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Sable
et réduction naturelle des nitrates
Par
Sam GAMBLE - Adaptation française par Fabrice POIRAUD-LAMBERT
MARS © Copyright
1997, All Rights Reserved
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Ma
passion à commencé il y a de nombreuses années lorsque je me suis
mis à la plongée sous-marine et que j'ai vu la beauté des fonds
au large du sud des Etats-Unis (Floride) et dans les Bahamas.
Je vis maintenant en Floride avec les récifs à portée de bateau.
Ce sera probablement un challenge éternel pour reproduire avec
succès ce qui nous a déjà été présenté par la nature.
Ceci
inclut pour nous les récifs coralliens uniques en leur genre.
Notre volonté de nous rapprocher de l'environnement naturel transforme
la réduction naturelle des nitrates en un champ d'expérimentation
contenant des questions très complexes.
Obliger la Nature à divulguer ses secrets n'est pas simple, et
nous avons été négligeants en raison de nos succès avec des méthodes
artificielles. Grâce à quelques pionniers, de nouveaux travaux
ont été réalisés, et une nouvelle tendance apparaît. En comprenant
mieux et en étant plus proche de la nature, nous avons bon espoir
de maintenir dans le futur des aquariums qui expliqueront la nature
à nos enfants.
Si
l'on compare par rapport à il y 5 ans, la reproduction d'un récif
corallien en aquarium a fait des progrès très nets. Au début,
les concepts favorisaient l'assistance technique de moyens comme
la filtration externe, l'injection d'ozone, l'injection de CO2,
l'écumage, etc... Après la publication des travaux du Professeur
JAUBERT, une nouvelle direction apparue. Le mot 'nouvelle' nécessite
quelques explications, car cela repose actuellement beaucoup sur
les systèmes naturels ou sur l'écologie. Cependant, beaucoup de
détails manquaient.
Au
Etats-Unis, l'idée a été testée en premier par Bob Goemans, un
auteur bien connu, aquariophile depuis 20 ans. Ses expériences
attirèrent mon intérêt et nous commençames à correspondre. Nous
décidames de mener nos recherches sur les systèmes à lit de sable
plus particulièrement au niveau de l'espace créé sous le sable
: le Plenum. Ma première découverte était un paradoxe. Le concept
du système est simple, mais entraîne des relations complexes.
Plus vous regardez et plus cela devient inextricable et beau.
Une partie de cette inextricable et complexe relation peut être
comprise grâce à l'article 'Energie Vitale'.
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- Le
concept peut être utilisé sans sortir de Polytechnique pour l'expliquer,
si nous admettons et acceptons la réalité des besoins naturels
et les caractéristiques des lois physiques et biologiques qui
le gouvernent. C'est probablement pourquoi l'expression 'chemin
biogéochimique' a été inventé. Il recouvre plusieurs notions d'un
coup : bio = biologie, géo = géologie, chimique = chimie. La vie
est un équilibre de chaque événement, qu'il soit microscopique
ou macroscopique. Nous considérons l'équilibre comme une contribution
à notre manière de vivre, et il dépend de tous les événements
relatifs aux choses ou au êtres vivants que nous voulons préserver.
Si vous essayez de maintenir un aquarium, vous devez considérer
la principale culture que vous voulez préserver et comprendre
que d'innombrables événements microscopiques doivent avoir lieu
pour maintenir les macro-cultures. La meilleure manière de comprendre
le système est de comprendre la simple cellule et de quoi elle
a besoin pour maintenir son équilibre. Ceci inclut le chemin biogéochimique.
Avec
les systèmes qui ont précédé le système à lit de sable, le plus
gros problème à résoudre était l'accumulation dangereuse des nitrates.
Le besoin de réduire la concentration de nitrates développa une
méthode naturelle d'élimination. La réduction naturelle des nitrates
était connue pour avoir lieu dans des systèmes naturels tel le
sable des environnements marins naturels. La manière dont cela
se passe et comment cela pouvait être utilisé dans les aquariums
marins avait aussi été compris. Merci au Professeur Jaubert.
Pour
aider à la compréhension des points clés de la réduction naturelle
des nitrates et le rôle des filtres de sable, nous devons nous
intéresser sur les systèmes ouverts dans la nature, pour développer
nos applications marines limitées. Le but est d'obtenir un environnement
nutritionnel pauvre, comme le sont tous les écosystèmes des récifs
coralliens. Dans le cas de notre aquarium récifal, nous commençons
par construire un environnement en essayant de répondre au but
de l'écosystème. Pour ce faire avec succès, les éléments cruciaux
doivent être fournis avec les ratios nécessaires à l'équilibre,
à la survie et à la croissance.
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- Les
forces majeures sont l'énergie chimique et radiante (lumière).
Ces éléments interagissent de manière complexe, et sont reliés
biotiquement et/ou non-biotiquement (par des éléments vivants
et/ou non). Avec le sujet de la réduction naturelle de nitrates
et de la filtration sur sable, le processus de dénitrification
est de la plus grande importance. Les bactéries (microbes) servent
de médiateur au processus. La déposition de détritus organiques
sur la couche de surface des sédiments marins maintient un métabolisme
microbien élevé et limite la pénétration d'oxygène (O2)
dans le substrat. Un environnement idéal pour la réduction microbienne
des nitrates est alors créé, où les nitrates sont amplement suffisantes
pour se substituer à l'oxygène dans le processus de dégradation
organique (Koike & Sorensen, 1988).
Dans
les sédiments (couche supérieure du substrat benthique), ceci
n'impliquerait qu'une très fine couche qui ferait office d'interface
pour l'ensemble de l'eau de l'aquarium. Dans les systèmes utilisant
des roches poreuses comme la méthode berlinoise, ceci inclurait
l'interface créée par la surface de la roche. Dans les sédiments
marins naturels, l'interface oxique/anoxique (très oxygénée/peu
oxygénée) varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.
Alors, quel est l'effet d'un lit de sable de 5 cm, isolé du fond
par un espace libre (Plenum), par rapport au principe de la réduction
des nitrates (dénitrification) : Enorme !
La
présence de l'interface de surface, la zone à la surface du sable
où les conditions oxiques sont changées organiquement en conditions
anoxiques par le métabolisme microbien, ne change pas dans le
filtre de sable vivant. En fait, elle semble étendue ou améliorée.
Ce qui se passe en dessous est ce qui rend la différence apparente
lorsque l'on mesure des variables telles que les nitrates, l'oxygène,
le pH, le SH2 et l'alcalinité.
Normalement,
dans les sédiments marins, la zone située sous la microzone oxique/anoxique
est essentiellement anaérobie. la diffusion d'éléments depuis
ou vers la zone anaérobie est plus lente et d'une capacité réduite
comparé à ce qui se passe au niveau des microzones. Une activité
accrue est le plus souvent le résultat de la présence de plantes
et d'animaux, qui accroissent les surfaces.
Dans
le système à lit de sable, les éléments traversent horizontalement
et verticalement le substrat de sédiment et le plenum. L'oxygène
peut être mesuré à des niveaux anoxiques (faibles) à différents
moments partout dans le lit de sable et le plenum. L'oxygène peut
être présent même si la couche de sable au dessus est temporairement
anaérobie.
Les
nitrates sont attirés vers le plenum et s'accumulent souvent ici
en concentrations plus élevées que dans l'eau de l'aquarium. La
production de nitrates issue de la charge organique se fait séquentiellement
à travers les couches de sable et le plenum. Une réduction graduelle
des nitrates, du niveau d'oxygène et du pH est associée avec cette
transition. Il est intéressant de constater que l'alcalinité totale
est partiellement associée à ce phénomène et on peut observer
un accroissement léger en proportion avec la décroissance du pH.
A
la vue de ces observations, il devrait être possible de conclure
que l'une des plus grosses contributions de ce système à lit de
sable est d'opposer les microbes facultatifs aux microbes obligatoires.
Les microbes anaérobes obligatoires sont trouvés principalement
dans les sédiments marins naturels, en dessous la microzone anoxique.
Ils ne métabolisent et croissent que dans des conditions anaérobies.
Cependant, les populations microbiennes facultatives peuvent à
la fois métaboliser et croître en environnements oxygènés ou peu
oxygènés. Cette capacité améliore nettement la capacité de traitement
des nitrates. L'implémentation de ces possibilités facultatives
en utilisant un lit de sable d'au moins 7,5 cm de haut sur la
surface de l'aquarium, fournit un potentiel de filtration énorme.
L'identification
qualitative et quantitative directe des populations microbiennes
nécessite un équipement spécialisé. Indirectement, les techniques
chimiques de mesure de la qualité des paramètres de l'eau aident
à illustrer ces propos. L'échantillonnage d'eau dans l'aquarium,
au milieu de la couche supérieur de sable, au milieu de la couche
de sable du fond, et au milieu du plenum, aide à fournir des informations
qui nous permettent de tirer des conclusions qui contredisent
celles fournies par de récentes recherches faites avec des sédiments
en environnement marin. Un bon exemple est la présence de bactéries
réductrices de souffre.
Les
sulfures produits par les bactéries réductrices de sulfates sont
oxydés par différents micro-organismes. Dans des conditions anoxiques,
les bactéries phototrophes anoxygèniques utilisent les sulfures
en tant que donneurs d'électrons, tandis que les bactéries incolores
du soufre oxydent les sulfates dans des conditions oxyques. Les
différents groupes de micro-organismes montrent de fortes interrelations
(van Gemerden, 1994).
Les
bactéries réductrices de sulfates (SRB), produisent des sulfures
en utilisant les excrétions, anticorps, et matières en décomposition.
Les sulfures peuvent redevenir des sulfates (oxydation) sous l'action
des bactéries du soufre incolores (CRB) et des bactéries du soufre
pourpres (PSB). Les organismes hétérotrophes aérobies sont fonctionnellement
importants, leur activité entraînant une consommation d'oxygène,
et les organismes qui créent la fermentation fournissant des substances
de croissance pour les SRB (van den Ende F.P., van Gemerden H.
1994).
En
dehors de leur effort collectif pour éliminer les sulfate, CSB
et PSB ont peu de caractéristiques en commun et sont en compétition
pour ce composé issu de la réduction du soufre. L'importance de
l'oxydation du SH2 (Sulfure d'hydrogène) par chaque groupe dépendra
beaucoup de la disponibilité de l'oxygène. Sans oxygène disponible,
les sulfures seront exclusivement oxydés par les PSB, les bactéries
pouvant néanmoins être en contact avec la lumière (NdT : selon
Sam, les bactéries étant juste en dessous les bactéries hétérotrophes
qui sont à l'interface sable/eau, et étant légèrement mobiles,
elles peuvent monter vers la lumière et être exposées sans pour
autant être dans un milieu oxygéné, leur consommation étant supérieure
à la production d'oxygène de leur environnement). Avec beaucoup
d'oxygène, virtuellement tous les sulfures seront oxydés par les
CSB, en dépit du fait que les PSB sont capables de croissances
Chimiotrophes. Ceci s'explique par le fait que les CSB ont de
plus grandes affinités pour les sulfures que les PSB. Dans la
couche microbienne, la plupart des sulfures au niveau de l'interface
oxygène/sulfures sous de basses concentrations en oxygène (van
den Ende F.P., van Gemerden H. 1994).
Les
micro-organismes des couches supérieures des sédiments influencent
à la fois le cycle de l'azote par des taux élevés d'incorporation
et de minéralisation de composés azotés, et aussi en changeant
le micro-environnement chimique. L'activité photosynthétiques
totale et la pénétration de l'oxygène augmente à la fois lorsque
l'intensité lumineuse est accrue. La consommation d'oxygène est
très élevée à la limite basse de la zone oxique, où sont réalisées
d'intenses oxydations biologiques de composés de soufre réduits
et probablement aussi d'ammonium (Niels Peter Revsbech, Janne
Nielson & Pia Kupka Hansen 1988).
Nous
savons que l'oxydation de sulfures dans les sédiments où les sulfures
se répandent jusqu'à la zone oxique, peut être limitée à une couche
de 50 à 100 micromètres d'épaisseur, dans laquelle une population
dense de bactéries oxydatrices de sulfures interviennent dans
le process (Jogensen & Revsbech, 983; Revsbech at Al., 1983).
L'interface oxique - anoxique bouge de haut en bas durant les
cycles diurnes des sédiments photosynthétiquement actifs. C'est
donc avantageux pour les micro-organismes utilisant diverses produits
chimiques trouvés à proximité de l'interface, d'être mobiles,
car ils peuvent ainsi suivre l'interface dans ses déplacements.
Beaucoup de micro-organismes oxydateurs de sulfures sont aussi
mobiles (Niels Peter Revsbech, Janne Nielson & Pia Kupka Hansen
1988).
Les
facteurs contrôlant l'abondance des bactéries dans
les sédiments marins sont complexes. Il est couramment
répandu que l'abondance des bactéries est le résultat
de processus dépendants de la densité, qui sont
en retour régulés par la surface des particules
de sédiments. Les relations suggèrent que le nombre
de bactéries est affecté par la densité de
la colonie et la quantité de surface disponible pour qu'elles
puissent s'y attacher.
Souvent
pourtant, la surface des particules peut ne pas être le facteur
premier déterminant le nombre de bactéries, et il apparaît que
les trous et les failles servent aussi de facteurs de contrôle.
D'autres paramètres sédimentologiques, comme l'arrangement des
particules en trois dimensions, la topographie de chaque grain,
et la distance entre chaque particule, forment un groupe de seconde
importance.
Les
échantillons de protéines enrichies ont nettement plus de bactéries
que ceux non traités. Les protéines absorbées pourraient être
importantes pour la croissance des bactéries, en tant que nutriments
et sources d'énergie. Les protéines, en tant que source d'azote
renouvelable se dégradent lors des recyclages, étant non renouvelables
en tant que source d'énergie (Yomomato N. & Lopez G., 1985).
Cet
article fournit beaucoup d'informations, dont une à propos de
l'énergie. Les concepts et définitions lourdes sont maintenant
introduits et prêts pour d'autres exposés. Maintenant, il nous
faut regarder ce que cela signifie pour nos aquariums. Le type
de sable pour créer le lit de sable est peut-être un point important
à voir. Le problème est plus complexe qu'il n'y paraît.
Références
citées
:
-
- *
van den Ende F.P. & van Germerden H. (1994) Relationships
between functional groups of organisms in microbial mats, In Stal
L.J. & Caumette P. (eds) Microbial Mats: Structure, Development,
and Environmental Significance, NATO ASI Series G, Ecological
Sciences, Vol. 35
-
- *
Gamble S. (1993), Hurricane Andrew and the John Pennekamp Coral
Reef State Park, FAMA, November.
-
- *
Koike, I. & Sorensen J. (1988), Nitrate Reduction and Denitrification
in Marine Sediments, In, Blackburn T. H., Sorensen J. (eds) Nitrogen
Cycling In Coastal Marine Environments, SCOPE 33, John Wiley &
Sons.
-
- *
Revsbech N.P., Nielson J. & Hansen P. K. (1988), Bentic Primary
Production and Oxygen Profiles, In, Blackburn T. H., Sorensen
J. (eds) Nitrogen Cycling In Coastal Marine Environments, SCOPE
33, John Wiley & Sons.
-
- *
Spotte S. (1992) Captive Seawater Fishes, Science and Technology.
John Wiley and Sons, New York
-
- *
Yomomato N. & Lopez G. (1985), Bacterial Abundance In Relation
To Surface Area and Organic Content of Marine Sediments, L. Exp.
Mar. Ecol., Vol. 90, pp.209-220.
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