aquarium. Il faut souligner
que l' Hemitaurichthys zoster qui a déraillé chez Ellen Thaler
n'a montré ce comportement qu'une fois, puis plus jamais. Ceci conduit
de nouveau au problème de la famine durant les périodes de stabulation
intermédiaires. Il est fort probable que ce poisson a été contraint
de rétablir son équilibre minéral et qu'il a accompli cela à partir
du tissu d'une nourriture qu'il connaît. Les observations optimistes
du départ n'ont pu être maintenues chez mes animaux. Cinq mois après
le début de la maintenance, j'ai dû constater que de plus en plus
de gorgones et de coraux cuir divers sont devenus le but des Hemitaurichthys
zoster:
Toutefois, en cas de distribution de nourriture dans l'aquarium
les poissons-papillons abandonnaient leurs victimes durant plusieurs
heures. A mon avis ce comportement s'explique parce que l'alimentation
originelle dans la nature est constituée par des organismes planctoniques
omniprésents dans le récif. Dans l'aquarium par contre la distribution
irrégulière de nourriture crée une situation dans laquelle les planctonophages
sont obligés de se chercher une alternative alimentaire.
La
famille des Pomacanthidae
La maintenance des poissons-anges ressemble beaucoup à celle
des poissons- papillons 2,4,5,14,18,19,31, c'est
pourquoi je n'insisterai que sur quelques points différents
concernant leur cohabitation avec des anthozoaires étant donné
que l'essentiel a été traité (Tableaux 4 et 5).
A l'exception de Pomacanthus narvachus, il est peu sensé
de s'intéresser aux autres espèces des genres Pomacanthus
et Holacanthus, car ils deviennent trop grands pour beaucoup
d'aquariophiles 1,2,4,5,13,22,24,27,31. |
Pomacanthus
maculosus
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De même les espèces des genres Apolemichthys et Chaetodonplus
ne sont pas abordées car elles deviennent trop grandes et que
je ne dispose pas des connaissances et des informations nécessaires
pour pouvoir tirer des conclusions sensées concernant leur cohabitation
avec des coraux. Il faut cependant signaler qu'il est possible de
faire cohabiter aussi bien des espèces du genre Holacanthus (juvéniles)
que des espèces des genres Chaetodonplus ou Apolemichthys
avec des anthozoaires 3,20.
En ce qui concerne Pygoplites diacanthus il faut noter que
sa maintenance ne peut être couronnée de succès que s'il est introduit
dans un bac récifal. Il est cependant incontestable que des attaques
d'anthozoaires ont lieu. L'intensité des attaques varie fortement
et est, d'après mes notes, directement proportionnelle avec l'alimentation
ou la prise de nourriture, qui comme l'on sait n'est pas évidente
chez Pygoplites 1,4, 5,11,13,18, 19,31. Je ne
désire pas poursuivre ce thème étant donné que ce poisson ne constitue
pas un poisson-ange pour l'aquarium aussi longtemps que la problématique
fondamentale de son alimentation dans l'aquarium récifal n'est pas
solutionnée.
Je préfère me limiter aux espèces des genres Centropyge et
Genicanthus ainsi que l'espèce Pomacanthus narvachus
A
propos de Pomacanthus narvachus
Il fait partie des quelques espèces du genre Pomacanthus
restant «petites» (tout de même 25 cm). Il s'agit surtout de la
coloration extraordinaire de ce poisson qui convainc l'aquariophile
récifal.
Malheureusement, car selon mes connaissances, confirmées
par autres auteurs 1,5,14,27, il ne fait pas partie des
poissons coralliens faciles à maintenir, encore que dans la plupart
des cas il ne touche pas les anthzoaires. Néanmoins il s'agit d'une
espèce de poisson-ange qui apparemment n'importune pas de manière
pressante les invertébrés, comme cela est confirmé par les nombreux
exemples de cohabitation réussie des deux groupes d'animaux. Cette
hypothèse est appuyée par le fait que Gerald Allen signale que cette
espèce se nourrit de tuniciers et d'éponges 1. Le Löbbecker
Museum et l' Aqua-Zoo de Düsseldorf s'est servi de l'astuce suivante
pour faire cohabiter Pomacanthus narvachus avec des coraux
durs hermatypiques et d'autres anthozoaires. Ce faisant, tous les
coraux que ce poisson-ange n'importunait pas ont été laissés dans
l'aquarium (communication écrite de Hebbinghaus). Cet exemple montre
en plus d'une variante praticable de réalisation pour une cohabitation
réussie que Pomacanthus narvachus ne semble pas dépendre
de manière impérative des anthozoaires comme source de nourriture.
Le genre Centropyge
En raison de leur petite taille, de 18 cm au maximum (Centropyge
tibicen), de leur comportement spectaculaire et de leurs couleurs
éclatantes les poissons-anges nains font partie d'un des groupes
le plus intéressant des poissons-anges chez les aquariophiles récifaux
4,5,6,9,14,18,19,24. Mais quelle horreur lorsque le poisson-ange
nain récemment acquis s'attaque soudainement aux anthozoaires. La
consommation active de tissu corallien a pu être observée chez Centropyge
heraldi, Centropyge bicolor; Centropyge flavissimus,
Paracentropyge multifasciata, Centropyge loriculus
16, Centropyge acanthops et Centropyge flavicauda.
Des rapports d'autres auteurs existent concernant Centropyge
tibicen 14,27.
Centropyge
flavissimus
|
Mon
opinion est sans équivoque à ce sujet: tous les poissons-anges
nains du genre Centropyge sont susceptibles de tirailler
les invertébrés 18,19 ! Un avis qui n'est pas partagé
sans restriction par tous les auteurs, étant donné qu'entre
autre la notion de tiraillement est définie d'une manière différente
et que la microfaune et la macrofaune présentes sur le décor
sont intégrées. On peut déjà constater des différences parmi
les espèces listées ici 14,27. A mon avis tirailler
et picorer n'ont pas la même signification que dévorer. |
Ceci
résulte des nombreuses observations qui attestent que dans de nombreux
cas l'anthozoaire ne représente pas lui-même la victime mais plutôt
ce qu'il a capturé ou sécrété. Il peut s'agir d'organismes planctoniques
tout comme du mucus, des sécrétions ou des zooxanthelles. Si l'aquariophile
observe le tissu des coraux à la recherche d'attaques il va constater
que le tissu ou les polypes n'ont pas subi de dommages. Il en est
autrement des traces de «bouffe» où à l'extrême des points blancs
ou même des morceaux de tissus restent comme preuve.
Le tiraillement déclenche cependant des réactions de protection
chez les invertébrés. L'invertébré se rétré- cit. Ceci peut déclencher
un effet négatif sur les coraux ou les coquillages en fonction du
nombre, de l'intensité et de la durée des perturbations. L'invertébré
reste clos et dépérit à long terme.
Dans certains cas une modification de la position du corail peut
l'aider. Ceci est aussi valable pour une alimentation plus copieuse
ou une offre alternative en aliments 29. Lors de l'étude
de différents types d'aquariums et des discussions en résultant
avec les intéressés, il est ressorti que les poissons-anges nains
ne se livrent qu'à peu d'attaques lorsqu'il y a un décor dans l'aquarium
recouvert de beaucoup d' Aufwuchs. Il en est autrement si la décoration
est recouverte par les algues calcaires. Dans ce cas les Centropyge
ne disposent pas de l'alimentation qui s'offre à eux dans la nature:
les microorganismes qui vivent entre l' Aufwuchs 1,9,24,29.
Dans l' environnement naturel de nombreux poissons-anges nains se
nourrissent de ces microorganismes (communication écrite de J. Randall).
Le genre Genicanthus
Je recommandais encore sans restriction il y a peu le genre Genicanthus
18,19,20. Ceci surtout parce qu'il s'agit de poissons-anges
qui capturent du plancton recherchant leur nourriture dans les profondeurs
de la pleine eau 1,2,22,31. Mon attention a été attirée
par un article dans une revue spécialisée 27, dans lequel
il est question d'un Genicanthus lamarck qui se délecte de
gorgones. Cette observation a été appuyée par un autre cas du même
genre (communication personnelle de A. Forstner, Münich).
Cependant un déraillement de ce type n'est pas à observer dans la
plupart des cas, si bien que je désire attribuer ce comportement
à l'une des cause énumérée ci-dessous:
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Tableau
6
Motifs
pouvant donner lieu à des attaques sur des invertébrés:
1. Alimentation insuffisante ou non conforme (Par alimentation
non conforme, il s'agit par exemple de la distribution à
titre principal de nourriture sèche de tous types)
2. Les gorgones capturent ou sécrètent des substances particulièrement
appétissantes pour le Genicanthus lamarck
3. Les gorgones n'étaient pas au mieux de leur forme.
4. Même si non satisfaisante la possibilité de l'individualiste
n'est pas à exclure.
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Comme
conclusion pour ce genre, je peux constater qu'en général il n'y
a pas de problème pour faire cohabiter ces poissons dans un environnement
social conciliant. Il en est autrement chez les poissons-papillons
planctonophages.
Discussion
Oui ou non? La cohabitation de poissons-papillons et de poissons-anges
est-elle possible avec des invertébrés ?
Ce rapport n'a pas pu donner de réponse nette car le phénomène de
l'individualité, qui ne peut pas être schématisé, est suspendu au
dessus des anthozoaires comme une épée de Damoclès.
Malgré cela, je suis d'avis qu'il est possible de faire cohabiter
des espèces des genres Genicanthus et Pomacanthus
avec des coraux et des coquillages à condition que l'aquariophile
s'occupe des deux groupes d'animaux de la même manière. Ceci signifie
entre autre la réalisation d'une analyse afin de définir pourquoi
le poisson-papillon ou le poisson-ange importune voire mange même
l' anthozoaire. Celui qui par exemple oblige un Chelmon rostratus
à manger des anémones de verre en le privant de nourriture ne
doit pas, après coup, s'étonner si ce poisson (qui a été contraint
de manger des Aiptasia par privation de nourriture) s'attaque
après sa réintroduction dans l'aquarium d'exposition aux coquillages
et aux autres invertébrés 26. Le poisson se nourrit -
contre sa nature - d'invertébrés (Aiptasia) qu'autrement
il ne mangerait pas ou de manière très limitée. La raison pour laquelle
d'autres anthozoaires (ce qui est en général habituel chez cette
espèce) sont importunés est facile à expliquer: un poisson émacié,
qui se nourrit dans la nature d'invertébrés benthiques vivant dans
de petites fissures, mange de tout lorsqu'il est affamé, ce qui
peut lui assurer une chance de survie.
Le phénomène qui m'intéresse est de savoir pourquoi les poissons-papillons
et les poissons-anges s'attaquent aux anthozoaires, dont il est
connu, que des substances très toxiques sont emmagasinées dans leurs
tissus. En réalité de telles substances sont destinées à éviter
d'être mangé. Il semble que certains poissons-anges et poissons-papillons
sont capables de neutraliser les substances toxiques ou à les métaboliser
en de moins toxiques. D'autre part, on ne peut exclure la possibilité
que le poison des anthozoaires soit minimisé voire ait complètement
disparu dans l'aquarium.
J'ai dressé un tableau des coraux aux substances extrêmement toxiques,
selon Mebs 28 :
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Tableau
7
- Poisons
des anthozoaires destinés à éviter d'être mangés:
- Denticulatoide : coraux mous, effet dissuasif pour les
poissons.
- Capnellan : coraux mous, effet dissuasif sur les poissons.
- Lophotoxine : Gorgones, toxique pour les poissons (comparable
au curare).
- Prostaglandine A2 : présente en très grandes quantités
chez les gorgones, déclenche une sensation d'étouffement.
- Palytoxine : zoanthidés ; l'une des toxines la plus toxique.
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Que faire si ces poissons mangent des anthozoaires dès leur introduction
ou au cours de leur vie en aquarium ?
Ci-dessous quelques contre-mesures pouvant conduire à une diminution
voire un arrêt complet:
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Tableau
8
Contre-mesures
pouvant être mises en œuvre pour réduire les attaques contre
des invertébrés:
Déplacement de l'invertébré à un endroit où il est
exposé à un courant plus puissant.
Etablir des Pomacentridés, des Gobiidés ou des Blenniidés
aux moeurs querelleuses ou territoriales ; les blennies
du genre Gobiodon importunent toutefois les coraux durs
14.
L'introduction de nouveaux anthozoaires peut éveiller
l'intérêt des poissons ou modifier une portion de territoire
de façon à ce que cette espèce de poisson soit contrainte
à composer; action en résultant: déplacement.
Alimentation copieuse et variée: être ouvert à de
nouvelles nourritures (ne pas penser tout le temps à la
qualité de l'eau comme discipline d'action) 15,29,34,35.
Cohabitation conformément aux exigences de l'espèce
ou du mieux possible au sein de l' espèce harem ne signifie
pas maintenance solitaire!
Par la meilleure cohabitation on prévient la monotonie,
ce qui peut également mener au fait que les invertébrés
ne soient plus tracassés.
Effectuer un choix d'anthozoaires qui ne soient pas
mangés par les poissons.
|
On
est par contre impuissant lorsque la vitalité des invertébrés est
diminuée. Les animaux malades et affaiblis n'ont rien perdu dans
l' écosystème d'un récif corallien, ils sont mangés. Il n'en va
pas autrement dans l'aquarium.
En respectant les points évoqués dans le tableau 8, les genres Genicanthus,
les genres Centropyge , Chelmon, Forcipiger
et même quelques autres espèces comme par exemple Chaetodon xanthurus,
Pomacanthus asfur et Pomacanthus narvachus entre autres
ne se singularisent pas plus dans leur comportement « tirailleur
et bouffeur» que beaucoup d'autres poissons coralliens.
Celui qui par contre ne sent pas prêt à chercher des solutions de
compromis lorsque surgissent des problèmes lors de la maintenance
communautaire de poissons et d'invertébrés doit avoir l'esprit de
suite (si l'essentiel est consacré à la maintenance des invertébrés)
et renoncer au maintien de ces poissons magnifiques.
Un conseil que je donne de toute façon à tout aquariophile intéressé.
De nombreux aquariophiles ne se laissent pas dissuader de maintenir
ces poissons. A leur intention cet article expose une possibilité
de maintenance communautaire entre poissons-anges et poissons-papillons
avec des invertébrés. Si cela est toujours couronné de succès dépend
de la volonté de compromis de l'aquariophile, qui le cas échéant
lui demande quelque exigence.
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Der Meerwasseraquarianer 2(1) 6
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Das ist hier die Frage; Der Meerwasseraquarianer 1(2) 10 - 16
18) Frische, J. 1998. Ihr Robby: Falter- und Kaiserfische. Ruhmannsfelden
79 S.
19) Frische, J. 1997. Praxis Meerwasseraquarium. Rannover 118 S.
20) Frische, J. 1993. Two Small Angelfishes for the Reef Aquarium.
T.F.R. 42(12) 62 - 68
21) Frische, J. 1995. Falterfische - Ist eine Pflege im Riffaquarium
sinnvoll? DATZ 48(10) 648 - 650
22) Gôthel, R. 1994. Farbatlas Meeresfauna Fische Rotes Meer Indischer
Ozean ( Malediven ). Stuttgart 336 S.
23) Gremblewski-Strate, O. 1990. Falterfische Nahrungsspezialisten
irn Korallenriff. Aquarium heute 8(1) 21 - 23
24) Runziker, R. 1992. The LittlestAngels. T.F.R. 41(9) 80 - 92
25) Runziker, R. 1992. The TenBest Butterflies; T.F.R. 41(6) 52
- 70
26) Knop, D. 1999. DATZ-Praxis: Glasrosen? (K)ein Problem! DATZ
52(7), 6-7
27) Latka, R. 1998. Kaiser - Endstation Filterkammer? Der Meerwasseraquarianer
2(1) 4 - 5
28) Mebs, D. 1989. Gifte irn Riff. Stuttgart 120 S. -
29) Moench, D. R. 1987. Angel Food. T.F.R. 35(6) 31 - 41
30) Moyer, J. T. 1989. On The Blinding Nature of Experience Row
many species of pygmy marine angelfishes are there? T.F.R. 38(3)
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31) Steene, R. C. 1977. Falter- und Kaiserfische. Melle 144 S
32) Stratton, R. F. 1992. Forcipigerlongirostris, The Aquatic Cyrano
de Bergerac. T.F.R. 41(8) 50-52
33) Stratton, R. F. 1997. The trouble with angels. T.F.R. 45(9)
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34) Thaler, E.1997. Fisch-Polernik. DATZ 52(5),64-65
35) Thaler, E. 1997. Nochmals: Fischpolemik Zwei (notwendige?) .
Nachs!tze. DATZ 50(12) 784 - 787
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