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La
filtration biologique pour l'aquarium
Par
Dr. J. Bloch - Pays Bas
Pour mieux comprendre les techniques actuelles de maintenance de
la faune et de la flore marine, il est utile de connaître l'évolution
de certains systèmes qui les ont précédées. Elles restent d'ailleurs
parfaitement valables et sont toujours utilisées pour certains types
d'aquariums à condition de savoir dès le départ quel type d'aquariophilie
on désire pratiquer :
- bacs à poissons mixtes (poissons et végétaux)
- bacs d'invertébrés avec végétaux
- bacs récifaux réservés aux madrépores.
Cet article s'adresse particulièrement à ceux à qui la «folie récifale»
ou «récifalite aigüe» fait peur à cause des investissements financiers
qu'elle génère.
Arrière plan écologique
Introduction :
La maintenance d'un récif corallien miniature dans un salon n'est
pas seulement un passe-temps fascinant mais aussi un challenge d'une
certaine ampleur. Il serait trompeur de vouloir prétendre qu'il
n'existe pas un certain nombre de problèmes compliqués. Aujourd'hui,
pourtant, quelques-uns uns de ces problèmes sont facilement résolus
de telle sorte qu'un aquarium mini-récif ne soit plus inaccessible.
Le facteur le plus important est la maintenance à long terme d'une
eau de bonne qualité. Étant donné qu'il y a plusieurs types de filtration
disponibles, l' amateur passionné peut se heurter à des difficultés
considérables pour effectuer son propre choix. Il est dans l' intention
de cet article de fournir aux aquariophiles marins un arrière-plan
écologique et une vision du fonctionnement naturel d'un récif corallien
pour apporter ensuite les derniers perfectionnements des pionniers
danois en matière de filtration d'aquariums mini-récifs.
Le
récif corallien en tant qu'écosystème :
Avant qu'il ne soit possible de discuter le système relatif à un
aquarium mini-récif, il convient de regarder la nature et d'observer
les caractéristiques typiques d'un récif corallien en tant qu'écosystème.
Le caractère extrêmement oligotrophique de l'eau est le premier
caractère qui frappe dans un récif corallien. Littéralement, oligotrophe
signifie : « faible concentration en nourriture ».
Toutefois, le terme « nourriture » dans notre acceptation, n'est
pas vraiment le terme adéquat pour décrire la situation. En fait,
il se rapporte à la faiblesse en éléments nutritifs d'origine organique,
tels les nitrates, l'ammoniaque et les phosphates. Beaucoup d'autres
minéraux tels le potassium, le calcium, le magnésium, le silicium,
les sulfates, le fer et nombreux élément de trace, sont normalement
présents, voire abondants dans l'eau de mer. En dépit de sa nature
oligotrophique, le récif corallien est doté d'une multitude d'animaux
de variété très diverse. La productivité d'un récif corallien est
également très élevée. Par exemple, 50 000 kg de matière vivante
en tant que substance sèche sont produits par hectare et par an.
Cela représente environ dix fois plus qu'un champ de riz très productif
ou qu'un champ de maïs très fortement amendé en fertilisants. Cependant
ces animaux coralliens sont principalement constitués d'eau, ils
ont seulement besoin d'azote et de phosphate comme tout autre créature
vivante.
Cela soulève le problème suivant : D'où tirent t'ils leurs éléments
nutritifs ?
La réponse à cette question est très simple : du miraculeux plancton.
Plancton est le nom pour l'entière collection des vies dans la mer,
qui nagent ou qui flottent. Il contient des algues (phytoplancton),
tout comme des protozoaires, toutes sortes de larves et de petits
crustacés. (Zooplancton. Cette réponse ne nous dit pas comment le
plancton récolte son propre azote et ses propres phosphates. Pour
le zooplancton, il est clair qu'il mange du phytoplancton mais le
phytoplancton lui, doit tirer ses éléments nutritifs de l'eau.
Dans cet ordre d'idées, il y a deux principes de base à réaliser.
D'abord, les espèces du plancton oligotrophique sont très spécialisées
dans l'accumulation de ces minéraux à partir des concentrations
très faibles présentes dans l'eau. La concentration de phosphates
et de matériaux azotés à l'intérieur de leurs cellules est 1 000
000 de fois plus élevée que dans l'eau qui les entoure. Le second
principe est en rapport avec les énormes quantités d'eau dans les
océans. (environ 5 x 10 puissance 15 mètre cubes). L'eau des océans
est faiblement productrice de biomasse comparée à celle des récifs
coralliens. Seule la couche superficielle est productive et, grâce
aux courants marins, l'eau ne crée pas plus de 20 grammes environ
de biomasse par mètre cube et par an. Afin d'égaler la haute productivité
des récifs coralliens, un hectare de récif corallien nécessite le
contenu planctonique d'environ 2 x 1 000 000 de mètre cube d'eau
de mer. Les courants marins apportent le plancton en un flux constant
le long des récifs où il est concentré par les animaux filtreurs
existant sur le récif. Une partie du plancton tombe vers le bas
où il est collecté par le face rocheuse du récif. Dans le récif,
un nombre extraordinaire de spécialistes différents est à la chasse
de différentes proies. De petits animaux sont mangés par des prédateurs
plus grands...
Mais de petits animaux vivent aussi en parasites, en symbiose ou
en commensalité avec de plus grands. Presque chaque espèce contrôle
la croissance ou en est dépendante, d'une ou de plusieurs autres
espèces. Le résultat est un équilibre parfait entre toutes ces espèces
au sein d'un écosystème parfaitement réglé qui met en évidence toutes
sortes de tissus alimentaires inter parentés.
Les poissons constituent le dernier maillon de la chaîne alimentaire
et les plus grands prédateurs en font la vraie fin. Comme chaque
espèce dans une chaîne alimentaire utilise une part de l'énergie,
la somme des substances vivantes (biomasse) à l'origine de chaque
chaîne alimentaire est plus importante que la biomasse totale à
la fin d'une chaîne alimentaire. Il est important de réaliser que
pour produire un gramme de chair de poisson, environ 100 grammes
de phytoplancton de base et environ 10 grammes de zooplancton doivent
également être produits. De nombreux aquariophiles passionnés ont
une idée fausse de la quantité de poisons peuplant un récif corallien.
Cela est dû à la manière dont ils observent le récif...
C'est à dire par l'intermédiaire des photographies dans les livres
et les magazines de vulgarisation. Il faut savoir que le photographe
ne sélectionne que les moments où les poissons passent ou se regroupent
devant l'oeil de sa caméra. Eventuellement, il fait des gros plans
en s'approchant au plus prés des animaux qu'il veut photographier.
Le vide de la mer derrière lui, dans les profondeurs, ne sera pas
photographier puisqu'il ne montrerait rien. Il en est, bien sûr,
plus ou moins de même en ce qui concerne la densité de coraux vivants
et autres invertébrés. Pour comprendre notre aquarium, nous devons
réaliser que la densité de population dans un récif naturel, ne
dépasse jamais la disponibilité en nourriture fournie par la chaîne
alimentaire.
L'aquarium en tant qu'image vivante:
Il est parfaitement normal que l'émotion humaine aime le
surprenant, les couleurs vives. Un arrière plan de squelettes
coralliens blanchis avec une collection de poissons qui nagent autour
pourra constituer une image charmante mais n'aura que peu de similitudes
avec le vrai récif corallien.
En premier lieu, la concentration animale rapportée au volume
d'eau sera, au mieux, un million de fois plus élevée
que celle normalement trouvée dans la nature.
Deuxièmement, les poissons ont généralement
été choisis par l'aquariophile en fonction de leurs
coloris chatoyants et non de leur comportement naturel au sein de
relations mutuelles avec d'autres organismes. Un couple de poissons-
clowns avec leur anémone sera la possible exception. Néanmoins,
l'extraordinaire foison de zooplancton nécessaire pour nourrir
une telle collection de poissons est absente. En bref, cette méthode
de tentative de maintien d'organismes marins a peu de ressemblance
avec le système écologique trouvé au sein d'un
récif corallien.
Le développement de systèmes plus sophistiqués:
En Europe, ce type d'aquarium stérile et contraire à
la nature, a presque disparu. Le passe-temps s'est développé
en direction de ce qu'il ait convenu d'appeler les «mini-récifs».
Construire un mini-récif demande un temps conséquent.
Au départ, le mini-récif est composé avec des
«coraux vivants», à la place des squelettes ornementaux
de coraux morts blanchis. Ces coraux, au début, sont recouverts
par toutes sortes d'algues et de bactéries gluantes. L'eau
est soigneusement filtrée et les algues indésirables
régulièrement éloignées. Ensuite, après
une paire de mois, les algues vertes commencent à dominer
le mini-récif. D'abord, les algues filamenteuses recouvrent
le décor en couches épaisses, ce qui donne au récif
un aspect peu attractif. Après quelques mois, les algues
filamenteuses disparaissent, tandis que d'autres espèces
prennent le dessus.
Normalement, environ vingt espèces différentes de
Caulerpes sont régulièrement vues dans les bacs les
plus sophistiqués, environ trente espèces d'algues
rouges et brunes peuvent être rencontrées. A l'intérieur
de ce magnifique jardin sous-marin, des milliers de petits invertébrés
peuvent se développer. Les pierres peuvent être recouvertes
d'algues calcaires et, à l'intérieur des rochers,
de petits vers à poils durs s'installent.
A ce stade, tout pousse spontanément sur les rochers et c'est
pour cette raison qu'on les nomme «pierres vivantes».
A ce moment, on peut aussi introduire les invertébrés
dans l'aquarium. Les anémones, coraux mous, coraux durs et
les espèces d'actinodiscus, sont mélangés avec
des vers spirographes, des moules géantes et autres animaux
filtreurs. Très souvent, quelques crevettes sont associées
avec quelques poissons. Les gens qui préfèrent les
invertébrés doivent être très sélectifs
dans le choix de leurs espèces de poissons.
Bien que ce type de mini-récif soit presque naturel, et même
si les invertébrés et les plantes croissent et se
multiplient, ce n'est pas encore un écosystème.
Là, à nouveau, l'insuffisance des quantités
de zooplancton est frappante. Deux raisons à cela:
- D'abord, la reproduction de phytoplancton n'est pas suffisante,
et, évidemment, il n'y a pas de courant marin apportant du
plancton frais.
- Ensuite, la densité de poissons même avec quelques
poissons et crevettes seulement, est si élevée comparée
à celle du récif corallien, que les petits crustacés
et vers originaux, sont presque entièrement détruits
par l'action prédatrice des poissons et crevettes.
En conséquence, il faut nourrir les animaux. Pour les crevettes
et pour la plupart des espèces de poissons, cela peut être
effectué d'une manière relativement simple en donnant
différents types de planctons surgelés. Pour les poissons
à régime alimentaire spécialisé ainsi
que les animaux filtreurs, c'est possible mais pas facile.
L'absence de grand océan doté d'un courant a une autre
conséquence : Les déchets produits ne sont pas enlevés et cela crée
un problème important que nous devons résoudre. L'aquarium bénéficie
d'une adjonction régulière de nourriture mais l'élimination naturelle
n'existe pas. Pour résoudre ce problème, l'assistance de système
de filtration s'avère nécessaire. Dans une prochaine partie de cet
article, nous allons discuter ces systèmes de filtration et voir
s'ils procurent une réelle solution au problème.
Méthodes de filtration
Les conséquences de l'accumulation de déchets
Les déchets dans l'aquarium sont présents sous deux
formes différentes : dissous dans l'eau ou liés en
particules.
Normalement, les particules peuvent être retirées par
simple filtration mécanique. Quant aux matières dissoutes,
elles sont concernées par la filtration biologique. Elles
sont très facilement attaquées par nombres de micro-organismes.
Cela a déjà commencé dans l'aquarium proprement
dit et s'est accéléré dans le filtre biologique.
Les processus principaux qui s'opèrent dans un filtre biologique
sont l'oxydation et la minéralisation. Quand suffisamment
de bactéries ont été accumulées, l'ammoniaque
est complètement oxydée en nitrates et les sucres
presque complètement en gaz carbonique et en eau. Les protéines
sont minéralisées en ammoniaque, tandis que d'autres
déchets sont minéralisés en phosphates et en
autres minéraux présents dans la biomasse vivante
et dans la nourriture.
Tous ces processus utilisent l'oxygène dissous. Les minéraux
sont volontiers solubles dans l'eau et ne sont plus métabolisés
davantage par les bactéries dans le filtre. Ainsi, ils vont
s'accumuler dans le système.
Comme conséquence, le système devient sur-fertilisé
(eutrophication). Le résultat suivant se manifeste sur les
algues à croissance lente appartenant au système oligotrophique
qui disparaissent, laissant le champ libre aux espèces à
croissance rapide et peu attractives qui vont commencer à
dominer. Comme il était signalé durant la maturation
du mini-récif, nous voyons maintenant apparaître les
tristement célèbres algues et bactéries filamenteuses.
Les invertébrés et les animaux filtreurs sont gênés,
voire même intoxiqués par ces algues et le mini-récif
va perdre ses caractéristiques attractives.
Il est très important d'être conscient que ce résultat
n'est pas dû à une quelconque filtration inadéquate.
Le type de filtration biologique que nous possédons n'a aucune
importance; soit un filtre sous sable, soit un filtre externe utilisant
du perlon, du corail ou du sable. A la base, ces systèmes
fonctionnent tous de la même manière. S'ils sont conçus
convenablement, ils favorisent la minéralisation des déchets.
Les différences entre les systèmes peuvent provenir
de la disponibilité en oxygène dissous, du danger
potentiel d'encrassement, de la capacité de retenue des particules
et des bactéries et du délai s'écoulant entre
deux nettoyages. Bien qu'un filtre biologique soit nécessaire
pour retirer les produits toxiques dus aux déchets, et qu'une
capacité élevée soit nécessaire, cela
ne contribue pas à la suppression des éléments
minéraux.
Les possibilités de neutralisation des éléments
minéraux
Très simplement, chaque créature vivante contient
une certaine quantité d'azote et de phosphate protéiniques.
Rapportées à la masse sèche de la biomasse,
les quantités sont à peu près égales
pour une plante, une moule, un amas de bactéries ou un poisson.
Aussitôt que la biomasse n'est plus vivante, la désagrégation
va commencer et le processus de minéralisation va amener
les minéraux en solution. Une part des déchets est
constituée de cellulose, chitine ou lignine. Ces éléments
sont oxydés très lentement et restent dans le système
pour une période prolongée comme matière contenant
moins de substances phosphoreuses et azotées que la matière
vivante.
Bien que l'enlèvement d'éléments minéraux,
quand ces particules soient rassemblées dans le fond, dans
le perlon ou le sable des filtres mécaniques, la minéralisation
va continuer et les effets sur l'enlèvement d'éléments
minéraux sont plus qu'amoindris. A cet effet, le meilleur
filtre est le filtre mécanique extérieur qui est régulièrement
nettoyé. Du fait de l'étendue de la minéralisation
d'environ 20% par jour, seule une fréquence de 2 nettoyages
par jour éviterait aux éléments minéraux
de se dissoudre. Ainsi, la première action pour augmenter
l'enlèvement des éléments minéraux est
l'utilisation d'un système extérieur de filtration,
sans minéralisation biologique. Une seconde action est constituée
par l'écumeur. Bien que des particules d'une certaine grandeur
ne soient pas enlevées, il est très efficace dans
l'élimination de très petites particules et, même,
de protéines dissoutes. Comme l'écume collectée
par l'écumeur est totalement séparée, il s'agit
d'un excellent appareil pour retirer les éléments
minéraux. Toutefois, nous devons être conscients que
par les branchies, les poissons dégagent de l'urée
et de l'ammoniaque. Ces déchets ne sont pas retirés
par un écumeur ; il en est de même pour les nitrates.
La troisième voie pour retirer des minéraux est de
cultiver des plantes. Des caulerpes, à croissance rapide,
accumulent des quantités non négligeables d'azote
et de phosphate. On peut faire croître en dehors de l'aquarium,
dans un bac à algues spécialement conçu en
y faisant circuler l'eau de l'aquarium. Souvent, le mini-récif
lui-même nous permet de récolter une quantité
suffisante de caulerpes chaque semaine.
La quatrième possibilité est le changement d'eau ;
c'est ce que l'on pourrait qualifier de «solution classique».
Les plus grands aquariums de zoos situés au bord de la mer
utilisent cette technique pour maintenir une eau de bonne qualité.
L'amateur devra, quant à lui, utiliser du sel synthétique
et, à cause de son coût, il restreindra ses changements
à environ 20 % par mois. L'effet de cette mesure est souvent
surestimé. Faisons un simple calcul pour démontrer
cela : Nourrissons journellement avec deux grammes de zooplancton
surgelé un aquarium de 500 litres. Le déchet azoté
sous forme protéinique et la production d'urée et
d'ammoniaque par les poissons seront nitrifiés par l'action
des bactéries dans le filtre biologique et de cette masse
de deux grammes environ, il résultera une production de 0,1
gramme de nitrates. Pour les retirer par un changement d'eau nous
devons, cela sur une base journalière, enlever 100 litres
avec 1 mg de nitrates par litre (ou 10 litres avec 10 mg par litre
ou 1 litre avec 100 mg). Ainsi, la pratique courante consistant
à changer 20 % de l'eau de l'aquarium mensuellement, ne maintiendra
jamais la concentration de nitrates à un niveau inférieur
à 0,1 mg par litre, typique des systèmes oligotrophiques.
Nous arrivons maintenant à la cinquième méthode
de retrait des éléments minéraux : La filtration
anaérobie. Le mot «anaérobie» signifie
: sans oxygène. La plupart des aquariophiles sont quelque
peu déconcertés par ce sujet et chaque livre ou article
parlant d'aquariums marins insiste sur la nécessité
de concentration élevée en oxygène grâce
à une aération conséquente. Nous n'allons pas
contester cette règle mais laissez-nous, une fois de plus,
revenir à la nature et voyons ce qui s'y passe réellement.
Bien que le récif corallien semble baigné et aéré
par une eau richement oxygénée, il y a toujours de
petites crevasses ou autres endroits abrités où quelques
sédiments peuvent se déposer. Outre ces endroits,
les profondeurs de la mer forment un silencieux cimetière
de plancton et autres déchets. Le sédiment se stabilise
et continue à être altéré par les bactéries
aérobies. Durant ce temps, de nouveaux sédiments sont
déposés à sa surface et la couche sédimentaire
peut varier entre un et dix millimètres mais ne constitue
jamais qu'une fine couverture sur le fond anaérobie. Dans
cette couche anaérobie, toute la biochimie est inversée.
D'abord les nitrates sont réduits en azote, ensuite quand
ce processus est terminé, les oxydes de fer et de manganèse
sont réduits en soufre et en sulfures. Dans les couches les
plus profondes, le méthane est produit en association avec
un peu d'hydrogène. Cette phase du processus peut-être
suivie très facilement en mesurant le potentiel redox qui,
très évidemment, diminue de +300 à +500mV vers
–300 à -500mV.
Ces réactions ont lieu sur le fond de toutes les mers et
de tous les océans de part le monde et contribuent, d'une
manière significative, à la suppression des déchets.
A ce stade, nous devons en conclure que le processus anaérobie
est très courant et très abondant dans la nature.
Bien sûr, aucun corail ne croît dans ces endroits mais
l'eau de mer y perd ses produits non utilisés et le sédiment
anaérobie forme un dépôt très significatif
pour les éléments minéraux.
Pour pouvoir rapporter ces processus aux situations que l'on peut
rencontrer dans l'aquarium, nous devons nous rendre compte d'un
certain nombre de différences importantes. Tout d'abord,
dans le processus décrit plus haut, c'est le sédiment
qui devient anaérobie et non l'eau qui se trouve par-dessus.
Ensuite, la couche anaérobie n'est jamais mélangée
à l'eau ; elle est couverte par la fine, mais importante,
pellicule de sédiment aérobie. Dans l'aquarium, les
particules sont le plus souvent minéralisées par les
bactéries aérobies du filtre et les éléments
minéraux sont ensuite relâchés dans l'eau. Il
faut alors retirer ces éléments de l'eau ce qui n'est
pas du tout pareil qu'un retrait du sédiment. Néanmoins,
les processus anaérobies peuvent toujours être utilisés
pour retirer les nitrates et lier quelques autres éléments.
Les évolutions en provenance de Hollande ont fait apparaître
un système spécial de filtration fonctionnant en anaérobie.
Ce système ne vient pas remplacer une filtration biologique
aérobie mais, tout au contraire, s'y ajouter pour éliminer
les nitrates.
En résumé :
Dans la nature, le récif corallien est extrêmement
pauvre en éléments comme ammoniaque, nitrates et phosphates.
Les énormes masses d'eau produisent le plancton qui accumule
ces éléments et ce plancton arrivent aux récifs
coralliens où il est extrait de l'eau par les animaux filtreurs
et utilisé par la chaîne alimentaire complexe de l'écosystème.
Les matériaux non utilisés sont lavés du récif
vers l'océan et tombent sur le fond des mers. La haute densité
d'animaux dans l'aquarium n'est pas basée sur la chaîne
alimentaire et des relations mutuelles équilibrées
sont presque totalement inexistantes. En conséquence, les
animaux doivent être nourris au moyen d'apports extérieurs
de nourriture. Les produits non utilisés doivent être
retirés par la filtration mécanique et les éléments
en dissolution doivent être métabolisés par
la filtration biologique aérobie.
Toutefois, ces processus rendent des produits non utilisés
relativement inoffensifs, les éléments minéraux
se dissolvent de nouveau et s'accumulent dans le système.
Tôt ou tard, la particularité oligotrophique se perd
et des explosions alguaires peu attractives se produisent. Pour
éliminer les éléments minéraux, cinq
possibilités existent :
1) Filtration
mécanique sans minéralisation,
2) Ecumeur,
3) Récolte d'algues,
4) Changements d'eau,
5) Filtration anaérobie |
Aucune de ces possibilités ne permet une élimination
complète des éléments minéraux mais
une combinaison optimale peut être conçue pour rendre
son caractère oligotrophique à l'eau.
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